‹ Orthopédie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 12 sur 35 · IMPLICATION DÈS PLANCHES · texte numérisé non relu

IMPLICATION DÈS PLANCHES

Figur* 1 " “ Cette figure ^présente le dos d’une jeune personne de l’âge de quinze ans, dont la déviation de l’épine a été sensible à celui de neuf. — Les courbures vers l’épaule droite et au bas de l 'épine , sont représentées dans cette figure telles qu’elles sont ordinairement dans la nature , dans le plus grand nombre de cas. Le fil à plomb indique la direction naturelle de l’épine, et fait voir de combien celle qui existe actuellement en est éloignée.

La figure 2 représente la colonne vertébrale d’une jeune fille âgée de quatorze ans , morte d’une maladie indépendante de sa difformité , disséquée à la Pitié dans le mois d’avril de celte année. «. b. c. d. h. g. i. j. k. indiquent le mode de déformation des ligamens intervertébraux, e.f. deux points de soudure unissant trois côtes.

figure 3 représente la même colonne vertébrale vue dans une autre position, a. b. c. d. e.f. g. h. , mais principalement e. , montrent la meme déformation , i.j. les mêmes Soudures des côtes.

Pelles sont les altérations les plus ordinaires des ligamens intervertébraux et des cotes , daus les cas de déviations au-dessus du degré moyen.

Fautes à corriger.

^ Nous ne saurions assez réclamer l’indulgence de nos lecteurs pour les fautes typographiques ou meme pour quelques négligences dans le style , que le nombre et la diversité' de nos occupations , toutes dirigées cependapte vers lé double objet de ce Journal , ne nous laissent pas le temps de corriger assez. Entre les fautes typographiques qui ont pu nous échapper , nous indiquons les suivantes :

Page 29, ligne 29, supprimez ces mots : ou sur les muscles qui s’y al.’ 1 tachent.

Page 92 , N.° III , au lieu de ces causes insurmontables , lisez ces impossibilités.

Page g4, N.° VII , au lieu de signe de redressement insurmontable .

lisez signe d’obstacle insurmontable à tout redressement.

Même page, N.° VIII, à la place du point après le mot vertébrale , mettez une virgule, et immédiatement après au lieu de L majuscule , une petite 1.

Imprimerie de MIGNERET, rue du Dragon, N " 20.

analyse

avec des notes par m. maison abe ,

De l’article Perfectionnements orthopédiques,

Dans l’ouvrage intitulé

Histoire des Progrès récents de la Chirurgie ;

Par M, R1CHERAND.

L’ouvrage de M. le professeur Richerand, intitulé : Histoire des progrès récents de la chirurgie , nous ayant paru donner assez exactement 1 état de la science orthopé dique, et désirant ne rien omettre de ce qui peut ajouter de l’intérêt à notre travail, nous avons cru, pour remplir ce but, devoir extraire de cet ouvrage l’article suivant que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, en y ajoutant les notes qu’on y trouve.

Perfectionnements orthopédiques.

Les os auxquels le corps humain doit ses formes et sa stature acquièrent par degrés la dureté qui les caractérisé. Long-temps mous, cartilagineux et flexibles, ils deviennent plus solides par suite de la déposition graduée du phosphate de chaux dans les mailles de leur tissu , et cette sorte d’incrustation s’opère et se prolonge jusqu’à 1 époque où le corps et ses diverses parties cessent de croître en longueur (18 à 20 ans dans nos climats). Jusqu a ce moment les parties dures acquièrent chaque jour plus de solidité et de consistance; elles deviennent, par conséquent, chaque jour plus capables de supporter le poids des parties et de résister à l’action musculaire , qui prend toujours en elles son point d’appui. Une juste proportion est nécessaire entre le poids du corps, la force des muscles et la solidité du squelette. Que ce rapport n existe point ou soit détruit , les os plient sous le poids du corps qu ils sont incapables de soutenir; les membres se déforment , courbes en divers sens par l’action musculaire; la stature baisse, le tronc se déforme; et comme c’est la colonne vertébrale qui est chargée du rôle principal dans le mécanisme de la sustentation, c’est elle qui subit les déviations les plus remarquables et d’où naissent les plus grandes difformités. Elle ne peut se courber en aucun sens, que les hanches, les épaules et la cage osseuse du thorax ne se contournent à l’avenant, de manière à ce qu il en arrive des : difformités les plus désagréables. De semblables déformations réclament les secours de l’art, lors même qu’elles nuiraient seulement à la beauté des formes; mais leurs effets ne se bornent point là. Gênés dans leur développement , plus ou moins comprimés, les viscères de la poitrine et de l’abdomen ne remplissent qu’imparfaitement leurs usages, toutes les parties lan-

