‹ Orthopédie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 35 · V . est âgée de 5 ans. Elle est née de parens sains et · texte numérisé non relu

V . est âgée de 5 ans. Elle est née de parens sains et

jeunes, dont les ascendans , ni les collatéraux dans la ligne la plus rapprochée, n’ont été affectés de rachitis, m de scrofules. Elle a deux frères parfaitemens sains. Confiée à une nourrice étrangère , qui parut jouir d’une d’une bonne santé, mais qui devint enceinte deux mois après l’avoiy reçue, elle a sucé peu de bon lait.

Vers la fin de sa première année , une éruption , dont la nature n’a pas été déterminée , s’est manifestée sur plusieurs points de la surface de son corps , et à la même époque , est survenu un abcès à une des glandes sousmaxillaires.

C’est dès l’âge de i3 mois qu’on s’est aperçu d’un commencement de déviation de la jambe gauche, qui n’a fait les plus grands progrès que pendant ces derniers 1 8 mois, c’est-à-dire depuis qu’elle marche.

Depuis l’âge d’un an , les médecins, qui l’ont soignée, ont observé un état habituel de fièvre lente avec toux et diarrhée. Elle a usé de peu de remèdes. Son appétit, ses digestions, son sommeil, son embonpoint, ne laissent

rien à désirer actuellement. On n aperçoit cjue quelques restes d’engorgement des glandes.

Sa nourriture se compose de viandes de boucherie , de volaille, de végétaux, et de café au lait une fois par jour; sa boisson de trois parties d’eau et d’une de vin. Elle occupe une place dans un dortoir spacieux, convenablement chauffé. L’appareil appliqué à sa jambe ne lui permet pas de marcher. Elle est cependant exposée à l’air extérieur de temps en temps, avec les précautions nécessitées par l’intempérie de la saison.

Sa difformité consiste en ce qui suit :

Elle s’est opérée à la jambe gauche de manière à faire décrire au genou un angle rentrant vers la ligne médiane du corps. ,

La rotule s’est peu déplacée , mais elle affecte une direction oblique.

En dedans , l’articulation du fémur avec le tibia présente un vide , résultant de l’écartement des surfaces articulaires de ces deux os.

En dehors , les surfaces articulaires de ce côté sont au contraire aussi rapprochées qu’il soit possible.

Le tendon du triceps paraît accourci , et fortement contracté près de son attache au péroné.

Cet enfant (i) , dans la station bipède vu de face , présente dans la direction du tronc , qui a perdu sa base régulière de sustentation , toutes les conséquences des changemens qui sont survenus dans la direction de la face vertébrale du sacrum ; l’épine supérieure antérieure de l’iléon gauche se voit sur un plan inférieur à celui de l’épine du ïneme nom , de l’iléon droit. Le ventre se porte à gauche ; la poitrine se dirige vers le côté droit, et enfin, les vertèbres cervicales affectent une direction qui tend à

(i) Nous offrirons la figure de son corps entier dans notre prochain Numéro.

présenter l’atlas dans une situation presque horizontale, pour recevoir les condyles de l’occipital.

Ces diverses déviations du tronc, vues en devant, ne sont, comme on peut sel’imaginer , que des déplacerions communément observés, et dont le mécanisme ne présente rien d’extraordinaire en ce cas.

Mais ce qui doit paraître a notre avis digne de remarque, c’est la conformation de la cuisse droite, l’état des ligamens des articulations femoro-iliaque , lémoro-tibiale et tibio-tarsienne du même côté.

En effet, c est dans le concours de ces parties, qui semblent s entendre pour rendre moins nuisible la déformation du genou gauche , que nous appelons l’attention des physiologistes.

D’abord, le fémur est convexe de dedans en dehors. Les ligamens de l’articulation iléo-féraorale se montrent sensiblement distendus, et il en est de même des ligamens de l’articulation du genou, du côté externe de celte articulation. Le même changement d’état s’observe sur le ligament latéral externe de l’articulation du pied avec la jambe et le tendon du long péronier.

Or , voici ce qui résulte de ces dispositions anatomiques, toutes irrégulières , nous ne voulons parler que de celles de tout le membre inférieur droit. C’est toujours vers son côté externe que les ligamens de ses trois articulations se présentent distendus, et c’est exactement l’inverse dansle membre inférieure gauche.

Par la nature de la défoi'mation de ce dernier , le bord interne du pied est posé sur le sol , à environ cinq pouces à gauche , du centre naturel ou normal de la base de sustentation. Cependant l’enfant marche, et son corps se soutient dans la direction verticale , au moyen des diverses inflexions du tronc , qui établissent les contre poids nécessaires pour que cette attitude puisse s’effectuer.

Mais que s’est-il opéré dans le membre inférieur droit,

de nécessaire pour que la marche, et la station bipède puissent encore avoir lieu? Il suffit de voir l’enfant dans ces deux circonstances pour observer que tout ce membre s’est arqué , de manière à présenter le centre de sa concavité à l’angle ou au centre de la convexité que présente sur un point correspondant, le membre gauche primitivement déformé ; c’est à-dire ce genou rentrant en dedans.

Cette courbure en arc a encore fourni un moyen de rapprochement considérable du pied droit vers le gauche ; et enfin , un accourcissement du membre est devenu d’autant plus nécessaire pour la station et la progression , que l’angle très-rentrant du genou gauche ne s’étant fait qu’en réduisant proportionnellement la longueur mesurée en ligne droite du membre de ce côté , il en résultait une très-grande disproportion entre sa longueur et celle du membre droit , demeuré bien conformé.

Nous croyons pouvoir nous dispenser de décrire les directions qu’affectent chez cet enfant les diverses parties de toute la face postérieure du tronc ; elles sont toutes des conséquences de celles que nous venons de remarquer à sa face antérieure, et nous passons de suite aiix réflexions ou conclusions suivantes.

C’est un an après sa naissance que la seule déviation de la jambe gauche de cet enfant a été observée ; elle n’a fait des progrès sensibles que de l’âge de trois ans et demi à celui de cinq, qu’il a actuellement, c’est-à-dire depuis qu’il a commencé à marcher.

Depuis q u il a commencé d’exécuter cette fonction , toutes les autres déformations se sont successivement opérées, dans le même temps toutefois où sa santé s’est améliorée , où sa constitution est devenue plus forte.

Que devons-nous penser d’abord de la cause de la première déformation? Elle a coïncidé avec un étatgénéial morbide, caractérisé par une fièvre continue , la diarrhée, 1 engorgement des glandes sous-maxillaires, et des

abcès qui s’y sont formés. Nous rie pensons pas qu’on puisse nier l’influence d’une telle coïncidence sur la production de cette première déformation, et on sera probablement généralement de notre avis.

Mais où prendrons-nous des données aussi probables , pour la reconnaissance des causes des déformations survenues plus de deux ans après celles-ci, au moment même où la santé de l’enfant s’est notablement améliorée , comme le prouvent la cessation de la fièvre et de la diarrhée, la disparution des engorgemens ou du moins, des abcès des glandes , car on trouve encore des restes d’engorgement en ces organes ?

Il nous semble que pour être conséquens , de même que nous n’avons pas hésité à reconnaître linfluence de la maladie du système lymphatique, sur la production de la première difformité , lorsque leur existence se manifestait par les symptômes que nous avons rapportés , nous devons conclure autrement , actuellement que les dernières déformations se sont opérées , non avec la coïncidence de ces mêmes symptômes , mais au contraire , avec celle d’un amélioration notable de la santé en général.

Que si , d’autre part , nous considérons les effets mécaniques de la progression que cet enfant a commencé à exécuter vers l’âge de 3 ans et demi , époque à laquelle la première déformation a fait les progrès les plus sensibles ; nous ne pourrons méconnaître son influence sur l’accroissement de cette difformité ; nous pensons encore que notre sentiment sur ce point sera partagé.

En sera-t-il de même de la cause des déformations ultérieures? Les considérera-t-on comme dépendantes de la même maladie qui a produit la première difformité , ou , comme un effet purement mécanique , résultant des efforts qu’a dû faire la nature pour procurer même par de nouveaux désordres dans l’économie , un moyen d accomplissement de deux des plus importantes fonctions, la

station et lamarche; alors, que sans ces désordres l’individu en aurait été évidemment privé, à son plus grand détriment ?

