LA REVOLUTION ANGLAISE
ques II, qui lui succéda, jeta le masque et fit emprisonner sept évêques anglicans qui refusaient de se prêter à un rapprochement avec Rome. Les évêques furent acquittés et l’impopularité du roi alla croissant jusqu’à ce que son gendre, Guillaume d’Orange, stathouder de Hollande, lui arracha la couronne avec le concours du Parlement (1689). Dès lors, la politique anglaise eut pour devise la guerre au papisme : No popery! Cette cause devint encore plus chère à la nation par suite de l’aide que prêta Louis XI V aux tentatives de restauration de Jacques IL
42. L’Irlande s’était soulevée en 1641; les catholiques y massacrèrent des milliers de protestants, mais furent châtiés avec une cruauté égale par Cromwell {1650). Un second soulèvement eut lieu en faveur de Jacques II (1690). Après la défaite des insurgés, l’oppression de l’Irlande catholique devint atroce; pourtant, on a remarqué que l’Angleterre ne s’est jamais conduite envers ses sujets catholiques comme Louis XIV envers les protestants de France. On leur rendit la vie insupportable, mais on ne décréta pas la peine de mort contre leurs prêtres, ni celle des galères contre ceux qui voulaient quitter leur pays.
43. Sous Jacques Ier, alors que presbytériens et indépendants refusaient d’accepter la liturgie anglicane, quelques-uns de ces puritains austères, que l’on appela pères pèlerins, s’embarquèrent pour l’Amérique du nord sur un navire nommé The Mayflower (septembre 1620). Us prirent terre au Massachusetts et y fondèrent des colonies qui donnèrent asile à des protestants français persécutés. Aux États-Unis.
482 DE LUTHER A L’ENCYCLOPÉDIE
aujourd’hui encore, c’est un titre de noblesse pour un citoyen de pouvoir compter parmi ses ancêtres un des pilgrim fathers de la Mayflower.
44. L’Angleterre réformée n’a jamais manqué de réformateurs. L’un d’eux. George Fox, fondateur de la Société des Amis, fut emprisonné sous Charles IL II enseignait que l’esprit divin agit directement sur les âmes individuelles et leur communique parfois une sorte de tremblement convulsif. On abusa de ce point de la doctrine pour qualifier les A mis de quakers, c’està-dire de trembleurs, alors que leur culte est remarquablement affranchi de simagrées. Les quakers sont d’honnêtes gens, qui ne connaissent ni sacrements, ni rites, dont la vie est simple jusqu’à l’austérité, qui refusent de jurer, de jouer, de porter les armes, de danser, de boire des liqueurs fortes; c’est seulement dans leurs réunions religieuses que paraît leur exaltation, d’ailleurs inoffensive, lorsqu’au milieu d’un profond silence l’un d’eux commence à vaticiner au nom de l’Esprit. Le plus intelligent des Amis , W. Penn, fils d’un amiral, était créancier du gouvernement de Charles II, qui s’acquitta par un don de terres en Amérique. Penn, en 1681, s’y rendit avec ses fidèles; la florissante Pensylvanie a conservé son nom et Philadelphie vénère sa mémoire. Les A mis n’ont pas cessé d’exercer une certaine influence en Angleterre et aux États-Unis, où ils ont coopéré efficacement au mouvement d’opinion qui a conduit à l’abolition de l’esclavage.