puissent privées de leur influence vivifiante, le corps entier décroît et tombe dans un marasme le plus souvent mortel. De quelle cause provient ce vice de nutrition , d’où résultent de si fâcheuses conséquences ? En vertu de quelle aberration des lois de la sensibilité les sels terreux qui devraient incruster les os et leur assurer leur dureté caractéristique , sont-ils détournés de cette destination et s’échappent-ils par divers émonctoires avant d’avoir rempli ce but nécessaire ? C’est ce qu’il est impossible de dire à l’époque actuelle , dans l’ignorance presque complète où nous sommes encore des lois primordiales de l organisation et de la vie. Cet état particulier de nos tissus et de nos humeurs , sorte de dégénération animale à laquelle on donne le nom d ’ écrouelles et de rachiù's , existant à divers degrés, produit les déplorables déformations dont nous parlions tout à l’heure ; ces vices physiques , efiets d’une nutrition languissante, surviennent, le plus ordinairement, chez les femmes aux approches de la puberté , à cette époque où la nature travaille à l’établissement des menstrues, comme si, en ce moment, tout entière occupée de son but principal , la conservation des espèces et des fonctions qui en assurent la perpétuité , elle oubliait, en quelque sorte, celles qui ont pour objet la conservation de 1 individu. Quoi qu’il en soit, c’est aux approches ou à la suite de l’établissement du flux menstiuel que les difformités , plus communes chez la femme que chez l’homme, surviennent le plus fréquemment.

Gomme il est impossible de les prévenir (i) car on

(0 CetLe impossibilité n’est pas absolue. L’observation attentive en ants dont la taille ou les membres vont se déformer apprend à 1 e s signes on connaît l’imminence de ces déformations , et c’est a ois rpie les traitemens. internes principalement, peuvent seuls , et autres lois aidés des moyens externes, prévenir le développement f difformités plus lard souvent incurables.

( Noie du Rédacteur. )

ignore la manière d’agir de leurs causes prochaines , la Chirurgie s’attache principalement à combattre les effets de ces causes ignorées , par des moyens mécaniques qui, long-temps grossiers et peu rationnels , ont reçu , de notre temps, les'plus heureux perfectionnemens , et sont employés d’après les théories les mieux raisonnées. Le procédé vulgaire, suivant lequel on redresse un jeune arbre qui croît et s’élève dans une direction vicieuse , en l’attachant à un tuteur , a fourni la première idée des moyens eL des machines propres à remédier aux difformités qui proviennent de la courbure des os. Mais, transporté des végétaux à l’homme , ce moyen avait besoin de subir de nombreuses et d’importantes modifications.

La colonne vertébrale , cette partie fondamentale de l’édifice humain , celte base du squelette , formée d’une suite d’os, long-temps mous et toujours spongieux , est le siège le plus ordinaire des difformités qu’on travaille à corriger par l’emploi des moyens orthopédiques. Comme elle est évidemment incapable de supporter le poids du corps chez certains individus, presque toujours scrofuleux ou rachitiques (i), ou chez lesquels , par suite d une élévation trop rapide de la stature au moment ae la puberté , les os n’ont point augmenté assez rapidement en consistance , Levacher imagina d abord de placer denièie le tronc une colonne artificielle , une croix de fei par exemple , dont la branche verticale descendait de 1 occi-

