‹ OrpheusChapitre 82 sur 359 · LES GUÉRISONS MIRACULEUSES · texte numérisé non relu

LES GUÉRISONS MIRACULEUSES

consulter l’oracle se plaçaient eux-mêmes sur un trépied et recevaient l’inspiration du dieu, avec les vapeurs qui s’exhalaient de l’antre prophétique. Il parut sans doute dans la suite qu’une jeune fille maladive était plus docile à l’inspiration du dieu et de ses prêtres que leurs clients.

44. On- trouvera, dans les manuels d’antiquités grecques, des détails sur les diverses sortes de devins> les enchantements, les sortilèges. Il me suffit de dire ici quelques mots de Y incubation, procédé qui consistait à coucher dans un temple, ou dans un dortoir annexé à un temple, pour y jouir de. visions, recevoir les conseils du dieu ou ses bienfaits. L’incubation se pratiquait sur la terre nue, demeure des esprits, ou sur la peau d’un animal sacré. De longues inscriptions, découvertes à Épidaure, racontent un grand nombre de guérisons obtenues par des malades, grâce à l’intervention nocturne d’Asklépios et des animaux attachés à son culte, le chien, le serpent et l’oie. « Euphanès, enfant d’ Épidaure, souffrait de la pierre; il s’endormit et il lui sembla que le dieu lui apparaissait.

« Que me donneras-tu si je te guéris? » demanda- t-il. L’enfant répondit : « Dix osselets. » Le dieu se mit à rire et dit qu’il guérirait l’enfant. Le jour venu, il sortit guéri. » Dans plusieurs cas, ceux qui expriment un doute, ou se moquent des ex-voto des malades guéris, sont affligés de maux complémentaires ou condamnés par le dieu à une offrande plus forte; en revanche, la foi e;t une vertu très appréciée et le dieu la récompense. Nous entrevoyons ainsi l’industrie bien organisée de prêtres qui agissent par suggestion sui

LES GRECS OU HELLENES

les malades, mais leur donnent aussi parfois des conseils raisonnables. A l’époque où furent gravées les inscriptions d’Épidaure, la science de guérir avait, depuis longtemps, été sécularisée par Hippocrate mais la vieille médecine sacerdotale, d’où était sortie la médecine laïque, continua à faire des dupes jusqu'à la fin de l’antiquité. On sait assez qu’elleenfait encore.

45. Les sacrifices différaient des offrandes par la destruction de l’objet offert, soit qu’on le brûlât tout entier — c’est l’holocauste — soit qu’on le privât seulement de la vie. On sacrifie aux dieux pour les remercier, pour les rendre propices, pour apaiser leur colère. L’idée générale, à l’époque classique, est celle d’un repas auquel le dieu est convié; maisilsubsistequelques rites où l’animal sacré du dieu est sacrifié à ce dieu lui-même, ce qui laisse entrevoir la forme primitive du sacrifice de l’animal divin, mangé rituellement par ses fidèles. Ces sacrifices totémiques étaient, à l’origine, des rites d’exception et entourés de précautions minutieuses dont les cultes ont conservé quelques souvenirs. Aux Bouphonies d’Athènes, on présentait au bœuf des gâteaux sacrés, pour qu’il parût, en les mangeant, mériter la mort (en réalité, pour accroître sa sainteté) ; après l’immolation du bœuf, on intentait au sacrificateur un procès fictif; puis on déclarait que la hache seule était coupable et on la jetait à la mer.

A Ténédos, le prêtre qui offre un jeune taureau à ' Dionysos est poursuivi à coups de pierres ; à Corinthe, le sacrifice annuel d’une chèvre à Héra était accompli par des ministres étrangers, engagés à cet effet, et ceux-ci s’arrangeaient pour placer le ccuteau de telle

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