LE PRÉSIDENT WILSON
de plus comme un des piliers solides d’un monde profondément ébranlé.
Après ces réflexions d’ordre général, ces indications sur la situation privilégiée de l’Église romaine, nous pouvons passer plus rapidement sur les autres groupements religieux que les événements politiques de notre temps ont affectés.
6. Le protestantisme le plus libéral, avec le vieux fonds d’esprit prophétique qui persiste en lui, aurait remporté une victoire splendide si l’opinion américaine avait suivi le président Wilson dans sa tentative généreuse de marier la morale à la politique. Loin de le suivre, elle le désavoua ; elle renonça, dans un accès de timidité, à pacifier le monde au nom des idées de justice et de charité. Tombé malade (septembre 1919), abandonné par la majorité du Sénat, qui refusa de ratifier le traité de Versailles (19 novembre 1919), Wilson assista à la défaite écrasante de son parti lors de l’élection présidentielle de 1920. Son nom vivra pourtant, parmi les plus grands de l’histoire, à côté de ceux des plus illustres vaincus.
7. Dans le protestantisme britannique, les projets de réunion des Églises chrétiennes ont conservé de chauds partisans. En attendant qu’ils aboutissent, on a vu un ministre baptiste et un ministre presbytérien prêcher dans les cathédrales anglicanes de Canterbury et de Durham. L’évêque de Londres, en 1919, mit en avant un plan de réunion avec l’Église