III
en effet, sont nécessaires si l’on veut n’être point trompé dans les résultats qu’on se promet de l’emploi des moyens orthopédiques (i).
Explication de la planche 2 ci-contre.
Fig. 1 ,re Cette figure représente la deformation de 1 articulation du genou gauche , chez la petite fille âgée de cinq ans , qui a été présentée à l’Académie , comme on le verra plus loin.
Les points depuis A jusqu’à B marquent la distance du point central du genou jusqu’au sol.
Les points depuis C jusqu’à D montrent la distance qu il y a dans cette difformité , de la malléole interne à la ligne perpendiculaire du genou au sol ; elle est de dix pouces dans la nature.
Les points depuis E jusqu’à F représentent une ligne necessaire pour indiquer le rapport qu’il y a entre l’étendue de l’angle sortant que présente le genou , et celui de son angle rentrant résultant de sa flexion.
Les points depuis G jusqu’à H mesurent cette dernière étendue.
Fig: 2. Elle représente un des deux pieds-bots qu’offrait un enfant naissant, mort peu de jours après sa naissance, à l’hôpital des Enfans. Nous conservons ces deux pieds dans notre cabinet. Ils offrent une variété de pieds-bots dont on n’a aucune connaissance jusqu’ici , Scarpa n’ayant ajouté aux deux variétés connues des anciens , que celle fort rare qui constitue le pied équin.
(0 C’est ce que nous ne cessons de répéter dans nos Cours ; et d expliquer aux personnes qui nous consultent à ce sujet ( Voyez le 1,er numéro de ce Journal , pag. 48 ) , avec cette restriction toutefois que des tentatives de redressement peuvent être faites hors de certaines de ces conditions , même avec espoir de succès , tant que la colonne vertébrale cède sans douleur aux mouvemens d’extension pratiqués suivant notre méthode ; car alors nous ne voyons paspourquoi on ne finirait pas par obtenir une rectification plus ou moins considérable , et même avec le temps une consolidation. Nous exposerons ailleurs les considérations sur lesquels nous nous fondons 1 clativement à cette assertion. (Noie du lied. )
C° nsidèràtions générales sur les vices de conformation dépendant d un simple état de faiblesse inhérent aux ligamens des articulations ; suivies d’.un exemple de ce genre de difformité observé sur une petite fille entrée dans notre établissement, pour y être traitée , et présentée à l’Académie dans sa séance générale du icr. du mois de novembre, où elle a nommé MM. Abraham, Moreau et Serres, commissaires , pour constater l’état de celle difformité , observer les effets du traitement que nous lui opposons, et lui en rendre compte.
La plupart des déviations de la tête parmi lesquelles se trouve le torticolis ; l’extrême facilité chez certains individus de la luxation de la mâchoire inférieure ; la déviation latérale droite de la colonne vertébrale , la plus fréquente de celles qui en altèrent la forme; les déviations du bassin et notamment la projection en arrière de cet appareil osseux; la faiblesse de l’articulation delà hanche, du genou , celle du pied avec la jambe , et plusieurs de celles des membres supérieurs ; ne sont dues qu’à de simples étais de faiblesse de leurs ligamens , sans que les os ou les cartilages qui en recouvrent les surfaces articulaires offrent la moindre lésion ou altération morbide.
Ce genre de difformités a cependant été généralement attribué jusqu’ici. aux diathèses scrophuleuses , aux affections rachitiques. Aussi ne doit-on pas être étonné que sous l’influence des traitemens spécialement opposés a ces causes, on n’ait obtenu que si peu de succès même dans les cas de déformations commençantes, et point dtt tout dans celles qui sont parvenues à pn degré considérable.