Quant à nous , ne voyant plus la cause de la première déformation ; prenant en considération 1 influence de la marche sur son accroissement ultérieur, et ne pouvant douter que cette dernière fonction n eut cesse de s’accomplir sans les déformations qui sont survenues du côté opposé , comme pour s’accommoder à ses besoins , nous n’aurons en vue, dans le traitement auquel nous allons soumettre cet enfant, que le rétablissement par des moyens mécaniques, de V articulation du genou gauche, ne nous occupant aucunement des déformations survenues après, dans toutes les autres parties clu corps, persuadé que de même qu’elles ne se sont opérées que pour favoriser ou même rendre possibles la station et la marche , devenues difficiles ou impossibles par le fait de celte première déformation , elles se corrigeront d’elles-mêmes pour se prêter naturellement à l’accomplissement de ces fonctions, devenues désormais faciles et d’une exécution régulière.

Ainsi donc, d’après notre manière de voir, en rétablissant la conformation régulière du membre inférieur gauche , nous rendrons inutile à la station et à la marche la déformation du membre opposé et celle de la colonne vertébrale; ces parties étant forcées à l’avenir de tendre à la direction verticale, sans inflexion, pour suivre la nouvelle impulsion donnée à la direction du tronc, par le rétablissement de sa base de sustentation.

Au surplus , nous l’avons déjà annoncé au commencement de cet article : ce sujet d’observation intéressant sous les rapports les plus importans de la thérapeutique et de la physiologie , sera à la disposition de la Commission nommée par l’Académie. La science et notre jeune infirme ne pourront que tirer profit d’une si favorable

conjoncture , par suite de la disposition où nous sommes en général , de substituer à tout système de traitement , produit de notre conception , le premier qui nous paraît meilleur , d’où qu’en vienne le conseil , à plus forte raison lorsqu’il peut nous venir d’hommes aussi éclairés que MM. les membres de cette Commission.

Relation sommaire de soixante -huit cas de medadie ou de simple déformation de la colonne vertébrale, pour lesquels nos soins ou nos conseils ont été réclamés depuis le i.cr janvier présente année jusqu’à ce jour.

Sur les soixante-huit cas que nous allons faire connaître avec plus ou moins de détail , nous en avons observé six chez des femmes; quarante-six chez des personnes du même sexe non mariées , et seize chez des individus du sexe masculin.

La première des six femmes , âgée de 23 ans et mariée depuis quatre , afaitdeux fausses-couches, et est ensuite accouchée à terme. Née deparens jeunesetd’unebonne santé habituelle, elle n’a jamais éprouvé elle-même la moindre maladie. Cependant d’une constitution faible et d’une haute stature (5 pieds 2 pouces), sa taille, régulière avant son mariage, s’est déformée pendant sa dernière grossesse , de telle sorte que la région lombaire a présenté en peu de temps .une courbure très-prononcée d’arrière en avant. L’équilibre dans la station bipède et la progression , en sont devenues si difficiles , que deux fois en cinq jours elle est tombée sur le dos.

Consulté à ce sujet le 4 janvier, nous lui avons con-, seillé de sevrer son enfant; de s’abstenir absolument de toute autre attitude que celle qui consiste à demeurer couché sur le dos et sur un plan horizontal; desedésha-

bituer peu- à-peu des lits de plume , et de leur substituer une paillasse offrant un plan unret ferme , d’abord sans l’oreiller habitué , et peu après sans traversin.

Nous avons dit qp’à la faveur d’une alimentation bien ordonnée et de frictions sèches sur la région lombaire , on pourrait espérer d’obtenir plus ou moins prochainement le rétablissement des forces générales, et par suite probablement en partie , larectiûcation de la colonne vertébrale.

La malade n’a pu garder d’abord qu’une heure de suite la position conseillée, pendant les premiers huit jours ; nous lui avons proposé alors de l’alterner avec celle qui consiste à se coucher. sur le ventre , plaçant dessous un ou deux oreillers de duvet , et plus tard de laine neuve. Cette dernière position a été la moins incommode et la plus supportée, bien qu’elle soit gênante , à cause de la tête qu’il faut tourner à droite ou à gauche. La malade a dormi cependant plusieurs heures dans cette attitude ; elle a dormi bientôt dans celle sur le dos.

Ayant essayé de se tenir seule , debout , un mois après r ses reins ont fléchi avec douleur et par un prompt mouvement , au point que les femmes de service qui l’entouraient ont cru entendre un craquement et craint la rupture de quelque organe ; la malade est tombée évanouie sur sa garde, qui n’a osé bouger de place; on a appelé du secours, et revenue à elle-même on l’a replacée sur son lit, le ventre portant sur l’oreiller de laine. Une heure

après , elle a essayé de se placer sur le dos , et cet essai a provoqué une nouvelle douleur , beaucoup moindre , à la vente , que celle qu’elle venait de ressentir.

Rendu chez la malade, trois heures après le premier accident qui a excité vivement notre attention , il ne nous 4 , u nen moins q«’un examen de la colonne vertébrale

plusieurs fois réiléré , et la preuve que nous avons eue de intégrité des fonctions maintenue dans les organes si-

tués au-dessous du point de la douleur , pour nous rassurer contre la crainte que nous avons eue d’abord d’u£ écartement considérable des corps de quelques vertèbres lombaires. La malade ne pouvant plus supporter la position sur le ventre , nous l’avons placée nous-mêmes sans secousse sur le dos , et dans cette nouvelle situation elle a fait un léger repas et s’est endormie.

L’état précédent s’est rétabli , et la malade ayant passé six heures assez bien, s’est encore endormie , et a passé une bonne nuit.

Le lendemain elle estdemeurée presque toujours étendue sur le dos , sur un fond rembourré très-ferme que nous avons fait substituer à la paillasse. On a dû toutefois , pour que cette position fût supportable , passer sous les reins des coussins de crin dont l’épaisseur remplît l’intervalle que l’on trouvait entre le fond rembourré et le centre de la concavité résultant de la cambrure du bas de la taille. Nous avons fait réduire graduellement l’épaisseur de ces coussins qui sont devenus tout-à-fait inutiles environ deux mois après.

Le iBmai, désirant apprécier le degré de force des reins, nous avons fait attacher deux cordons au pied du lit par une de leurs extrémités , pour en faire saisir les extrémités opposées , à la malade, au moyen de deux poignées en bois. Les premiers essais se sont faits avec succès, la malade slest livrée plusieurs fois le jour à cet exercice , avec grande satisfaction , et quatre jours après nous avons jugé à propos de la faire lever devant nous, pour essayer d’abord de la faire tenir debout , appuyée sur deux pei sonnes , et ensuite de la faire marcher; mais à peine son corps est-il parvenu à la position verlicale , qu’elle s est plainte que la tête lui tournait, assurant toutefois qu elle n’éprouvait point de douleur, mais seulement de la laihlcsse aux reins. On l’a remise aussitôt au lit, ou elle de

meurait assise pendant le jour : nous l’avons fait lever trois jours après pour réitérer nos essais.

Pour cette fois non-seulement elle ne s’est point évanouie , mais elle a pu encore se soutenir à l’aide d’une seule personne, et faire le tour de sa chambre fort grande. Nous avons examiné alors sa taille , et nous nous sommes convaincu qu’elle était toujours fort cambrée. Les assistai paraissaient trouver qn’elle l’était moins , mais c’était évidemment une erreur qui venait de leur part, de ce que cetle jeune dame ayant pris un embonpoint remarquable depuis trois mois, sa difformité était devenue moins sensible.

Nous avons conseillé encore la station au lit et l’usage des frictions sèches de haut en bas sur les muscles de chaque côté des apophyses épineuses du rachis. La malade est devenue assez promptement ferme sur ses jambes, mais la cambrure demeure si prononcée , que si elle ne s’observait continuellement, elle perdrait son équilibre et tomberait infailliblement.

