‹ OrpheusChapitre 347 sur 359 · LE JUDAÏSME ÉMANCIPÉ · texte numérisé non relu

LE JUDAÏSME ÉMANCIPÉ

traités internationaux, de 1919 à 1920, reconnaissant les droits des minorités ethniques et religieuses, assurèrent aux juifs de l’Europe orientale la tutelle de la Société des Nations. Mais ces réformes, en facilitant aux juifs l’accès des carrières libérales et des emplois publics, alarmèrent les bourgeoisies qui en détenaient presque le monopole ; une agitation très vive commença pour réduire le nombre des juifs dans les Universités [numerus clausus), ou pour leur y rendre la vie. impossible par des sévices. La Hongrie seule adopta le numerus clausus (1920) ; mais des émeutes continuelles d’étudiants se produisirent en Roumanie et en Pologne pour le réclamer. Ce protectionnisme d’un nouveau genre trouva des adeptes en Autriche et en Allemagne ; même aux États-Unis, une proposition en faveur du numerus clausus fut faite à l’Université de Harvard, mais repoussée à l’unanimité par les professeurs (mai 1923).

Le fait que certains juifs jouèrent un rôle important dans les révolutions qui se succédèrent depuis 1918 — Trotsky en Russie, Bêla Kun en Hongrie, Kurt Eissner en Bavière — accrédita l’idée folle que les juifs en bloc avaient ourdi une conspiration contre la civilisation chrétienne, la famille et la propriété. Cette fable, qui trouva créance même en Angleterre et aux États-Unis, fut propagée par la publication, à des centaines de milliers d’exemplaires et en toutes langues, d’un faux ridicule, plagiat d’un livre satirique de 1865, les prétendus Protocoles des doyens de Sion, procès-verbal d’une réunion imaginaire où le programme de la grande conspiration aurait été

Page 1