Ln mémoire de la Saint-Barthélemy, le pape
(1) Voltaire. Le chiffre de deux millions paraît trop fort.
DE LUTHER A L’ENCYCLOPEDIE
Grégoire XIII, successeur de Pie V, avait fait frappex une médaille avec la légende : Ugonotorum strages (le carnage des huguenots) et commandé à Vasari des fresques représentant le massacre, qui déshonorent encore les murs d’une salle du Vatican. Vainement a-t-on tenté de dégager la responsabilité du pape et de son légat dans ce crime inexpiable. L’Église trouvait tout naturel qu’on en finît avec les huguenots comme avec les sectaires du moyen âge, par le meurtre collectif. On a déjà vu les conseils de Pie V à Charles IX. Pendant le massacre, le 24 août, le nonce Salviati écrivait à Grégoire XIII : « Je me réjouis du fond des entrailles, avec Sa Sainteté, de ce que le roi et la reine mère ont pu exterminer ces races empoisonnées, avec tant de prudence et dans un moment si opportun où les rebelles étaient enfermés à clef dans leur cage. » Grégoire XIII célébra une cérémonie religieuse « pour la très heureuse nouvelle de la destruction de la secte huguenote ». Il envoya à la cour de France le légat Orsini qui, passant par Lyon, octroya publiquement des indulgences à tous les massacreurs. Enfin, il offrit la rose d’or, destinée à récompenser le zèle le plus ardent pour l’Église, au roi assassin de ses sujets, à Charles IX.
51. L’Édit de Nantes (1598), confirmation atténuée de traités antérieurs, donna pour quelque temps à la France la paix religieuse. Cet édit « perpétuel et irrévocable » autorisait l’exercice du culte réformé, l’enseignement de la théologie protestante et, par l’institution des « chambres mi-parties », assurait aux nuguenots une égale justice. Plusieurs villes dites