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L’INDIFFÉRENCE RELIGIEUSE

s’opposait de toutes ses forces aux idées libérales, surtout en matière d’enseignement, et, dans son souci exclusif «du trône et de l’autel», imposa à Louis XVIII «a honteuse expédition d’Espagne, qui replongea ce malheureux pays dans le despotisme. ' Sous Charles X, la Congrégation fut assez puissante pour faire passer la loi du sacrilège (1825), qui, entre autres rigueurs, assimilait la profanation d’une hostie au parricide; il faut dire qu’elle ne fut jamais appliquée.

53. Les extravagances de la Congrégation ne doivent pourtant pas donner le change; il y avait là plus de politique que de fanatisme religieux. Ces revenants du xvme siècle préféraient le trône à l’autel et les faveurs que le trône leur assurait au trône lui-même. Pendant que siégeait la Chambre introuvable, Lamennais écrivait son Essai sur l’indifférence, où il reprochait justement à la haute société d’aloçs ne ne pas croire, de mettre le temporel en première ligne. Il suffit de lire les Mémoires de la comtesse de Boigne pour se convaincre que l’aristocratie de ce temps-là considérait surtout la religion comme une garantie de l’ordre social dont elle profitait.

54. Louis-Philippe, qui avait dépossédé la monarchie légitime, se soucia beaucoup plus du trône que de l’autel. L’Université, fondée par Napoléon, possédait le monopole de l’enseignement; elle le conservait avec un soin jaloux et les tentatives faites à cette époque en faveur de ce qu’on appelait « la liberté de l’enseignement », c’est-à-dire l’enseignement des jésuites, ne réussirent pas. Il n’en fut pas de même après la Révolution de 1848, où le clergé, par haine

des Orléans, avait fait cause commune avec les républicains, et surtout après les sanglantes journées de juin, qui effrayèrent la bourgeoisie conservatrice. « Allons nous jeter aux pieds des évêques! « s’écriait Victor Cousin. Les jésuites revinrent aussitôt en France. Louis Bonaparte, élu à la Présidence de la République en décembre, avait besoin du clergé pour l’usurpation qu’il méditait. Il lui donna un premier gage par l’expédition de Rome, qui restaura le gouvernement de Pie IX. Mais ce que les jésuites voulaient avant tout, c'était remettre la main sur l'enseignement secondaire. Ils y réussirent en 1850, grâce à la complaisance intéressée de Louis Bonaparte et à l’habileté sans scrupules d’un apologiste de l’Inquisition, le comte de Falloux. Désormais, la jeunesse française fut divisée en deux camps, dont l’un, de plus en plus nombreux, à cause de l’envie qu’ont les bourgeois de se frotter aux nobles, grandissait dans la haine du libéralisme, dans le culte d’un passé d’intolérance et d’oppression. Il fallut vingt ans pour que ce régime produisît ses fruits; c’est la troisième République, longtemps captive du « parti noir », qui en a goûté toute l’amertume.

55. Les prétentions de l’Église romaine, de sa nature insatiable, furent une des causes de la faiblesse du second Empire. Napoléon III, très libéral, mais marié à une Espagnole dévote; craignant ses cardinaux, ses évêques et ses jésuites plus que l’opposition réduite au silence, fut obligé d’intervenir sans cesse dans les affaires de Rome, de soutenir, contre le patriotisme italien, la cause de Pie IX et enfin d’y sacrifier sod

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