L’ANIMISME HELLÉNIQUE
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l’avons déjà vu, débuté par l’anthropomorphisme, et si l’art et le rationalisme l’ont profondément pénétrée, elle a commencé par être une religion sans images et sans sourire, une vraie religion de primitifs.
14. Lorsqu’on explore le fonds le plus ancien des religions grecques, à la lumière des survivances et des vieux rites, on est tout étonné de voir que ce fonds est identique à celui de toutes les religions, même les plus sauvages. Seulement, là où l’Australien s’arrête, le Grec cultivé et libre n’a fait que passer.
Les facteurs de la religion et de la mythologie sont, ici comme ailleurs, l’animisme, le totémisme et la magie.
15. L’animisme prête une âme et une volonté aux montagnes, aux fleuves, aux rochers, aux arbres, aux pierres, aux corps célestes, à la terre et au ciel. Un arbre, un poteau, un pilier, le creux d’un rocher sont le siège ou le trône d’esprits invisibles. Ces esprits sont plus tard conçus et figurés sous forme animale, puis sous forme humaine. Une source est un cheval : c’est Pégase, le cheval d’Apollon, qui fait jaillir sur la Parnasse la source Hippocrène. Une rivière est un taureau à face humaine, bien que les Grecs n’aient guère aimé ces images ambiguës. Le laurier est Daphné que poursuit Apollon; le chêne est Zeus, avant d’être l’arbre de Zeus, et Dionysos est censé résider dans l’arbre, quand il a cessé d’être l’arbre lui-même. La terre est Gê, sortant à moitié du sol sous la forme d’une femme qui supplie le ciel de l’arroser. Le ciel es! Ouranos, fils du Temps et père des dieux.