CRAINTE DU BOLCHEVISME
Les congrégations, revenues à petit bruit, ont retrouvé toute leur influence; la libre pensée militante est décriée. Le seul point noir, qui va grandissant, est la difficulté de recruter le clergé séculier. La partie catholique de l’Irlande est devenue virtuellement indépendante (décembre 1921). Dans la Grande-Bretagne elle-même, les ordres religieux catholiques et leurs écoles ont atteint un haut degré de prospérité. Aux États-Unis, l’Église de Rome est plus puissante que jamais ; une union catholique, celle de jeunes gens, dits Chevaliers de Colomb, a joué un rôle considérable pendant la guerre et après.
Mais il y a plus. En ces jours de révolution ou de menaces de révolution, une haute et très ancienne autoritéestun élément de stabilité quin’est pas négligeable. Dans le monde entier, les classes les plus évoluées de la société ont été terrifiées par le bolchevisme russe, sanglant retour à l'autocratie des siècles de fer. Même les agnostiques professent du respect pour une puissance qui peut épargner de pareilles catastrophes à la civilisation. Cela ne signifie pas et ne présage pas un renouveau vraiment religieux, bien qu'il y ait quelques symptômes d’un phénpmène de ce genre en Russie ; mais cela signifie bien certainement pour toutes les Églises, et particulièrement pour la mieux organisée de toutes, l’Église romaine, un renouveau d’influence dans le domaine politique et social. Empereurs et rois ont mordu la poussière ; le «serviteur des serviteurs de Dieu » au Vatican, ayant survécu à eux tous et enseignant aux hommes une leçon meilleure, a du moins une chance d’être reconnu une fois