On nous a demandé si nous approuverions l’emploi du moxa , et nous avons répondu négativement ; notre expérience nous ayant prouvé l’absolue inefficacité de ce moyen dans des cas analogues. Nous avons proposé d’autres moyens et 1 usage d’une ceinture dont nous avons déterminé la forme. Nous dirons plus tard ce que ce cas de difformité offrira d’intéressant.

La deuxième est âgée de 22 ans , issue d’un père âgé de 0, poitant les marques de dépôts abcédés dans son enfance autour du col, et cependant bien portant depuis 1 âge de 20 ans; sa mère est âgée de'44 ans et a toujours 3°ui de la santé la plus florissante.

Cette jeune femme a eu deux sœurs qui ont succombé a une phtysie évidemment scrophuleuse. Elle-même aux approches de la puberté éprouva des douleurs vives à la P nne , mai.» la menstruation s’étant régulièrement éta-

blie , son corps a pris un tel développement qu’elle est devenue très-belle femme. Elle a la peau brune comme sa mère, de la constitution et du tempérament de laquelle elle tient beaucoup , tandis que les sœurs quelle a perdues ressemblaient beaucoup sous ces deux rapports à leur père.

Vers le troisième mois de sa première grossesse, cette jeune femme a essuyé une maladie de langueur qu’un concours d’affections morales paraît avoir déterminée ; la taille s’est déformée alors et il s’est opéré une légère déviation latérale droite.

Cette déviation, loin de se prononcer davantage, s’est presque effacée ; mais une courbure considérable au bas de la colonne vertébrale lui a succédé vers la fin de la gestation. L’accouchement a été heureux; mais le rétablissement lent. Elle n’a pu se lever que deux mois après.

La courbure , quoique devenue moins sensible qu’elle ne devait le paraître vers la fin de sa grossesse , a rendu J la marche un peu chancelante pendant quelques semaines ; mais cette fonction s’est toutefois rétablie. La courbure j ayant presque disparu , la déviation latérale droite a com- j mencé à faire des progrès , peu avancés encore.

Nous nous sommes borné à peu près jusqu’ici à observer.

La troisième est âgée de 18 ans, issue d un père qui a été rachitique dans son bas âge , mais jouissant depuis I d’une bonne santé , et d une mère d’une faible constitu- j tion , quoique saine, et n’ayant éprouvé aucune maladie j jusqu’à ce moment, où elle toucheàsa4°-Cann^e'^uP^)- j sique et au moral, elle ressemble a son père ; elle a deux I frères d’une constitution semblable a celle de sa mèic.

Cette jeune femme, mariée depuis i5 mois, n est pas j devenue enceinte. Le jour meme de ses noces, ede épiou\a j une extinction de voix subite après avoir bu un vene de j limonade très-fraîche. Un violent irisson , une fièue liés I

intense survinrent presqu’aussitôt ; deux saignées , des bains chauds calmèrent ces accidens ; à l’extinction de voix succéda une voix rauque, qui est demeurée telle. La respiration est devenue gênée, et, depuis six mois, sa taille se dévie vers l’épaule droite . De ce côté de la poitrine , elle éprouve une douleur que plusieurs applications de sangsues, ni deux saignées, etc., n’ont pu guérir. Elle tousse et n’est plus réglée depuis cinq mois.

Consulté sur cette question , doit-on la soumettre actuellement à l’extension horizontale de la colonne vertébrale pour corriger la déviation déjà existante et en prévenir lesprogrès?nous avons répondu négativement à son grand déplaisir; et contre le gré de son mari et de ses parens, elle voulu essayer de ce moyen , à l’emploi duquel nous sommes demeuré étranger; on nous a assuré toutefois qu’elle n’en éprouve aucune agravaiiôn à l’état de sa poitrine depuis deux mois qu’elle en use, ce qui nous fait présumer qu’il ne s’opère pas d’extension.

La quatrième est âgée de ans , née de père et de mère foi ts et robustes , tous deux d’un tempérament éminemment sanguin , qui est aussi le sien. Le père a eu huit frères ou sœurs qui ont presque tous péri avant l’âge de i5 ans et la moitié avant celui de sept. Plusieurs avaient eu des glandes engorgées et abcédées.

Cette jeune dame, mariée dès l’âge de 20 ans, est accouchée il y a six mois pour la troisième fois. Son premier enfant , né au terme de 7 mois , ne vécut que six semaines. Elle essaya de le nourrir; mais un érysipèle qui lui vint à la face la força à y renoncer au bout d’un mois. Après celte pi emière couche, sa femme-de-chambre crut voir que sa taille se déformait; elle en parla à sa mère qui en tut fort affectée jusqu’à ce que son médecin lui eût assuré que beaucoup de femmes n’ayant pas la taille même si Jien confoimée que celle de sa fille, n’y faisaient avec raison aucune attention.

Une seconde grossesse survint et arriva au terme de 9 «3 mois. L’accouchement et ses suites furent sans accident, j La taille, souvent examinée, ne présentait rien quiannon- f çât une déformation. La mère nourrit son enfant, qui prit un bel accroissement; mais l’accomplissement de ce devoir altéra profondément sa santé. Elle devint malheureusement enceinte neuf à dix mois après, et le quatrième mois de celte grossesse , elle fut prise dans tous ses membres de douleurs qu’on jugea de nature dramatique. Tous les muscles fléchisseurs devinrent contractés et demeurèrent tels jusqu’à l’époque de ses couches, qui se firent heureusement, Le rétablissement meme en fut assez prompt. La contraction des muscles était insensible quinze jours après l’accouchement. Cette jeune dame se leva 17 jours après; mais pour cette fois, sa mère assistant à sa toilette , reconnut elle-même que sa taille se déjetait considérablement à gauche ( genre de déviation rare ).

Nouvel examen de la part du médecin ordinaire , praticien distingué, qui confirma la mère de la jeune dame dans le jugement quelle avait porté sur l’état de la taille de sa fille , et nous fûmes consulté.

Nous ne trouvâmes point celte déviation assez piononcée pour motiver l’emploi de l’ extension de la colonn e vertébrale. Nous voulûmes l’observer encore quelques fois ; à chaque visite que nous fîmes les deux mois suivans , nous nous assurâmes que la déviation ne faisait pas de

progrès. .

La santé générale est devenue parfaite depuis trois mois et demi , et la déformation étant moindre anjourd hui des deux tiers , notre confrère pense comme nous qu un sim pie corset contentif et non redresseur de la taille , qui se montre déjà élancée , est le seul moyen qu’il y ait a opposer à l’imminence de la déviation.

La cinquième est une dame âgée de 2* ans, nee de pa-

rens avancés en âge lorsqu elle fut conçue. Son pere , qu’elle perdit peu de temps après sa naissance , était affecté d’une claudication sur la cause de laquelle nous n’avons pu avoir aucun renseignement. Sa mère n’a jamais joui que d’une faible santé, de fréquentes maladies dans lesquelles un principe scorbutique domine, la tiennent continuellement dans un état languissant.

Mariée dès l’âge de ig ans , la menstruation bien établie à seize, la jeune dame dont il est ici question accoucha à terme un an après de deux jumeaux qui ne vécurent que quelques jours. La sécrétion laiteuse fut très-abopdante etse maintint plus de trois mois; elle diminuait par intervalle et se reproduisait en quelques jours avec la même abondance dès que la nouvelle accouchée se livrait à son appétit ordinaire et à ses exercices à cheval, qui avaient pour elle un grand attrait.

A la suite d’une chute qu’elle fit un jour, versée par un tilburi dont elle conduisait le cheval , la sécrétion laiteuse encore abondante se supprima tout-à-fait en peu de jours, et tout son corps se couvrit d’une éruption qui présentait de larges taches couleur de bile de teinte claire , qui devenaient plus sensibles du 5.c au 7.e jour de leur éruption. Daus leur étendue la peau s’élevait etse crevassait sur plusieurs points , sans qu’aucun fluide s’amassât vers leur centre. Aux crevasses succédaient des suintemens d’une matière glutineuse , et il se formait des croûtes tenaces dont la chute tardive laissait des empreintes sensibles à la peau.

