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LES LIBERTES GALLICANES

Tiommage aux vertus de ces filles, dont les cornettes ont mieux servi la religion que bien des tiares. Parmi les ordres contemplatifs, un seul devint célèbre : c’est celui de la Trappe, créé en 1671 par un libertin pénitent, Armand de Rancé.

61. Les « libertés de l’Église gallicane » ne concernent pas la conscience des fidèles, mais surtout l’autorité royale et les intérêts du fisc. Il ne s’agissait pas, en effet, de liberté religieuse, mais d’abord du <lroit, dit régale, auquel prétendaient les rois de percevoir les revenus des évêchés et des monastères vacants, de pourvoir aux bénéfices d’un diocèse pendant la vacance du siège. Ce droit avait été exercé, disait-on, par les deux premières dynasties françaises; méconnu plus tard au profit des évêques, il fut revendiqué énergiquement par Louis XIV (1673). Certains -évêques s’insurgèrent; le pape protesta. Une assemblée du clergé, convoquée en 1682, adopta, en guise de représailles contre Rome, les décisions suivantes : i° Dieu n’a donné à Pierre ni à ses successeurs aucune puissance sur les choses temporelles; 20 L’Église gallicane approuve le concile de Constance, qui déclare les conciles généraux supérieurs au pape dans le spirituel ; 30 Les règles, usages et pratiques reçus dans le royaume et dans l’Église gallicane doivent demeurer inébranlables; 40 Les décisions du pape, en matière de ioi.ne sont sûresqu’après quel’ Église lésa adoptées(i).

< 1) Voltaire.

DE LUTHER A L’ENCYCLOPÉDIE

Ces propositions, approuvées par les tribunaux et les facultés de théologie, parurent à bon droit si intolérables à Innocent XI, qu’il refusa désormais des bulles aux évêques et abbés nommés par le roi; à sa mort, en 1689, il y avait 29 diocèses en France dépourvus d’évêques. Les successeurs d’innocent XI ne furent pas moins intransigeants que lui. Louis XIV, harcelé par les jésuites, finit par permettre aux évêques d’écrire à Rome pour regretter les décisions de l’assemblée; lui-même écrivit au pape dans ce sens. Innocent XII se contenta de ces excuses. Plus tard, le cardinal de Fleury fit désavouer en partie les quatre articles par une assemblée du clergé et la lutte s’assoupit sans que le vif du débat eût été tranché. On s’en tira par des expédients dont le détail n’importe pas ici.

62. Depuis les fableaux du xiv« siècle jusqu’à l’Encyclopédie, à travers Rabelais, Montaigne, Molière et Bayle, court une veine de pensée libre, hostile au dogme chrétien, aux affirmations sans preuves, à l’intolérance des papes et des prêtres. Cette pensée libre, dans l’intimité, va jusqu’àl’athéisme; on s’en doutait bien au xvne siècle, témoin le P. Mersenne disant, sous Louis XIII, qu’il y avait 40000 athées dans Paris. Parmi les forces qui continrent celle-là, le clergé et la monarchie sont naturellement au premier rang ; mais il y en eut deux autres qui, bien que condamnées par l’Église, l’ont servie en réprimant ce qu’on appelait alors le libertinage.

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