Traiter ici dans toute son éLendue la très-importante question , l’une des deux ou trois premières , si même elle
n’est la première de toutes en médecine , savoir si nous avons réellement le pouvoir, a la faveui de medicamens introduits dans l’intérieur du corps , par quelle voie que ce soit, de fortifier nommément tel ou tel autre organe (l’appareil digestif seul excepté) dans lequel nous reconnaissons un état de faiblesse , le degré de forcé dont il jouit étant comparé à celui des autres parties du corps; traiter ici , disons nous , dans toute son étendue , une tellè question pourrait paraître, sinon un hors d œuvre, du moins une digression d’autant plus déplacée que ce qui en ferait l’objet , vaut bien la peine qu’on s’en occupe en exécution d’un dessein arrêté , et un temps convenable étant donné pour discuter , tout ce qui est prétendu sur ce point , ou plutôt tout ce qui est si généralement tenu pour certain , bien que , nous ne craignons point de l’avancer , il n’y ait rien de plus hypothétique , rien de moins prouvé et rien de moins probable ainsi que l’expérience et l’observation le prouvent tous les jours, à tout praticien qui s’en rapporte bien plus à ce qu’il voit qu’à ce qui est écrit, et reproduit à tout propos , sous toutes les formes.
Toutefois comme tout se tient ou se lie dans les applications que la médecine en général fait de ses moyens d’agir sur les facultés, ouïes forces invisibles dont se compose la vie , ou sur les forces sensibles à nos sens, qui résultent de la texture de nos organes, de la nature, de la proportion et de l’arrangement des élémens dont ils se composent, pourquoi nous abstiendrions- nous absolument de rechercher ici, au sujet de l’état de faiblesse des Ugamens destinés à assurer la solidité de l’ensemble des pièces fondamentales dont se compose la machine humaine , s il convient aussi généralement qu’on le prétend d administrer des médicamens internes dans la vue de
fortifier ?
Qut ci une telle recherche ne peut être ici même tout-
à-fait déplacée ; que si d’ailleurs elle peut appeller l’attention des médecins sur d’autres points de pratique analogues , examinons ce qui se conseille et ce qui se met en usage dans les déviations des membres résultant d’un simple état de faiblesse de leurs moyens d’union.
Cet examen ne saurait être difficile ; ouvrez tous les traités généraux ou spéciaux de médecine ou de chirurgie ; voyez ce qui se pratique dans les cas de difformité qui nous occupent; dans ces cas toutefois les plus simples, où chez l’enfant qui en est affecté , toutes les fonctions s’exécutent on ne peut plus régulièrement et selon le but final de la nature ; où son corps croît et se nourrit dans toutes ses parties, seules exceptées, celles qui sont reconnues atteintes de faiblesse.
Qu’est-il conseillé , qu’est il pratiqué , cependant dans tous ces cas ? L’usage d’alimens très-nourrissans , très-réparans; un exercice actif en plein air; des frictions; l’exposition tantôt à un froid sec, d’autrefois à un soleil ardent; et pour remède du quinquina sous toutes les formes , .clés toniques, en un mot, de toute espèce.
Mais quels effets obtient-on donc de tous ces moyens ? Jamais aucun , dans une simple déviation de membre dont une articulation offre ce fait de faiblesse constitutionnelle de ses ligamens; et il n’en peut être autrement : en efiet dans l’état actuel de la science, nous nous entendons bien sur ce que nous appelions des forces vitales , un médecin ne peut contester qu’une influence quelconque ne soit exercée sur ces forces par des médicamens ou l’action des corps au milieu desquels nous vivons ; l’exercice , etc. Sur ce point encore l’expérience et la simple observation nous instruisent.
Mais prétendre comme on ne cesse de le faire, qu il est dans la puissance de l’art de constituer en force ce qui est constitué de manière à être faible, ce n’est pas seulement vouloir faire de la médecine c’est. prétendre créer et c est
précisément ce qu’on lente, sans s’en rendre raison, dans le cas dont il s’agit, où ne mettant pas seulement en question si la faiblesse des ligamens qui est cause immédiate d’une déformation d’articulation , provient, ou d’un défaut d’énergie vitale, ou d’un défaut de force matérielle.
Quant à nous, non-seulement nous noussommes fait cette question, mais encore nous l’avons étudiée , les sujets qui en font l’objet étant sous nos yeux, pouvant être saisis par nos mains , et être soumis en un mot à toutes les investigations que la physique expérimentale met en notre pouvoir.