Cependant cette suppression brusque de la sécrétion laiteuse ne parut pas avoir d’autres suites, et la santé de cette jeune dame lut très-bonne dix mois après , avec cette différence toutefois qu’elle ne pouvait plus faire à cheval des courses aussi longues qu’auparavant. Il lui semblait même quelle avait peine à se tenir debout ou à aller à pied sans s’incliner du côté droit.

Redevenue enceinte il y a 12 mois, sa taille d’abord inclinée à droite , s’est considérablement cambrée vers les lombes dans les derniers mois de la grossesse, au point qu’elle a dû s’abstenir de marcher. La grossesse est cependant parvenue à son terme , et l’accouchement naturel a été sans accident.

Mais au lieu de l’abondante sécrétion laiteuse qui avait suivi la précédente , trois jours après les couches tout le corps a été couvert d’une éruption toute semblable à celle qui avait eu lieu à la suite de la chute , et qui ne s’est terminée que dans six semaines.

L’inclinaison de toute la colonne vertébrale formant une courbe dont les extrémités sont dirigées à droite , est devenue plus considérable; c’est dans cet état que nous l’avons vue pour la première fois , éprouvant de vives douleurs tout le long de la colonne vertébrale à droite , avec chaleur, soif et fièvre.

Deux saignées au bras ont é Lé pratiquées dans les trois premiers jours , des bains lièdes de cinq à six heures chacun les jours suivans, des cataplasmes tout le long de la colonne vertébrale , et une traînée de sangsues au nombre de cinquante , deux fois en huit jours, ont amélioré l’état de la malade. Des bains de vapeur ayant depuis un mois été suivis d’une éruption semblable aux précédentes, elle commence à se tenir plus droite.

La 6e, âgée de 28 ans, née de parens qu’elle perdit fort jeune, et sur lesquels elle n’a pas pu fournir aucun renseignement, a joui d’une belle santé jusqu’à l’âge de 4 ans, époque à laquelle elle s’est ressentie des efforts pénibles qui ont précédé la menstruation , fonction qui s’est accomplie énsuile fort irrégulièrement, tant sous le rapport de la quantité de sang évacué à chaque période , que sous celui des intervalles qui en séparent les retours. Le système nerveux prédominant chez elle à un trèshaut degré , une excessive maigreur 1 a exposée continuel-

lement aux divers troubles dont il est susceptible. Des indigestions et de fréquens vomissemens ont clé souvent des suites de cette susceptibilité nerveuse. Elle a été sujette à un tremblement de tête, accru par les vents du midi , sous l’influence desquels la progression est devenue très-incertaine , avec cette circonstance, qui, quoique connue, n’est pas très-commune , et qui consiste en ce que cette dame a pu marcher avec moins de crainte de tomber lorsqu’elle a accéléré le pas , que lorsqu’elle a marché lentement , ou voulu se maintenir dans la station bipède qu elle a été incapable de soutenir un quart d’heure. Mariée à l’âge de 21 ans, elle n’est pas devenue enceinte.

Des bains de mer lui ayant été conseillés , il y a 2 ans , pour prévenir une déviation de la taille imminente , du côté gauche , on leur a attribué la suspension absolue des règles qui survint , et a duré dix-huit mois , suppléée en partie toutefois dans les six derniers, par un flux blanc, un peu sanguinolent , très-abondant , dont ( phénomène remarquable ) l’établissement et la durée ont coïncidé avec une amélioration notable dans les forces générales.

Il y a cinq mois qu’une chaleur vive s’étantfait sen tir depuis l’isthme du gosier jusqu’au diaphragme , la malade n’a pu supporter d’autre position que celle d’une flexion trèsprononcée du côté gauche; la fièvre , une soif continuelle irès-pressante , et des resserremens spasmodiques et convulsifs du diaphragme , n’ont plus laissé un moment de repos à la malade , qui a succombé , dans un des nombreux évanouissemens qui se sont succédés.

Des intérêts de famille , et ce qu’avait offert d’extraordinaire l’état de cette dame , firent désirer l’ouverture du corps, qui présenta à l’entrée du pharynx tous les caractères d’une inflammation très-intense , sans induration , toutefois , ni lésion ulcéreuse. Cette inflammation , circonscrite dans une étendue d’un pouce de diamètre, ne se propageait point vers l’estomac , mais bien directement

vers le cor.ps des vertèbres correspondantes , du milieu desquelles elle se dirigeait vers le côté gauche de la colonne vertébrale, dont elle altérait la portion recouverte par le grand ligament qui lie les corps des ver- ' tèbres entr’eux, depuis la troisième cervicale jusqu a ld quatrième lombaire , vers laquelle son intensité était beaucoup plus prononcée. Un point ulcéreux s’étendait depuis la deuxième, de laquelle le pilier gauche du diaphrame était détaché.

Les traces de 1 inflammation dont nous parlons, étaient si prononcées, que la seule comparaison du côté gauche du grand ligament vertébral, avec son côté droit, suflisart pour bien faire reconnaître cet état pathologique. Ou remarquait en effet une ligne longitudinale vers le milieu du corps des vertèbres , depuis le point de départ de l’inflammation jusqu’à sa terminaison. Cette ligne résultait de la limite de l’inflammation qui n’occupait presque régulièrement que le côté gauche. Elle était surtout fort sensible , et prononcée par une couleur rouge , plus marquée sur chaque pointd’inserlion de ce ligament auxfibrocartilages ou au bord du corps des vertèbres. A cette rougeur se joignait, pour caractériser l’inflammation du grand ligament, son épaisseur plus considérable de ce côté que de l’autre, et des traces d’ulcérations manifestes surtout sur le point d’où le pilier gauche du diaphragme s’était détaché.

Sur les quarante-six personnes du sexe féminin non mariées, il y en a vingt de l’âge de 20 à 45 ans, sur 16 desquelles nous avons déclaré n’y avoir aucune probabilité de succès, non-seulement pour un redressement plus ou moins approchant de la conformation régulière, mais encore pour une amélioration quelconque à leur état; et nous avons ainsi jugé , non parce qu’elles étaient trop âgées, mais parce qu’elles étaient ou trop déformées, ou que les déformations étaient trop anciennes, ou que

l’état général de la santé ne permettait point de pratiquer l’extension, même au plus faible degré, et conséquemment avec le moindre espoir fondé d’un alqngement quelconque.

Sur les quatre restant de ces 20 , il y en a une âgée de 24 ans ; une de 21 ans , et deux de 20 à 21.

La déviation de la taille de la première est au-dessus des médiocres ; elle a commencé vers l’âge de g ans. Elle est du côté droit, la poitrine est déformée dans la même direction , le rebord des fausses côtes est saillant , l’épaule droite très-élevée au-dessus de l’autre; il en est de même de la hanche gauche. Les père, mère, frère et soeurs, et leurs collatéraux , dans la ligne la plus rapprochée , sont très-bien conformés et bien portans. Elle-même n’a jamais encore été malade.

Ces circonstances jointes à une extensibilité de la colonne vertébrale, que nous avons reconnue plus considérable qu’elle ne l’est ordinairèment à cet âge , nous ont déterminé , il y a six mois, à conseiller d’essayer de l’extension d’après notre procédé.

Nous avons pratiqué nous -mêmes cette opération comme il suit:

Pendant les premiers jours, il a fallu $e borner à habituer M.llc*** à la position horizontale, et à l’accoutumer ensuite à la compression inévitable de la ceinture.

L’extension a été pratiquée après ces préliminaires. Opérée seulement par la puissance des poids amenés vers le milieu des bascules, elle était d’abord faible; elle a été augmentée graduellement; mais ce qui agissait d’une manière plus efficace et plus propre à nous faire apprécier la nature. des résistances , le degré de sensibilité, et lalongement que nous obtenions, c’était la pression de notre pied droit sur la bascule du côté de la tête.

Am moyen de cette pression, nous obtenions un alongement d un pouce à 18 lignes, nous arrêtant toujours

avant d’éprouver une résistance qui nous empêchât d’en obtenir un plus considérable , et abandonnant alors la colonne vertébrale à la réaction de ses ligamens, jusqu’à ce que l’alongement ne fût plus que d’environ six lignes. C’était à ce degré de tension que les poids la maintenaient.

