LES PRÊTRES GRECS
l’époque d’Homère, si les princes s’acquittent encore de certains rites, il y a des prêtres attachés à des temples, qui n’ont d’autre puissance que la protection supposée de leur dieu. Dans les États grecs de l’époque classique, on trouve des prêtres et des prêtresses, toujours ministres d’un dieu, jamais groupés en communauté, ni ambulants comme les prêtres des cultes non reconnus, ni préposés, comme les Druides de la Gaule, à l’enseignement. Il n’y avait pas non plus de séminaires pour l’éducation des prêtres; chaque prêtre apprenait le rituel d’un dieu en le servant. Ainsi, les prêtres grecs n’ont jamais formé de clergé comme ceux de l'Inde, de la Perse, de la Gaule; la seule tentative en sens contraire, cjue prote a rapprochée de la formation de la compagnie de Jésus, fut faite dans l'Italie méridionale par Pythagore et ne réussit pas.
38. Le prêtre athénien devait être un citoyen jouissant de tous ses droits, physiquement intact et de mœurs pures. Quelquefois, le célibat était exigé; mais les prêtresses elles-mêmes étaient sou vent mariées. On choisissait pour certains sacerdoces des jeunes filles qui cessaient d’être prêtresses en se mariant. Si un prêtre ou une prêtresse perdaient un enfant, ils devenaient tabous et devaient se démettre de leurs fonctions pour ne pas souiller l’autel.
39. Il n’y avait pas de règles fixes pour l’ordination. Les charges se transmettaient par hérédité, ou par achat, ou par élection et tirage au sort. Beaucoup de fonctions religieuses importantes étaient héréditaires dans les grandes familles; de ce nombre étaient les sacerdoces d’Éleusis.,
LES GRECS OU HELLÈNES
40. Le costume des ministres du culte était fixé par le rituel. Souvent le prêtre représentait le dieu luimême, dont il prenait le nom et imitait l’apparence; il y a là une survivance d’un état de choses fort ancien qui, chez les Indiens de l’Amérique du nord, est en relations étroites avec le totémisme.
41. Les prêtres étaient très respectés. Leurs revenus, souvent considérables, dérivaient surtout des sacrifices, de la vente des peaux et de la viande des victimes, dont ils partageaient les bénéfices avec l’État.
42. La divination était exercée, dans les, temples, par des prêtres ou des prêtresses attitrés, ailleurs par des devins ambulants, cpr’il ne faut pas confondre avec les prêtres. Il y a deux espèces de divination, suivant que la volonté du dieu se révèle immédiatement ou que l’interprétation doit se dégager de faits contingents. A Dodone, oracle de Zeus, le dieu faisait connaître sa volonté au frémissement des chênes agités par le vent, ou bien au son que rendait un vase d’airain frappé par une lanière. Les prêtresses ou prophétesses de Dodone s’appelaient colombes, comme celles d’Artémis à Éphèse s’appelaient abeilles; cela prouve que ces oracles furent autrefois fondés sur l’observation du vol des colombes et des abeilles, et sans doute aussi qu’il s’agissait, à l’origine, de cultes totémiques dont ces animaux étaient l’objet.
43. L’oracle le plus célèbre de l’antiquité, celui de Delphes, avait pour interprète une jeune fille dite Pythie, qui, inspirée d’Apollon, vaticinait dans des accès de délire. Plus anciennement, ceux qui venaient