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48. Malgré les violences commises sous Henri II et auxquelles commençait à s’associer la populace, travaillée et nourrie par les moines, le protestantisme-français était très puissant lorsque François II monta sur le trône; c’était un enfant maladif et sans volonté, que la faction des Guise dominait. La lutte entre les deux confessions prit alors un caractère politique; les huguenots reconnaissaient pour chef le prince Louis de Condé, les catholiques le duc de Guise. Pour soustraire le jeune roi à l’influence du duc François de Guise et de son frère le cardinal de Lorraine, quelques protestants organisèrent la conjuration d’Amboise qui échoua et fut suivie de nombreuses exécutions. Au début du règne de Charles IX, sous la régence de Catherine de Médicis, les États demandèrent la liberté des cultes (1561); il en résulta un colloque de théologiens tenu à Poissy. inutile comme tous les colloques religieux, où la Réforme fut défendue par Théodore de Bèze, élève de Calvin et plus tard son successeur à Genève.

En 1562, l’édit de janvier fit aux protestants une concession importante, la liberté d’avoir « des prêches » dans les villes. Mais, presque aussitôt, François de Guise attaqua un groupe de réformés qui célébraient leur culte près de Vassy; des femmes et des enfants furent lâchement massacrés. Il s’ensuivit une guerre flvCe qui dura, avec quelques accalmies, pendant huit

DE LUTHER A L’ENCYCLOPÉDIE

ans et qui se termina, grâce à l'influence de 1’amiraî de Coligny, par un traité favorable à la liberté des cultes, signé à Saint-Germain.

Comme Charles IX et son frère Henri ne devaient pas, croyait-on, avoir d’enfants, le trône de France menaçait de passer au protestant Henri de Bourbon, roi de Navarre, fiancé à la sœur de Charles. Il y avait là pour Rome une perspective alarmante, car, l’Angleterre perdue, elle devait tenir d’autant plus à garder la France. Pie V écrivit à Charles IX, dès le 28 mars 1569 : « Poursuivez et abattez tout ce qui vous reste d’ennemis. Si vous n’arrachez les dernières racines du mal, elles repousseront comme elles l’ont fait déjà tant de fois. » C’était prêcher la politique d’extermination, suivie jadis contre l’hérésie albigeoise; elle mena tout droit à la Saint-Barthélemy.

49. Catherine de Médicis et Charles IX préparèrent le guet-apens. On choisit le moment où tous les chefs protestants étaient à Paris, à cause du mariage du roi de Navarre. Dans la nuit du 24 août 1572, veille de la Saint-Barthélemy, la populace, avertie par le tocsin, se rua sur les huguenots et procéda à un massacre qui dura plusieurs jours. L’amiral de Coligny, « qui ne respirait que le bien de l’État », fut la première victime. Dix mille hommes furent égorgés à Paris et les mêmes horreurs se renouvelèrent dans les provinces, malgré les résistances isolées de quelques commandants de places qui voulaient bien être des soldats, mais non des bourreaux. Henri de Navarre abjura pour sauver sa vie et se plongea pendant quatre ans dans de honteux plaisirs; il molesta même, le plus

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