(x) L’observation nous apprend tous les jours qu’un très-grand nombre de déviations de l’épine se montre absolument indépendant de toute affection de ce genre , et meme chez des jeunes .personnes dont la constitution et le tempérament offrent les caractères oppo sés à ceux des scrofuleux et des rachitiques ; il n’y a dans ces cas plus fréquens que ne semble le croire M. Richcrand, qu’un état de faiblesse relatif au développement trop actif des organes; ou, comme il le dit fort bien , un effet de l’élévation de la stature trop rapide. (Note du Rédacteur. )

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put au sacrum, tandis que la branche horizontale s’étendait d’une épaule à l’autre. Attaché à ce levier inflexible, sans doute le tronc en recevait du soutien, mais c’était un poids nouveau ajouté à celui dont on voulait soulager la colonne. L’état de station était donc plus pénible encore pour le malade chargé de ce poids additionnel, et géné dans ses mouvemens par les liens nécessaires pour y attacher et y fixer avec solidité la tète, le bassin, le tronc et les épaules. La première chose à faire est évidemment de soulager la colonne vertébrale du poids qu elle est inhabile à porter ; c’est ce que comprit parfaitement un médecin suisse , Venel (i) , premier auteur des lits mécaniques actuellement perfectionnés. Sa méthode de traitement fut dès-lors établie et ses moyens thérapeutiques calculés de manière à satisfaire à cette double indication : débarrasser la colonne vertébrale du poids des organes, et, pour remédier à la déviation déjà existante, agir sur elle par une traction lente et graduée. Un long espace de temps sera nécessaire pour en opérer le redressement sans douleur et sans danger pour les malades ; mais l’expérience a démontré combien étaient vaines les craintes qu’on avait fait concevoir sur les inconvéniens de cette longue immobilité. Au moyen d’une alimentation suffisante et d’un régime approprié , l’inaction totale àlaquelle sont condamnés les malades (2),

(1) Si Yenel a jamais employé des lits à mécanique pour l’exten¬

sion de la colonne vertébrale , il n’est rien resté de leux' mécanisme ; ce devait être seulement par des liens placés sous les aisselles et sur les extrémités inférieures , qu’il opérait l’extension , du moins d’après ce qui nous en a été rapporté. ( Note du Rédacteur )

(2) M. Richerand semble pai'tagcr l’ei'reur de beaucoup de médecins sur ce point. L’extension n’oblige pas toujours à l’immobilité non interrompue ; elle ne s’opère que par stations sur le lit pendant 7 à 8 heures par jour en deux séances pour la rectification de

“ colonne. Il peut en être aulrcrrïfent pour la consolidation; c'est; ce qu on \ cri a plus tard. ( Note du Rédacteur. )

ne nuit point au complet accomplissement des phénomènes de nutrition; des jeunes filles bossues, pâles, maigres et comme décharnées , recouvrent, en quelques mois, et à mesure quelles se redressent, des forces, des couleurs et de l’embonpoint , de telle sorte que, par une véritable métamorphose (i) , elles deviennent en quelque façon méconnaissables. Débarrassée du poids quelle ne pouvait soutenir , la colonne vertébrale participe à cet effet général ; ses os , dont le tissu se dilate , s’épanouit et s’incruste en meme temps de phosphate de chaux , élément de leur solidité, deviennent capables de supporter le poids du corps. Les os qui forment l’enceinte du bassin et de la poitrine se redressent à mesure que s’effacent les inclinaisons vicieuses de la colonne, à laquelle ils sont comme attachés, et dont ils suivent en quelque manière toutes les directions; en sorte qu’au bout d’un laps de temps plus ou moins considérable, mais qui n’est jamais moindre de six à huit mois , une jeune personne se lève parfaitement (2) droite du lit sur lequel elle s’était couchée toute contrefaite.