Nous ne devons pas entrer ici dans des plus longs détails sur notre procédé , attendu qu’il se trouve décrit dans la seconde partie de ce N.°; il nous suffira donc de dire que ces manœuvres sont continuées, depuis six mois, deux fois par jour sans l’administration d’aucun remède interne, que chez cette jeune personne rien n’indique; sans l’usage de bains de vapeur, et avec un régime qui se compose pour la table de viandes de boucherie , de légumes, de fruits, et pour boisson d’eau pure; M.lle***, n’ayant jamais bu habituellement du vin.

Un des effets de l’extension qui fixe le plus notre attention , c’est la sensation qu’en éprouvent les personnes qui y sont soumises. Cette sensation n’est pas la même chez toutes, comme nous le dirons plus loin. Chez M.lle ***, elle se fait ressentir au milieu du dos et vers les reins, c’est-à-dire sur les points de la colonne vertébrale, où sa déviation est le plus prononcée, jamais elle ne s’est plainte de son action sur le col.

Jusqu’ici M.l,e *** a joui de sa santé ordinaire , qui est bonne; elle a éprouvé seulement ces jours derniers un léger embarras gastrique, qui a cédé à 1 abstinence d alimens solides , et à une simple tisane.

Quels sont dans ce moment les effets du traitement?

i.° L’élévation de la hanche gauche est moindre de deux à trois pouces, ce qui la rapproche beaucoup du niveau de l’autre.

2.0 L’élévation du bord des fausses côtes, auparavant très-saillante du côté gauche de la poitrine sur le devant , est réduite de moitié.

3.° L’enfoncement de tout le côté gauche de la poitrine est tellement diminué que la peau qui y formait plusieurs plis f y est actuellement tendue et unie, ce qui résulte nécessairement du redressement du tronc et de la meilleure situation de la hanche gauche.

Ce sont là les seules améliorations obtenues jusqu a ce jour; et nous devons dire que ce sont celles qu’on obtient le plus ordinairement et le plus promptement. Mais la plus difficile à obtenir, c’est celle dont l’efletse ferait remarquer par l’applatissement de l’épaule droite, qui ne peut résulter que du redressement de la partie de la colonne vertébrale , dont la déviation la projette en dehors et en haut, et c’est sur ce point qu’il y a le plus à faire.

La continuation du traitement produira-t-elle cet effet? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas plus répondre affirmativement que négativement; attendu que l’extension n’a produit jusqu’ici qu’un redressement du tronc en masse; c’est-à-dire qu’elle n’a agi que sur l’ensemble des courbures de la colonne vertébrale , et que si elle a eu un effet aussi prononcé que nous l’avons dit sur la hanche , et par suite sur le côté gauche de la poitrine , c’est parce que la déviation de la colonne vertébrale , vers le bassin, n’a été que consécuiive à celle de l’épaule, qu’elle est survenue beaucoup plus tard que cette dernière; qu’elle ne décrivait pas une courbe aussi prononcée; mais surtout parce qu’il n’y a jamais dans les vertèbres lombaires, ni dans leurs ligamens fil^ro-cartilages , une déformation aussi prononcée que dans celles des vertèbres cervicales et dorsales, et les ligamens du même nom qui les unissent.

Dans cet état des choses, l’extension de la colonne vertébrale nous paraissant devoir épuiser tout ce qu’elle offre d extensibilité , considérée dans son ensemble , nous la continuons , et nous conseillerons qu’on la continue , *+* étant rendue au sein de sa famille , tant qu’on

ne sera pas arrêté par cette résistance fixe , qu’on ne tente jamais de surmonter qu’en provoquantdes douleurs vives sur les points où elles se font sentir , et qu’il devient dangereux de persister à tenter. '

Jusqu’ici toutefois nous n’avons pas encore éprouvé une résistance de cette nature , et aujourd’hui même que nous terminons la rédaction de cet article, MM. Abraham et Serres , nommés commissaires par l’Académie , pour constater l’état de la petite Y..... , ont été témoins dans notre établissement, de la manière dont nous avons exercé , comme à l’ordinaire, nos mouvemens d’extension sur la colonne vertébrale de la jeune personne dont il s’agit.

Ces Messieurs ont vu qu’à la faveur du mécanisme bien simple de notre lit , dont les forces sont soumises à notre volonté pendant nos opérations, nous produisions, avec une extrême facilité , des extensions successives d’où résultait au même instant un alongement de l’épine d’environ un pouce et demi , sans causer d’autre sensation que celle d’une tension au côté gauche et tout le long du dos.

MM. les docteurs Abraham et Serres nous avaient vu un moment auparavant procéder de même sur une jeune personne âgée de i5 ans, dont la déviation de l’épine est moins considérable , et jouit d’ailleurs de beaucoup plus d’extensibilité ; et ils avaient remarqué que chez celle-ci la nature et le siège de la sensation étaient différens , en ce que d’abord l’extension donnait lieu à des sensations assez vives vers les membres inférieurs, et en faisait éprouver de semblables qui se dirigeraient de bas en haut dans toute l’étendue de la colonne vertébrale.

A côté de ces deux jeunes personnes , ces Messieurs en ont vu une troisième âgée de près de douze ans , dont l’épine est douée d’un degré d’ ex-tensibilitc encore beaucoup plus considérable que celle de la jeune personne de

quinze ans dont nous venons de parler. Chez celle-ci , en posant les bouts des doigts sur les apophyses épineuses de la colonne vertébrale , ils ont; senti leur écartement opéré à volonté et à divers degrés, au point de produire un alongement de près de deux ponces , sans causer aucune douleur, et ils se sont bien assurés que de ce degré d’alongement résultait une rectification telle , que l’épine se plaçait sur la ligne médiane du dos.

( La suite à notre prochain Numéro. )

Réfutation d’opinions contre l’extension horizontale de la colonne veiiébrale, dans les cas de sa déviation.

On trouve dans le numéro du mois d’août dernier, des Archives générales de médecine , pag. 5qi , un article qui a pour titre : de la courbure accidentelle de la colonne vertébrale chez les jeunes filles , et de l insuffisance ou des dangers des lits mécaniques a extension continuée , employée pour son redressement , par C. Lachai se , D. M. P.

Dansle numéro du mois de septembre de cemême journal, nous avons inséré la réfutation succincte des opinions émises dans cet article , en annonçant que nous lui donnerions un plus grand développement dans le plus prochain numéro du nôtre ; c’est ce que nous allons faire. Qu’il nous soit permis toutefois auparavant de reproduire ici cette réfutation telle qu’elle a été insérée dans le journal précité.

Observations sur des opinions émises dans le cahier du mois d’août 1825, des Archives générales de Médecine , page 5oi , sur la courbure accidentelle de la colonne vertébrale chez les jeunes filles , sur l’insuffisance et le danger des lits mécaniques destinés à employer l’extension de la colonne vertébrale.

“ ®ans 1 intérêt de la science , nous jugeons conve-

nable de réfuter ici très-succinctement les opinions émises dans l’article indiqué par le titre ci-dessus , nous proposant de le faire en entrant dans plus de détails , dans le prochain Numéro de notre Journal.

» Nous dirons toutefois auparavant, que l’auteur de cet arLicle a singulièrement blessé les convenances , par ce qu’il a dit dans les pages 5o2 , et depuis la cinquième ligne jusqu’à la dernière de la page 52 1 et autres ; cette simple observation sera , quant à ce , toute notre réponse.

» C’est dans la page 5og , premier alinéa , que se trouve la conclusion de sa dissertation , sur les courbures de la colonne vertébrale; on y voit bien clairement, bien | positivement déclaré que, quels que soient les moyens qu’on doive leur opposer avec espoir de succès , ils ne doivent avoir qu’un seul kut, celui de rétablir V équilibre détruit entre les forces musculaù'ts antagonistes dont la colonne vertébrale est destinée à supporter l’action.

