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ISLAMISME ET TOURANISME

du peut tour anisme, projet d’un immense Empire embrassant la Finlande et la Hongrie en Europe, l’Asie Mineure et tout le nord de l’Asie jusqu’au Pacifique : les Touraniens, ainsi opposés aux Aryens, invoquaient comme héros nationaux, non des musulmans, mais Attila, Gengis-Khan et Tamerlan. Le triomphe du panislamisme, où l’idée religieuse tient encore une place, devait préparer celui du pantouranisme, fondé, aux yeux de demi-lettrés, sur l’idée de race et l’ethnographie.

L’entrée en guerre de la Turquie contre la Russie, l’Angleterre et la France ne fut pas accompagnée d’un réveil religieux ; le djihad (guerre sainte), proclamé par le Khalife, resta sans écho. Les Arabes ayant pris le parti des Anglais, les régions arabes de l’Empire en furent détachées (armistice de Mudros, octobre 1918) ; mais, en août 1919, sous l’inspiration de Mustafa Kemal Pacha, un gouvernement national, indépendant de celui de Constantinople, se forma sur les hauts plateaux de l’Anatolie et refusa d’accepter le traité de Sèvres, conclu par les Puissances victorieuses avec le sultan (août 1920). Comme les Grecs, maîtres de Smyrne, avançaient imprudemment en Asie Mineure, les Turcs leur infligèrent des défaites écrasantes, suivies d’affreuses boucheries de chrétiens ; Smyrne fut réduite en cendres. L'Europe, lasse de guerres et désunie, laissa faire (1) ; dans ce

(1) Paix de Lausanne (24 juillet 1923), remp açant le traité de Sèvres et le révisant. L’Arménie retombe sous le joug turc; la T urquie ne permet pas le retour des Arméniens exilés ; les Grecs doivent quitter Constantinople : les Capitulations sont supprimées, etc.

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