Pour obtenir de pareils résultats, l’on ajoute au repos et à la situation horizontale , selon nous, moyens principaux du traitement, l’extension continuelle du tronc , opérée par le moyen du plan de sustentation ou du lit sur lequel le malade repose. Des ressorts , des poids à bascule , des vis de rappel en bois ou métalliques , placés vers la tête et vers ies pieds du lit, entraînent la tête et le bassin des malades dans un sens opposé. Pour que

(1) C’est un peu exagéré et pas assez généralement exact , du

moins d’après notre observation , et les renseignemcns que. nous avons pris à ce sujet. ( Note du Rédacteur. )

(2) L’observation ne nous a pas encore montré de rectification

■ parfaite ; même après un traitement beaucoup plus long. ( iSote du Rédacteur. ) V

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celte aclion extensive s’exerce sans inconvénient , elle doit être repartie sur de larges surfaces et discontinuée par intervalles. Pour cela tantôt la tête est coiffée d’une sorte de casque en cuir, d’autres fois un épais bourrelet embrasse l’occiput et l’os maxillaire inférieur, en manière de collier, tandis qu’une épaisse ceinture agit sur les hanches au moyen desquelles elle entraîne le bassin dans un sens opposé à celui dans lequel la tête est tirée.

Le lecteur concevra sans peine qu’établis d’après ces données générales , les lits mécaniques varient selon le génie (i) particulier du mécanicien auquel en a été confiée la fabrication. Les malades y réstent couchés nuit et jour, satisfaisant sans peine à leurs besoins naturels ait moyen d’une ouverture pratiquée vis à-vis l’endroit sur lequel le siège repose. Un fauteuil mécanique (2) est employé pour asseoir et délasser ainsi par un changement de position , ceux que fatigue la situation horizontale trop long-temps gardée, ou qui touchent au terme du traitement. La guérison (3) en est le résultat toutes les fois que la difformité n’est point excessive et la tendance rachitique trop prononcée. Vivant dans un air pur, usant de toutes les ressources d’un régime analeptique, les malades acquièrent ordinairement de l’embonpoint et de la force, la poitrine se développe , la respiration s’effectue avec plus de facilité, l’habitude du corps se colore , l’écou-

(1) C’est précisément ce qu’il ne faut pas. Un mécanicien ne doit qu exécuter , de manière à ne rien changer au mécanisme. ( Note du Rédacteur. )

(2) Il n’y a encore selon nous., aucun fauteuil en ce genre , qui remplisse l’objet qu’il faut se proposer. ( Note du Rédacteur. )

(3) Nous avons dit ailleurs que la consolidation peut seiile constituer 1 état qu’on doit nommer guérison. Il n’y a pas encore de fait semblable de constaté. Nous prenons l’engagement de publier dans notre Journal le premier qui nous serait communiqué , pourvu qu’il soit authentique.

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lement menstruel s’établit et se régularise. Les os, trop mous pour supporter le poids du corps, se durcissent tandis que 1 elloit permanent s exerce et fait disparaître leurs courbures vicieuses; mais, si ces déviations étaient trop anciennes, trop considérables, ou si la disposition d où dépend le ramollissement des os persiste , après plusieurs mois de repos et de soins assidus , la difformité se reproduit au moment où le tiraillement cesse. Les os n’ayant pas acquis la consistance nécessaire se courbent bientôt sous le poids des organes et par l’action musculaire, les courbures reparaissent; en sorte que c’est surtout dans les déviations commençantes et légères qu’on obtient les résultats les plus avantageux (i). Parvenir constamment au but qu’on se propose , est aussi impossible dans l’emploi des moyens mécaniques propres à remédier aux difformités, que dans l'emploi des autres ressources thérapeutiques , quelque fastueuses que soient les promesses des médecins (2) qui se livrent à ces sortes de curations.

Ici les progrès de l’art sont principalement dus à l’abandon de l’ancienne théorie qui condamnait le repos dans le traitement des difformités du système osseux , et spécialement dans celui des courbures vicieuses de la colonne vertébrale , sous le prétexte spécieux que la maladie provenant de la faiblesse, il ne fallait point augmenter celle-ci par une inaction prolongée. La croix de fer, à laquelle certains orthopédistes proposaient de fixer et d’attacher la tête, le tronc et les épaules , à raison de son poids condamnait les malades à un repos en quelque

(1) Voilà ce qu’il y a de plus avéré. ( Note du Rédacteur.