» A de telles assertions, nous objectons, i.°que l’examen des parties dont le changement d’état, de forme et de situation , constitue une courbure de la colonne verté- i braie , prouve que ce n’est pas des forces musculaires qu’il faut s’occuper d’abord; mais bien , avant tout , du rétablissement de l’état , des formes et des situations des organes en lesquels réside actuellement le mécanisme de cette courbure.

2.*» Qu’attendu que , lors même qu’on aurait le moyen de centupler les forces naturelles des muscles qui ont i cédé , ce que nous n’avons pas besoin de dire être impossible , ces forces ne seraient pas suffisantes pour opérer le redressement de la colonne vertébrale empêché par la déformation des ligamens intervertébraux , déformation relative , mais constante, dans toutes les courbures meme médiocrement prononcées , à plus forte raison dans les

plus considérables. |

» 3." Qu’il est autant en opposition avec les lois de la J

mécanique qu’avec les plus simples notions de la vitalité et de la nutrition des muscles , de prétendre exciter et rétablir leur vitalité et leur contractilité avant d’avoir fait disparaître les obstacles mécaniques qu’opposent à leur situation régulière et à l’aisance dont ils doivent jouir , les courbures de la colonne vertébrale , qui , d’un côté , tiennent leurs extrémités plus ou moins considérablement rapprochées , et de l’autre les éloignent.

» 4-° Q«e la colonne vertébrale devant donc évidemment être d’abord redressée, la première, V unique , V essentielle indication qui se présente , dans toute déviation de colonnes vertébrales , actuellement indépendante de maladies internes , comme cela est le plus souvent, lorsque deux ou trois années au plus se sont écotdées depuis l’origine de la déviation , est d’agir sur l’obstacle qui s’oppose mécaniquement à ce redressement , c’est-à-dire , sur la partie la plus épaisse des coins que jorment actuellement plusieurs ligamcns intervertébraux.

5° » Que la meilleure manière d’agir sur ces organes est incontestablement celle par laquelle on exerce sur eux une pression exacte, continue et prolongée autant que le permet la sensibilité du malade.

» 6.° Que cette manière d’agir sur ces organes ne peut s’opérer efficacement que par l’extension.

" Ainsi que nous l’avons déjà dit , nous bornerons là provisoirement notre réfutation aux objections faites à 1 application de l’extension par les lits mécaniques , et ce sera , comme nous l’avons annoncé , dans le prochain Numéro de notre Journal, que nous lui donnerons les développemens dont elle est susceptible, bien que les faits seuls que nous venons d’opposer à de simples prétentions pussent suffire.

* “ nécessité del extension de la colonne vertébrale une fois reconnue , nous nous flattons que nous parvienions facilement à prouver que, pratiquée comme elle

doit l’être , et avec les précautions que nous indiquons , nous confirmerons le jugement que, dans sa séance du 6 de ce mois , l’Académie a porté sur notre lit, jugement par lequel elle a déclaré que , manié par des mains ha biles, il ne peut exposer aux accidens que devraient faire redouter des appareils moins bien construits , ce qui répond pour nous d’avance à tout ce qui est d’ailleurs gratuitement reproché à l’action des divers lits à extension nommément , et conséquemment au nôtre , dont le lecteur de l’article que nous combattons prendrait au surplus une idée fort inexacte , s’il s’en rapportait à la description qui y est faite.

» Nous terminons en ajoutant que la commission nommée par l’Académie pour examiner notre lit, n’en a pas seulement parlé dans son rapport comme d’un moyen qui ne peut produire aucun effet nuisible , manié par des mains habiles, mais qu’elle a dit de plus, que notre méthode paraissait avoir des avantages qui n’étaient pas à négliger, et qu’elle a motivé cette assertion en rapportant ce qu’elle nous en a vu pratiquer sur deux jeunes personnes , ainsi qu’on le verra dans notre prochain Numéro , où nous insérerons en entier ce rapport, dont les conclusions portant proposition à l’Académie d’accorder des éloges à notre invention , ont été par elle adoptées. » Maisonabe.

Nous nous proposions d’insérer dans ce Numéro les développemens de cette .Réfutation , mais la distribution des matières ne nous laissent pas 1 espace suffisant; ceseia l’objet d’un article du plus prochain.

L’étendue dcsarticles que nous avons insérés dans ce Numéro, nous a fait renvoyer au suivant celui du pied-Lot , que nous avons précédemment annoncé.

Nous répondrons dans notre prochain Numéro à notre honorable collègue M. Gaulticr-de-Claubry , sur la question relative à la transmission des vices de conformation accidentels, et à plusieurs de nos confrères , au sujet de quelques objections ou demandes d’cxphcations qu'ils nous ont adressées.

Développement de la Réfutation insérée dans le précédent Numéro de ce Journal , relativement à des objections contre V extension horizontale , de la colonne vertébrale déviée.

L’atjteur de l’article inséré dans les Archives générales de Médecine , du mois d’août 1825, y dit , page 5 02:

« Examinons donc la courbure accidentelle de la colonne " vertébrale sous le point de vue du mode d’action des » principales causes qui peuvent la produire , et par suite « dans ses rapports avec l’état général de l’économie ,

>> quelle soit la cause ou l’effet de cet état, et nous par- " viendrons facilement à prouver :

» i.° Que quelque légère que soit cette courbure, il » est impossible de l’effacer complètement sans danger « pour la vie , en tirant en sens inverse sur les deux ex- " trémités du tronc;

» 2.0 Qu’en admettant même que ce redressement soit « possible , il ne peut être durable , puisqu’il ne détruit * >' en nen 1 irrégularité de 1 action des puissances muscu—

» laires de laquelle dépend le plus ordinairement la » courbure ;

« 3.° Que dans le cas où cette dernière est le résultat d une altération de la substance même des vertèbres ,

» l’alongement de la colonne ne saurait lui donner sa rectitude naturelle , puisque sa rectitude repose sur « 1 intégrité du corps des vertèbres dont le tissu a pris part à l état maladif de quelques systèmes généraux de économie, état que l’inaction occasionnée par des ” machines quelconques , n’est propre qu’à agraver s’il existe encore , ou à reproduire s’il a disparu. »

" Enfin que parmi ces machines, celles qui sontat-

» tenantes à des lits doivent êlre les moins efficaces de » toutes, puisque maintenant tout le corps dans une im- » mobilité complète, elles empêchent qu’on ne puisse j> faire concourir l’exercice actif des membres au réta- » blissement ou au maintien de la santé , comme le per- » mettait en partie la machine deLevacher, ou celle » conseillée par M. Portai , dont l’acLion était verticale » et plus facile à diriger convenablement, par cela même » qu’elle était moins compliquée. »

Voici nos objections à ces propositions :

Premièj'e proposition.

Quelque légère que soit une courbure de la colonne ver tébrale , il est impossible de V effacer complètement sans danger pour la vie , en tirant en sens inverse sur les deux extrémités du tronc. »

Nous trouvons page 5n du Journal précité , non des preuves, mais seulement l’annonce de preuves qu’une extension de la colonne vertébrale déviée , assez forte pour opérer son redressement, est inévitablement suivie d’accidens dont quelques-uns peuvent devenir subitement mortels. . s

Poursuivant nos recherches, nous lisons , page 5 1 7 , que c'est parce que V extension ne s'exécute pas régulièrement , en ce que les puissances qui en sont chargées, n’opèrent pas sur les extrémités de la colonne vertébrale ellemême ; d'où il résulte que leurs efforts tendent a séparer la tête et le bassin d’avec le reste du corps.

Mais est-ce ainsi qu’on prouve que les tentatives de redressement complet de la colonne vertébrale déviée , au moyen de son extension , ne peuvent le produire sans danger pour la vie? Est-ce parce qu’une simple tendance à produire un effet plus ou moins nuisible se trouve

dans son emploi qu’il faut le proscrire? S’il en était ainsi , il faudrait donc s’abstenir, entre autres choses , de l’action , cependant "bien innocente , de se passer une cravalte autour du cou , attendu que dans cette action est la tendance de s’étrangler , tout aussi bien que dans celle d’étendre la colonne vertébrale en tirant sur la tête et le bassin , est la tendance d’en séparer ces deux parties ; ou, si l’on veut , pour offrir une comparaison plus analogue au cas dont il s’agit : si l’action d’étendre la colonne vertébrale en tirant sur la tête et sur le bassin pour la redresser , doit être proscrite , par la raison que ces parties n entrent pas dans sa composition, d’où résulte est-il prétendu , le danger de les en séparer ; il faut aussi proscrire le procédé généralement adopté par les meilleurs praticiens , pour réduire les luxations de l’humérus, attendu qu’il consiste à placer des lacs autour du poignet pour tirer dessus, par la raison qu’on n’agit pas ainsi immédiatement sur cet os luxé.

