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INFLUENCES HELLÉNIQUES

pénétrée d’influences helléniques, l’Étrurie a plutôt communiqué à Rome les idées des Grecs que les siennes. Ainsi l’on ne trouve pas de trace, chez les Romains, du dieu civilisateur étrusque, Tagès, qui était venu au monde avec des cheveux blancs. D’ailleurs, le caractère sombre et mystique de la religion étrusque, où l’on démêle des éléments orientaux, n’était pas fait pour attirer les vieux Romains.

3. Vers l’an 1200 ou même plus tôt, la Sicile et l’Italie méridionale avaient été visitées par des Crétois; la légende conduit en Sicile et à Cumes le constructeur du labyrinthe de Cnossos, Dédale, et Virgile appelle la Crète le « berceau » du peuple romain. La science moderne constate à son tour des analogies entre les cultes de la Crète, de l’Arcadie et de Rome, entre les institutions religieuses attribuées au pieux roi Numa et celles qu’on mettait, da'ns l’Italie méridionale, sous le patronage du.philosophe Pythagore. Si la légende du Troyen Enée, arrivant à Lavinium et fondant Albe, ne paraît pas résister à la critique, il n’en est pas de même de celles d’ É vandre l’ Arcadien et del’ Étolien Diomède, que les récits des Grecs faisaient aborder en Italie. Il est donc probable qu’à l’aurore même de l’histoire, l’Italie centrale subit des influences venues de la Grèce et des îles de l’Archipel, peut-être même des côtes de Phénicie, dont les navigateurs commerçaient avec les Étrusques.

4. Le fonds italique de la religion est surtout connu par des rituels et des légendes sacrées. Nous possédons des fragments des chants saliens et des chants arvales; le rituel de la confrérie ombrienne d’Iguvium a été

LES ITALIENS ET LES ROMAINS

conservé par sept longues inscriptions; enfin, nous avons des calendriers de fêtes, dont les Fastes d’Ovide fournissent un excellent commentaire (pour six mois de l’année) et des extraits considérables du grand ouvrage de Varron sur les choses divines (vers — 50). Varron était à la fois un érudit et un théologien; sa théologie n’a rien de scientifique, mais les emprunts que saint Augustin et les grammairiens romains ont faits à son érudition sont parmi les restes les plus précieux de l’antiquité.

5. L’animisme italien diffère de celui des Grecs par l’absence de toute imagination. Il créa moins des dieux et des déesses que des puissances, numina, sans liens généalogiques, sans histoire. Pour nous, ce ne sont guère que des noms, dont l’exubérance stérile est peu instructive. Rome devait d’autant plus adopter les légendes des dieux grecs qu’elle en avait moins tiré de son propre fonds.

6. « Il n’y a pas de heu sans génie », écrit Servius, et le même grammairien, inspiré de Varron, dit que des dieux spéciaux président à tous les actes de la vie. Ces dieux forment de longues listes d’épithètes, imparfaitement personnifiées, qui figuraient dans les litanies ou prières : Cuba gardait l’enfant couché au lit, Abeona lui apprenait à marcher, Farinus, à parler. Tout homme avait un Génie, toute femme une Juno; sous l’Empire, on rendit un culte aux génies des Empereurs et Ton parla même des génies des dieux. Les génies des champs et de la maison s’appelaient Lares; le lare familier était celui du foyer et de la famille; on adora plus tard le lare impérial. Les Pénates étaient les

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