S RECUL DU CHRISTIANISME EN ASIE
Caucase à la Cilicie ; mais, pour que cet État naquît viable, il fallait qu’une grande Puissance en acceptât le mandat. Malheureusement, les États-Unis, sur lesquels comptait l’opinion européenne, refusèrent de rendre ce service à l’humanité. Le traité de Sèvres (août 1920) stipula l’indépendance d’une Arménie restreinte, avec ports sur le mer Noire ; mais, faute de forces militaires pour exécuter ce projet, il resta lettre morte. Les nationalistes turcs, solidement établis à Angora, s’allièrent à la Russie bolcheviste ; les États chrétiens formés, depuis 1918, dans le Caucase, furent écrasés comme dans un étau. De nouvelles hécatombes d 'Arméniens marquèrent les derniers mois de 1920. Au début de cette année, les Turcs avaient poursuivi leur politique d’extermination en Cilicie, où les troupes françaises étaient trop faibles pour les contenir. Le projet d’une petite Arménie du Sud, sous le protectorat français, dût être abandonné comme celui d’une Arménie du Nord. Ces désastres subis par la civilisation gréco-latine et chrétienne en Asie devaient être aggravés, en 1923, par le massacre ou la fuite éperdue des Hellènes d’Asie Mineure. Comme en 1453, au terme de la Guerre de Cent ans, l’Occident était trop las pour réagir. Même il ne manqua pas, en France et en Angleterre, de gens d’esprit pour exalter les Turcs aux dépens des Arméniens et des Grecs.
11. Le condition juridique des juifs dans les pays où ils étaient opprimés s’est beaucoup améliorée depuis 1917 : ils reçurent droit de cité en Russie (1917), en Roumanie (1918), en Pologne (1920). Les