Discuter plus longuement ce prétendu danger serait montrer que nous jugeons mal de la sagacité de nos lecteurs. JNons nous bornerons donc à dire à cet égard qu’il faudrait etre dénué, non-seulement des moindres connaissances anatomiques et physiologiques, mais encore toute raison pour mettre en danger la vie d’une personne affectee de déviation de la colonne vertébral en rn appliquant des moyens d’extension dont l’action peut Ire réglé e à volonté, et graduée ligne par ligne con étions que présente notre lit, mai connu de* iCZr que nous combattons.

Qi,a"t à Hnsuffence prétendue de ce moyen nue vZZfT <lémonlfer Par considérations

vertébrale ..IT rir'B r“lsta"ces T'oppose la colonne rlenrate sur les differens points de son étendue - nous

au üeudeer?nd T ^ S’était Pas bomé à ^s’enner de joindre 1 expérimentation au raisonnement , il

se serait convaincu que quelque probabilité qu’il parul y avoir en faveur de son raisonnement sur ces différences de résistance , ce sont précisément les parties de la colonne vertébrale déviées , qu il croit se prêter le moins à son redressement, qui s’y prêtent le plus; car rien n’est plus constant aujourd’hui, que l’observation de ce fait pratique , qui consiste en ce que ce sont les hanches, et nécessairement par là les vertèbres lombaires déviées , qui reprennent les premières leur direction , par l’effet de l’extension, tandis que le redressement des courbures formées par les déviations des vertèbres dorsales et cervicales , ne s’opère qu’après , et ordinai¬

rement de bas en haut successivement.

Pour ce qui est des dangers attachés , d’après 1 auteur que nous combattons , à la tension des vaisseaux , des nerfs de la moelle épinière, ils ne sont pas plus à redouter que celui résultant de la tendance à la séparation de la tête ou du bassin. Ce n’est qu’une crainte de sa part, que la pratique prouve n’être aucunement fondée. Quel accident en ce genre survenu dans l’emploi de ces moyens , entre les mains d’un homme de l’art citerait-on , en effet? il n y en a , ni ne peut y en avoir. On ne parle donc que d après des conjectures; or , est-ce sur des conjectures qu’on peut solidement établir une conclusion ?

Mais d’ailleurs , comment après la moindre réflexion , et avec la connaissance de pareils faits , communs en physiologie, pourrait-on concevoir la moindre crainte de l’action extensive des moyens dont il s'agit, puisque, ce n’est que sur une étendue de i5 à 20 pouces , que cette extension doit s’opérer insensiblement et ligne par ligne . Quel est donc celui de nos organes mous, ayant une étendue même beaucoup moins considérable, qui en vertu de son élasticité , ne se prêterait pas à cette ex ension , sans danger, et même sans lemomdre "?“®apet porté à l’exercice de ses fonctions . Il n e - 1

c’est une vérité tellement évidente et reconnue , qu’il serait superflu de citer des faits à l’appui.

Toutefois, ce que nous sommes, nous-méme , en droit de demander qu’on nous démontre, parce que nous avouons notre absolue ignorance sur ce point, c’est comment les nombreuses sinuosités de ces vaisseaux sanguitis qui avoisinent la tête , sont effacées par V extension de la colonne vertébrale , de manière à déterminer les plus graves accidens ? Comment se nomment ces vaisseaux? où sontils situés ? et à combien évalue-t-on la diminution de leur courbure naturelle, par l’effet d’une extension , qui tend à rétablir toutes les parties dans leur direction normale ? et quelle peut être enfin l’influence de la diminution de ces courbures sur la circulation ?

Nos lecteurs désireraient sans doute , comme nous , une telle explication , pour savoir que penser de 1 annonce de tels dangers. Mais comme nous , nos lecteurs , faute de celte explication , impossible , comme 1 on peut s’en convaincre , parce que les faits ne s y pietent pas, seront pleinement rassurés sur ces dangers prétendus. Il en sera de meme très-probablement de tous les autres dont parle notre confrère, et surtout de celui qui peut résulter , selon lui , de la luxai, on de l’apophyse odontoïde , cause de mort subite, semblable , dit-if , à celle dont on a vu frappés des enfans, par l’effet de leur suspension inopinée par la tete; comme s’il y avait la moindre analogie entre cette aetmn , et celle de l’extension dont il s’agit ; la suspension inopinée d’un enfant, par la tète , étant un mouvement violent et subit; l’extension , au contraire, delà coonne vertébrale, comme on le sait déjà, n’étant qu’une longue suite d applications graduées , de puissances extern sives moderees a. volonté ; actions si différentes l’une de 1 autre, qu aux yeux d’un physiologiste elles ne peuvent ottrir la moindre ressemblance. '

( iSa )

Après l’annonce non motivée, comme nous venons de le voir , des divers dangers résultant de l’emploi de puissances extensives , appliquées à la colonne vertébrale, notre confrère passe , en ne les motivant pas davantage, aux graves, inconvéniens , qui doivent être la suite inévitable, clit-il, de la compression que les deux extrémités des machines à extension doivent exercer sur les parties auxquelles elles s’adaptent; voici comment il s’exprime :

" \eis la tete, ce sera une 'excoriation ulcéreuse des » parties qui recouvrent le bord libre et l’angle de la » mâchoire inférieure , ou un gonflement œdémateux du ” cuir chevelu et de violentes céphalalgies sus-orbitaires,

” suivant que la machine agira en poussant la tête devant » elle ou en l’attirant ; vers le bas du tronc, ce serann » refoulement constant des os iliaques et un obstacle à » 1 accroissement complet ou au développement régulier «" du bassin; ce dernier accident est surtout à craindre ,

” chez les jeunes filles aux approches de la puberté,

" époque où chez elles le bassin s’agrandit tout-à-coup ,

» dans toutes ses dimensions ; et c’est malheureusement « à cet âge, que dans les easde courbures modérées,

>* on a le plus ordinairement recours aux moyens méca- « niques ; car de qnelqu’importance qu’il soit pour les « enfans d’endurer une gêne , ils ne considèrent que le « bien présent, le bonheur à venir n’est rien à leurs « yeux, et ce n’est toujours qu’en employant la force, » qu’on parvient à les soumettre à une position pénible ; » aussi la difficulté de vaincre leur répugnance et de ré- « sister à. leurs larmes , engage toujours à différer l’em- « ploides moy.èns douloureux que reclamerait leur état, » tant que cet état ne semble pas compromettre leur vie. » Chez les jeunes filles , ce n’est que lorsqu’elles commen- « cent à reconnaître tout le prix que nous attachons à » une tournure élégante , et à voir l’avantage qu’en reli- » rent celles qui sont heureusement dotées à cet égard,

« qu’elles se soumettent à tout; mais alors indépendam- » ment du plus grand degré de résistance qu’offrent les » parliesvicieusementconformées, on a encore à redouter .» qu’elles ne supportent toutes les tentatives de redres- » sement , avec un courage qui en impose sur la violence « des douleurs et sur la force des tractions, et qu’elles » ne se condamnent d’elles-mémes à une immobilité gé- » nérale qui ne peut que retarder ou rendre orageuse :» l’apparition des phénomènes physiologiques qui vont .» former les attributs dé lai nubilité; l’expérience n’a que » trop souvent prouvé combien toutes ces craintes étaient » fondées. »

Relativement aux excoriations , nous dirons d’abord que nous ne sommes jamais arrêté par cet accident dans la marche de notre traitement , depuis que nous avons substitué notre nouveau collier à celui qui était généralement employé jusqu’alors, et que si nous l’avons été quelquefois en employant l’ancien collier, ce n’a jamais été par des excoriations ulcéreuses , ni simples, mais seulement par la crainte de ces dernières.