(2) Nous devons à la vérité de dire qu’aucun de nos Conifères ne s’est confondu jusqu’ici avec les entrepreneurs de guérison de tant de difformités qui , en Angleterre, en Allemagne, en Italie, comme en France , surprennent si impudemment la crédulité publique.

( Note du Red. )

sorte foré • niais en maintenant le corps dans une situation verticale, elle laissait subsister la principale cause

de la déviation , le poids de la tête et des membres continuant d’agir sur uee colonne inhabile à le supporter.

La croix de fer à coulisse effectuait , il est vrai , une sorte d’extension verticale par le jeu des deux pièces dont était formée sa branche montante ; c’est donc principalement dans l’extension horizontale , opérée à la faveur des lits , que consiste le perfectionnement. Cette extension est effectuée tantôt par des ressorts placés aux deux extrémités de la couche , d’autres fois au moyen de bascules placées au-dedans et au-dessous du fond sanglé ; d’autres fois de simples vis de rappel placées au milieu du cadre sur Jequel le malade repose , en éloignant giaduellement les deux moitiés dans le sens de sa longueur. Il en est enfin qui , plus compliqués , réunissent ces cliveis mécanismés; et, l’indication une fois déterminée , chacun peut aisément imaginer plusieurs moyens d y satisfaite : seulement il ne faut pas oublier que les ceintures , colliers , bonnets , et autres pièces appliquées au corps des malades, et sur lesquelles agissent, par des courroies convenablement fixées , les moyens de traction , doivent être appliqués sur de larges surfaces pour n’exercer aucune compression ou constriction que sa continuité rendrait bientôt douloureuse. MM. les docteurs Maisonabe (i), Lafoncl , Mellet , Bricheteau et D’Yvernois à Paris , ainsi que plusieurs autres médecins de la province et de l’étranger , ont fondé sur ces principes des établissemens spéciaux pour le traitement des difformités con-

(i) Je cite en premier ordre M. Maisonabe , parce que ce docteur , agrégé à la Faculté de Médecine de Paris , loin de faire un mystère de ses procédés , a le premier fait , de l’histoire et du Iraile nient des difformités, l’objet d’un enseignement spécial.

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géniales de tout genre , et surtout pour le redressement des colonnes vertébrales dévices et des pieds contournés en dedans ou en dehors , c’est-à-dire , des pieds-bots.

Le traitement de cette dernière espèce de difformité , dont les Latins ont distingué les deux variétés (i) , en appelant vari ceux dont les pieds sont renversés en dedans , tandis cju ils nommaient v&lgi ceux chez qui ces parties sont tournées de maniéré que leur plante regarde en dehors, variété moins commune que la première , et que nous désignons par le nom commun de pieds-bots , le traitement de cette difformité , aussi fréquente au moins que les déviations de la colonne vertébrale, est parfaitement exposé dans un mémoire publié par Scarpaau commencement du siècle , et dont notre savant compatriote , M. le docteur Léveillé , a publié , en i8c>4 , une traduction , avec plusieurs gravures représentant l’appareil pour le redressement des pieds déviés. Des côtés , d’une sorte de plaque ou semelle métallique sur laquelle repose la plante du pied, et qui se recourbe dessus le talon , s élèvent deux montans verticaux dont les extrémités supérieures sont fixées en dehors et en dedans du genou par une épaisse jarretière; des liens et des garnitures rembourrées fixent le pied à la machine sans exercer sur lui une compression fâcheuse. Le pied de l’enfant étant fixé dans l’appareil , l’action élastique des pièces métal-

(i) II y en a quatre. Il n’y en avait ïusqu’ici que trois de. connues ou du moins de décrites. Les deux dont il est ici question , et une troisième, désignée par Scarpa sous le nom de pied équin.