Et c’est ainsi qu’après avoir souvent comparé dans les divers âges, les rapports des propriétés physiques des différentes parties du corps dans le même individu, nous nous sommes convaincu que c’est dans la prédominance matérielle et non pas seulement vitale , comme on l’a avancé sans démonstration et sans preuve, que réside cette manière d’être , prédominante dans l’ensemble des fonctions de la vie qu’on nomme tempérament.
Cette comparaison que nous avons faite entre les divers Systèmes, Ou appareils de fonctions, d’autres l’ont faite comme nous, sans doute; mais on s’est borné jusqu’ici à comparer certains systèmes , certains appareils de fonctions entr’eux, et seulement ceux de ces systèmes ou appareils , chargés des principales fonctions de la vie , telles que la circulation , la respiration , la digestion , etc. ; c’est bien en effet principalement de la bonne constitution de ces appareils , de leurs proportions assorties entr’eux que dépend la santé , résultat de l’accomplissement des fonctions qui leur sont dévolues ; mais si la santé dépend, avant tout, de cet accomplissement de fonctions, il doit en être de meme de toutes les fonctions dévolues à tant d’autres parties qui ont des destinations propres , encore fort importantes, et dont les besoins pour lesquels elles ont été faites, ne peuvent être satisfaits qu’autant que, comme
dans les appareils dont nous venons de parler, tout ce qui est de leur constitution physique , se présente tel qu’il doit être pour qu’on puisse y reconnaître les diverses conditions d’une organisation régulière , douée d’une force de tissu convenable.
Ainsi par exemple, la prestesse et l’énergie des fonctions des membres, dépendent de plusieurs conditions de rigueur , parmi lesquelles la solidité des articulations est un des principales.
Ne se peut-il point cependant qu’un état de faiblesse natif , tenant à un vice de constitution physique de leurs ligamens , soit la cause du défaut de solidité qu’on y remarque souvent ?
Et dès-lors ne sommes -nous pas en droit de demander si la cause de cette faiblesse constitutionnelle résultant dp la rareté ou du défaut de répartition régulière des élémens matériels dont ils se composent, est un des sujets de la médecine , et s’il n’est pas impossible que l’art intervienne pour organiser autrement que la nature ne l’a fait ; ou bien , si cette cause de faiblesse est absolument d’une nature toute autre , que nous appelions vitale , et s’il n’est pas possible alors que l’art intervienne avec espoir de la faire cesser.
Le simple énoncé de cette double question, qui n’est point de la théorie , mais bien de la vraie physique expérimentale, et dont la solution constitue un des fondemens delà physiologie les plus solides , nous paraît suffisant pour appeler l’attention sur une des causes, (plus fréquente qu’on ne pourrait le penser peut-être avant d’avoir observé), de déformations des membres de la nature de celle dont nous nous occupons actuellement, et de beaucoup d’autres troubles dans le système des forces en général , dont il ne peut être ici question.
Toutefois loin de nous, de faire à cette cause, une part trop grande parmi celles qui produisent ces mêmes dé-
formations. Les constitutions physiques les mieux établies ne sont point soustraites à l’empire des nombreuses influences qui agissent sur l’économie animale dont quelques-unes nous sont 'probablement bien connues, dont un grand nombre est absolument ignoré, et ce qui est pire , dont un plus grand nombre encore , n’est pour notre intelligence , ainsi que le prouvent les innombrables diversités d’opinions sur leur nature et leurs effets 4 qu’une source inépuisable d’erreurs de la plus funeste conséquence.
Ainsi , nous neproposons seulement que de rechercher ici, avant de prescrire un régime fortifiant, et un traitement dont la base se compose de toniques:
i.° Si l’ensemble de la constitution est réellement détérioré par une faiblesse morbide, auquel participe le système ligamenteux.
2.0 Si seulement ce système est atteint d’une faiblesse qui lui est propre et qui ne s’étend à aucun autre.