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LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY

qu’il put, ses anciens coreligionnaires ; puis, un beau jour, il s’enfuit et se rallia de nouveau à la Réforme.

« On avait égorgé 30 000 de leurs frères en pleine paix; il en restait environ deux millions pour faire la guerre. » (1) Après la mort de Charles IX, survenue peu après, son frère Henri III, craignant l’ambition du duc de Guise, se rapprocha d’abord des protestants et désavoua publiquement la Saint-Barthélemy. Henri de Guise, secondé par Philippe II et encouragé par le pape, créa alors la Sainte Ligue, dont le but était d’exterminer les réformés et d’empêcher la couronne de France de passer à un roi protestant. On semblait préférer la fille de Philippe II à Henri de Navarre, avec l’espoir de substituer aux Valois la maison de Lorraine. La Ligue se recrutait dans la canaille ignorante, conduite, fanatisée et payée par les moines; c’était l’armée du désordre et du crime au service de T Église. Henri III, être faible et abject, après s’être déclaré par peur le chef de la Ligue, finit, sous l’empire du même sentiment, par s’allier avec le roi de Navarre et vint avec lui assiéger Paris (1589); un dominicain, Jacques Clément, l’assassina. Henri IV était dès lors le roi légitime; mais il savait que la majorité catholique du pays ne l’acceptait pas et que ses succès répétés n’y changeaient rien. Il abjura de nouveau, fit « le saut périlleux », dans la conviction que « Paris vaut bien une messe » et obtint, surtout à prix d’argent, la soumission des ligueurs (1593) .

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