Secondé par l’art, l’animisme grec donne « un
LES GRECS OU HELLÈNES
corps, un esprit, un visage » à toutes les conceptions même les plus abstraites, et cette tendance ne s’est pas démentie jusqu’à la fin du paganisme; c’est la Grèce qui a créé les images de la Paix, de la Concorde, de la Clémence, etc. Après avoir prêté une pensée à tous les corps, elle prêta un corps à toutes les pensées.
17. L’idée de l’âme séparée de la matière est une conséquence de l’animisme. L’instinct la suggère, le rêve la confirme. Les Grecs ont figuré les âmes des morts comme de petits êtres ailés, comme des oiseaux, des serpents, des papillons (le mot grec psyché, âme, désigne aussi le papillon) . Sur la destinée des morts ils ont eu des doctrines contradictoires et qui, d’ailleurs, ne se sont pas développées toutes à la fois. La plus ancienne, semble-t-il, admet que le mort continue sous terre une existence obscure, mais qu’il faut rendre agréable pour que son esprit ne devienne pas malfaisant. On place à côté de lui ses objets familiers, ses armes, des représentations sculptées ou peintes de sa vie terrestre; surtout on lui offre des libations, des sacrifices, et ceculte rendu aux ancêtres a formé les liens de la famille et de la cité. Les morts restent les amis de leurs héritiers, ils leur donnent des conseils : c’est auprès des tombes des chefs, des ancêtres de familles puissantes qu’ont été rendus les premiers oracles. Ces morts qu’on invoque, comme le christianisme invoque les saints, s’appellent les héros. Les rites funéraires continuent à impliquer qu’ils habitent leurs tombes, alors même que d’autres idées se sont fait jour et leur assignent des demeures plus éloignées.