LE SPIRITISME
celle-ci les phénomènes encore très obscurs qui rentrent dans le domaine général du spiritisme, parce qu’on les attribue à l’intervention des esprits. L’Église romaine s’y est sagement opposée. Elle n’admet de merveilleux que sous son contrôle. Tout le reste est l’œuvre du Diable, ou celle de la fourberie humaine. La magie, qu’elle soit blanche ou noire, ne peut être l’auxiliaire de la religion.
79. Lorsque les spirites dogmatisent, ils ont la tendance de mêler les religions existantes pour s’élever à des formes qu’ils croient supérieures. Le plus frappant exemple de ce syncrétisme a été fourni par la secte dite théosophique ou occultiste, fondée vers 1875 à New-York par le colonel O’.cott et Hélène Blavatsky- Cette secte prétend réunir en un corps le buddhisme, hindouisme et le christianisme, non sans emprunts à > la Kabbale juive et à d’autres rêveries. Les théosophes sont des gens de bonne volonté qui pourraient aussi bien se réclamer du franciscanisme.
80. A côté des maçons groupés en corporations et sédentaires, il y avait, au moyen âge, des francsmaçons, qui voyageaient de ville en ville; ils constituèrent, dit-on, une confrérie ayant son centre à Strasbourg. Ces associations subsistèrent en Angleterre plus longtemps qu’ailleurs et le grand incendie de Londres (1666), qui obligea de reconstruire la ville, en accrut l’activité. Après l’achèvement de Saint-Paul (1717), les quatre derniers groupes de maçons formèrent à Londres une grande loge, destinée non plus à l’exercice d’un métier, mais à l’amélioration de la condition matérielle et morale des hommes. A côté et au-
dessus des temples en pierre, il s’agissait de construire le temple spirituel de l’humanité. Dès la fin du xvie siècle, des hommes qui n’étaient pas maçons avaient été admis dans ces conventicules, modifiant ainsi le caractère primitif de l’institution. Ce qu’on en conserva, avec un soin jaloux et pédantesque, fut la distinction des maîtres, des compagnons et des apprentis, l’exclusion des personnes étrangères et le serment de ne pas divulguer ce qui se passait dans les loges. La constitution des franos-maçons est l’œuvre du prédicateur James Anderson: par elle les maçons s’obligeaient à respecter les mœurs, l’humanité et la patrie ; chacun pouvait continuer à pratiquer sa religion, mais ils devaient avoir en commun les principes religieux de tous les hommes, le surplus n’étant qu’opinions individuelles. La religion de la francmaçonnerie anglaise est donc un déisme humanitaire, qui trouva et trouve encore en Grande-Bretagne beaucoup d’adhérents.
81. Quelques nobles anglais fondèrent, en 1725, la première loge à Paris; malgré l’interdiction prononcée par Louis XV (1737), elle fit de nombreuses recrues. En 1733, il y eut des loges à Florence et à Boston, en 1737 à Hambourg. Cette loge de Hambourg admit le prince héritier de Prusse, plus tard Frédéric le Grand. Devenu roi, il fonda une loge à Berlin et en devint le grand-maître. Depuis cette époque, tous les rois de Prusse, jusqu’à Frédéric III, ont présidé cette loge; Guillaume II a refusé, mais a désigné, pour le remplacer, le prince Frédéric-Lcopold de Prusse. Au cours du xvme siècle, la franc-maçonnerie s’établit dans presque