Nous représentons dans ce numéro de notre Journal, planche i, section des Difformités, une quatrième variété , qui offre la pointe du pied droit tournée en haut. Cette figure est dessinée d après nature. Nous conservons dans notre Cabinet ce pied tenant à une ïambe séparée du corps de d'enfant , mort à l’hôpital des Enfant, il y a environ un mois.

Jiqucs tend à le ramener à sa direction naturelle ; mais il faut pour cela que dès les premiers temps du traitement , et jusqu’à ce que 'la torsion congéniale soit jusqu’à un certain point corrigée , l’enfant garde le lit , ou du moins ne confie pas le poids de son corps aux pieds malades , sans quoi l’inclinaison vicieuse viendrait à s’accroître par le fait même de ces exercices prématurés. Les paroles ne peuvent donner une idée exacte de la manière d agir d’un semblable appareil ; les gravures même sont insuffisantes, témoin l’un de nos confrères (i) qui , ayant voulu faire exécuter l’appareil par un mécanicien, d après les planches jointes au mémoire de Scarpa , et n’en étant point satisfait , s’adressa à l’auteur lui-même, et reçut d’Italie une machine toute différente de celle qu’il avait lait construire. Toutefois le principe étant bien posé , l’exécution peut être abandonnée au génie du mécanicien. Dans le redressement des déviations des pieds comme dans celui des courbures vicieuses de la colonne vertébrale , c’est toujours à ramener graduellement la partie malade à sa direction naturelle, à l’aide d’une traction douce et long-temps continuée , que le chirurgien aspire , et ce n’est que par un long usage des moyens employés qu’il peut espérer d’y parvenir. Aussi les hommes instruits accueillent avec le sourire de l’incrédulité toutes ces cures merveilleuses dans lesquelles des femmes de vingt-cinq ans , bossues depuis V époque de la puberté , ont été parfaitement redressées au bout de six ou sept mois , par l’effet des lits ou appareils à extension continuée. L’étude attentive du squelette des individus chez lesquels existent ,

(i) C’est nous qui avons fait venir d’Italie l’appareil dont il s’agit. Nous en donnerons la description dans notre prochain numéro , en faisant connaître les modifications dont notre expérience nous a n.ontré la nécessité.

( Note du Red. )

( IIO )

depuis (1) huit ou dix ans, de semblables difformités, présente , dans certaines incurvations latérales, les substances fibro-carlilagineuses intervertébrales épaissies de plusieurs lignes du côté de la convexité de la courbure , tandis que vers la concavité on les trouve amincies au point qu’elles ont complètement disparu et que les corps des vertèbres sont soudés l’un à l’autre. Bien plus , il y en a chez qui la partie postérieure des côtes a contracté adhérence avec les vertèbres. Comment détruire de semblables adhérences sans un extrême danger ? et ce danger sera d’autant plus grand qu’on procédera avec plus de célérité. Lors même que la difformité est moins ancienne et que l’adhérence n’est pas encore commencée, soit entre les corps des vertèbres du côté vers lequel la colonne incline , soit entre ces os et les côtes , combien ne faut-il pas de temps pour ramener les parties à l’état naturel , rendre aux cartilages intervertébraux leur épaisseur du côté aminci , et obtenir l’affaissement de la portion épaissie ! Il faudra , règle générale , plusieurs années pour remédiera ce déplacement qui amis plusieurs années à s’effectuer. On doit donc beaucoup rabattre des promesses des entrepreneurs de cures du genre de celles dont il est question. Ceux qui n’ignorent point que les premiers établissemens en ce genre furent, dans leur principe, des entreprises purement commerciales , réduisent l’application des appareils à extension continuelle appliqués au traitement des déviations des os, aux cas de courbures récentes, peu étendues et existant sur des individus chez lesquels l’accroissement des parties n’est point encore terminé. Toutes ces restrictions ,

(i) Et même depuis beaucoup moins de temps. Nous l’avons observé après un an de déviation , mais seulement à un faible degré

( Note du lied. )

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