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qui restait de l’Empire turc en Asie et en Europe, les Grecs furent contraints de s’expatrier, les chrétiens et les juifs privés de tous emplois et soumis à de continuelles vexations. Sultanat et Khalifat furent supprimés sans résistance (1924) ; la victoire appartient au panislamisme, allié, par haine de la civilisation occidentale, à la Russie bolcheviste. La grande guerre, qui avait un peu débuté comme une Croisade, par la promesse d’installer les Russes à Constantinople, finit en Orient, comme les Croisades, par le triomphe momentané du Croissant.

10. L’avènement des Jeunes Turcs (1908) fut salué comme une libération par les Arméniens ; mais les massacres de Cilicie, qui coûtèrent la vie à vingt mille d’entre eux, les eurent bientôt détrompés (avril 1909). Le fanatisme d’antan, mué en nationalisme, n’était que plus sanguinaire. Lorsque la Turquie se joignit à l’Allemagne (novembre 1914), elle crut l'occasion propice d'en finir avec les Arméniens. D’horribles tueries furent ordonnées à Bitlis, Sivas, Trébizonde (1915) ; des dizaines de milliers de gens paisibles furent égorgés, noyés ou brûlés vifs. Ce qui restait fut poussé comme un troupeau vers la Mésopotamie ; la plupart, en route, moururent de faim. On a parlé de plus de 600 000 victimes. La responsabilité de ces crimes inexpiables incombe en partie à l’État-major prussien, qui refusa de dire un mot pour les arrêter, comme l’établit le témoignage du missionnaire allemand J. Lepsius, publié cinq ans après. A la Conférence de la Paix (1919), les délégations arméniennes demandèrent la création d’une Arménie indépendante, allant du

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