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LES SECTES ANGLAISES

AVhitefield. Cette propagande attira la majorité des nègres, qui constituèrent des: communautés indépendantes. C’est l’honneur des méthodistes américains d’avoir protesté, dès 1784, contre l’esclavage des noirs. Plus encore qu’en Angleterre, les sectes méthodistes se sont multipliées aux États-Unis, mais leurs principes essentiels sont restés les mêmes partout: ce sont des églises « de réveil et de mission ». Les missions méthodistes des États-Unis disposent de sept millions de francs par an et d’un capital immobilier estimé à plus de vingt- cinq millions.

21. La sécheresse et le formalisme de l’Église anglicane, au début du xixe siècle, provoquèrent encore le schisme des frères de Plymouth , auquel se rallia le pasteur anglican John Darby (1831): La secte des darbystes fut plutôt une association de frères, parce que l’Esprit saint est « le principe essentiel d’unité ». Cela ouvre la voie au prophétisme sans mandat et à tous les abus de l’individualisme religieux. Les dar~ bystes ou frères de Plymouth se sont répandus et divisés en sectes, tant dans l’Europe occidentale que dans l’Amérique du nord.

22. Darby, vers 1826, s’était trouvé en contact avec les disciples d’Édouard Irving (f 1834), pasteur écossais qui annonçait la fin du monde et la nouvelle venue du Christ en gloire. En 1832, après toutes sortes de folies, il fonda une Église et, pour contenir l’enthousiasme prophétique des fidèles, y institua une hiérarchie inspirée de saint Paul, qui eut seule la permission •de déraisonner. Ce qu’il y a de plus extraordinaire dans cette mystification, c’est que les effets en furent

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durables. Il y a 7 à 8000 Irvingiens dans l’Empire britannique, 25 000 en Prusse et en Bavière, beaucoup d’autres en Hollande et même à Java; s’ils ont renoncé à la mise en scène tapageuse des fondateurs de la secte, ils cultivent encore le prophétisme et attendent avec une joyeuse confiance la venue prochaine du Seigneur.

23. Les États-Unis et l’Angleterre comptent plus de 100000 adeptes d’une secte fondée par Mary Eddy à Boston vers 1880 et qui s’intitule « la Science chrétienne ». Propagée surtout par des femmes enthousiastes, cette doctrine a la prétention de guérir toutes les maladies sans autres remèdes que la méditation et la suggestion. La suggestion n’est pas hypnotique : c’est simplement l’affirmation, répétée jusqu’à produire la conviction, que toute maladie est imaginaire. On trouva aussi des Christian scientists en France et en Allemagne; ils ont déjà été poursuivis pour exercice illégal de la médecine. Les Christian scientists se défendent d’être des occultistes ou même des mystiques ; mais le fait qu’ils attribuent une efficacité pratique à leurs formules curatives oblige de leur faire une place, qu’ils ne sollicitent point, dans l’histoire moderne de la magie.

24. L’idée que des Israélites fugitifs auraient colonisé très anciennement l’Amérique est une illusion antérieure au mormonisme. Il existe encore, en Angleterre et aux États-Unis, des sectes assez nombreuses qui prétendent reconnaître, dans les Anglo-Saxons, les descendants des 10 tribus perdues d’Israël, celles qui ne revinrent pas en Judée après la captivité de Babylone; on retrace même leur itinéraire, qui les aurait

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