SOUFFRANCES DES JUIFS RUSSES
arrêté. Tous les partis de réaction, dans les anciens Empires centraux, se coalisèrent pour faire la guerre aux juifs, sous l’emblème de la croix gammée (le svastika mdou), considérée comme le symbole de 1’ « Aryanisme ». Des troubles violents eurent lieu à Berlin, à Vienne et surtout en Bavière, devenue, depuis 1922, le foyer le plus ardent d’antisémitisme, attisé par le militarisme prussien. Il n’y eut rien de religieux dans tous ces mouvements, que plusieurs cardinaux allemands condamnèrent. Mais, comme au temps de la Peste noire, on rendait les juifs responsables des malheurs publics ; la joie de nuire au prochain et la crainte de la concurrence y trouvaient également des satisfactions.
12. Si l’on excepte les Arméniens, aucune minorité religieuse n’a autant souffert que les juifs russes. Dès le début de la guerre, ils furent refoulés de Pologne en Russie sous le prétexte qu’ils pouvaient renseigner l'ennemi, alors que les vrais traîtres étaient dans la haute armée russe et à la Cour. Pillages et pendaisons en masse se succédèrent. Après la Révolution de novembre 1917, les juifs d’Ukraine furent abandonnés sans défense aux bandes de Petlioura et de Makhno ; six cents villes ou villages furent saccagés; il y eut plus de 150000 victimes (1919). D’autre part, la réaction russe, cherchant un bouc émissaire des désastres de la patrie, désigna naturellement les juifs, dont un grand nombre, comme d’ailleurs les officiers russes de l’ancien régime, avaient pris service dans le Gouvernement bolcheviste pour vivre ; on imputa même aux seuls juifs l’as-