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RÉFORMES DE JOSEPH II

cèrent en 1890 à ce legs des patriarches d’Israël; les 2 000 missionnaires qu’ils entretiennent n’ont trouvé ■que meilleur accueil depuis cette réforme. L’histoire du mormonisme, qui n’est pas finie, est celle d’une tromperie initiale dont quelques organisateurs énergiques, servis par des dupes de bonne volonté, ont su tirer, dans l’intérêt de tous, un grand parti.

38. Frédéric II et Catherine II furent des souverains philosophes au point de plaisanter des choses saintes avec Voltaire, Diderot et d’autres, mais pas au point d’affaiblir dans leurs États ce christianisme qu’ils méprisaient intérieurement. Joseph II, empereur d’Allemagne, bien que d’une intelligence médiocre, fut le vrai philosophe couronné de son temps, parce qu’il voulut faire passer dans la loi les idées laïques dont son esprit était imbu. A partir de 1781, il établit la tolérance dans l’Empire, ferma presque tous les couvents, dont il confisqua les biens, défendit la publication des brefs du pape sans son aveu, ainsi que les appels à Rome qui entretenaient l’indiscipline du clergé. On le compara à Julien l'Apostat et il devint très impopulaire, malgré les réformes utiles dont il honora son règne. La Révolution française l’effraya; quand il mourut, en 1790, il pouvait prévoir que les coups de la philosophie atteindraient bientôt les trônes. Pourtant, l’Autriche ne désavoua J oseph II qu’en 1855. A cette époque, un concordat (dénoncé en 1870) fut conclu avec Pie IX rendant au clergé scs prérogatives

et déclarant abolies toutes les lois contraires à l’en seignement de l’Église. Celle-ci reprenait la .urveülance des écoles, des mariages, de la littérature; ce fut un des derniers triomphes de la théocratie en Europe.

39- Le protestantisme, au xvme siècle, n’était pas plus licite en Autriche qu’en France. Le pays de Salzbourg, dépendant d’un prince évêque depuis 1278, chassa les protestants en 1731, après leur avoir infligédes avanies qui motivèrent les réclamations du roi de Prusse. Les exilés gagnèrent la Hollande et l’Amérique du Nord, terres toujours hospitalières. Le xixe siècle réalisa, du moins en principe, la tolérance religieuse. Depuis 1890 environ, le protestantisme a même conquis un peu de terrain en Autriche : un mouvement ayant pour devise Los von Rom («-hors de Rome! ») a détaché quelques milliers de familles du catholicisme, mais a été étouffé à prix d’or.

40. La réforme des livres liturgiques russes par le patriarche Nicon (1605-1681) donna naissance au schisme des raskolniks, conservateurs fanatiques qu’on appelle a vieux-croyants » et qui sont encore au nombre de plusieurs millions en Russie. Parmi les hérétiquesrusses, il y a des mystiques exaltés, les skopzis (1770), qui se proposent non pas l’amélioration, mais l’extinction de l’espèce humaine. Il y a aussi des rationalistes, comme les doukhobors, qui rejettent le: cérémonial et le culte des images. Le christianisme orthodoxe étant religion d’État, tous les sectaires sont plus ou moins persécutés.

41. Nous avons déjà parlé du sort des Israélites- Les Polonais catholiques et les Ruthènes unis à l’Églia-

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