Jamais , d’autre part , nous n’avons donné lieu par nos procédés au moindre engorgement oedémateux du cuir chevelu, et le mal de tête susceptible d’être causé par 1 extension , étant, d’après nous , un des signes d’une trop giande tension , nous ne nous sommes jamais exposé à le produire.

Quant au prétendu refoulement des os des îles, obstacle, selon notre confrère, à l’accroissement ou au développement du bassin, dont, entr’autres funestes conséquences qui peuvent en résulter , il signale le retard ou 1 etablissement orageux de la menstruation , ce sont les résultats de notre pratique que nous lui opposons; nous

a\ons déjà dit dans notre dernier Numéro (note de la P- ■+i)î et nous le répétons aujourd’hui, nous ignorons comment il anive ailleurs, d’après ce qu’on nous a rap-

porté , que pendant les cinq premiers mois de traitement , les règles se suppriment ; mais nous pouvons affirmer que non-seulement nous n’avons jamais observé un retard de huit jours , mais qu’au contraire nous voyons fréquemment la première apparition des règles se manifester et s établir , sans le moindre trouble, un, deux ou trois mois après le traitement commencé.

fin opposant des faits que nous rapportons presqu’en présence des personnes sur lesquelles nous les avons observés et fait reconnaître par ceux de nos confrères délégués par 1 Académie , nous venons donc de détruire par la puissance de leur autorité irrécusable , jusqu’au moindre effet qu’auraient pu produire sur des personnes étrangères à l’art, de simples raisonnemens fondés sur des notions vagues, insuffisantes en anatomie, en physiologie et en thérapeutique, relativement aux inconvéniens et aux dangers allégués par notre confrère, au sujet de 1 extension de la colonne vertébrale.

Nous n’avons plus qu’une objection à lui faire sur l’impossibilité qu’il y a , selon lui, à opérer un redressement complet, quelque légère que soit cette courbure, sans s’exposer à ces dangers ou accidens. La solidité de cette objection repose encore sur un fait qui tous les jours peut être observé , savoir : que toute courbure peu prononcée s’efface en quelques mois , sans qu’on en sente la moindre trace pendant l’action des puissances extensives, et que sa continuation exacte dans la position horizontale ou sur un siège dont nous parlerons plus loin , non-seulement prévient toute augmentation de difformité, mais assure une consolidation de l’épine dans sa configuration régulière rétablie, dans un espace de temps dont la durée dépend de plusieurs circonstances.

Deuxième Proposition.

Quen admettant que ce redressement soit possible, il ne peut être durable , puisqu’il ne détruit en rien l’irrégularité de l’action des puissances musculaires, de laquelle dépend le plus ordinairement la courbure.

On trouve dans cette proposition, d’abord une concession relativement à la possibilité du redressement; ensuite une déclaration formelle qu’il ne peut être durable, par la raison qu’on en donne , et que nous allons discuter.

Sous le premier rapport , nous nous bornerons à dire que si notre confrère avait une seule fois employé les moyens extenseurs dont il s’agit, dans un cas de déviation de la colonne vertébrale peu prononcée, il se serait convaincu, comme l’ont fait MM. les Commissaires de l’Académie qui l’ont déclaré dans leur rapport sur notre lit, que ce redressement s’opère réellement par leur action convenablement dirigée par un homme de l’art {P. le 2.1"e N.° de ce Journal, 2.mc section, p.22).Sa concession peut donc être considérée de sa part comme forcée ; car il aurait en vain prétendu le contraire de ce qu’il accorde , meme sous forme de supposition.

Et quant à son assertion qu’un redressement de colonne vertébrale , même peu déviée, obtenu par l’extension ne peut être durable , par la raison que ce moyen ne détruit en rien l’irrégularité de l’action des puissances musculaires de laquelle dépend le plus ordinairement sa courbure , il aurait fallu d’abord établir que c’est réellement à cette cause que ces courbures sont dues dans la presque totalité des cas , comme il l’a avancé.

Or , ce n est pas ainsi qu’il a procédé , car bien qu’il ait dit (p. 5o4, ouv. cité) : Il reste maintenant évidemment dt montre pour tout le monde , que cette courbure va corn bure latérale droite), est dans la presque totalité

des caf le ré™iïat d’une supériorité en développement et en énergie , qui fait acquérir aux muscles de l’épaule droite l habitude qu’on fait de très-bonne heure contracter aux enfans de se servir beaucoup plus fréquemment de la main droite que de la main gauche; ce qu’il pose ainsi en fait, n est rien moins que reconnu par ceux qui ont observé , et réfléchi sur cette question comme il le faut avant d’arrêter une opinion , sur ce qui en est.

Si, moins semblable aux péripatéticiens qui étudiaient la physique sous les voûtes du Lycée, notre confrère, au lieu de traiter la question dont il s’agit dans son cabinet, d après 1 opinion d’autrui, avait examiné dans les amphithéâtres la conformation de la colonne vertébrale chez 1 homme , depuis l’époque de la naissance jusqu au terme ordinaire de la vie; s’il avait considéré les changemens qu’elle présente sous le rapport de la direction qu’affectent ses diverses parties dans l’enlance, aux approches de la puberté, dans l’âge viril, dans celui de la vieillesse et delà décrépitude; et si, surtout, il avait vu beaucoup de ses déviations aux diffé¬

rentes périodes de leur formation; certainement il a ui'ait vu, comme tout le monde peut le voir, tout ce que cet appareil osseux présente de successivement différent et de correspondant à chacune de ces époques de la vie; et la marche de sa déformation lui aurait beaucoup appris. Instruit alors par des voies plus sûres que celle du raisonnement seul , il ne se serait pas pas trompé comme il l’a fait , même avec le savant anatomiste qu’il cite , feu Béclard, qui d’ailleurs, lorsqu’il s’occupa, comme par occasion , de cette question (la courbure latérale du rachis dépend-elle du voisinage de l’aorte?) était loin de faire

autorité.

Toutefois, comme nous ne voulons pas’ nous' borner à nier la conséquence physiologique des i'aisonnemens d’un auteur dont nous ne partageons pas la manière de

voir, voici ce qui a été dit sur la cause première de celle courbure.

L’opinion de quelques physiologistes sur la fréquence de Ja courbure anormale de l’épine dans laquelle la concavité est à gauche et la convexité à droite , était , que la cause prédisposante de ce genre de déviation , provenait de la situation de la crosse de l’aorte. Béclard la combattit , et se fonda sur des faits qu’il jugea plus ou moins propres à l’infirmer; mais l’opinion qu’il lui substitua n’est pas plus fondée que celle de ces physiologistes; il se trompa lui-même, comme nous allons le faire voir.

« Je connais, a dit Béclard, plusieurs individus gauchers »> bien conformés , et qui ont tous l’épaule gauche , » avec tout le membre qui y tient, un peu plus volumi- » neuse que celle du coté opposé , et en même temps , » un peu élevée, « et il conclut de là que la courbure latérale que présente le rachis, dépend de la prédominance d’action du bras droit.

biais, pour qu un tel raisonnement fut concluant, il faudrait que cette courbure exislàteonslamment au côté gauche, lorsque c’est divbrâs gauche qu’on se sert le plus habituellement ; or l’obsèrvation montre ler contraire, et nous pouvons en donné f pour preuve, les deux derniers faits que nous venons de noter, l’un le i3 de ce mois de février 1826, l’autre le lendemain dè ce jour. Nous offrons de faire voie le premier, à ceux de nos confrères qui souhaiteraient de l’observer eux-mêmes; quant au second , M. le docteur Savin exerçant à Paris, nous a présenté la jeune personne en laquelle nous l’avons remarqué , il pourra dire ce qui en est.

Dans Ces deux cas, les convexités de la courbure sont à gauche , et aucune des deux jeunes personnes qui la présentent, ne sont gauchères. Nous avons beaucoup u exemples semblables; \cdà ce que nohs objectons aux

conséquences tirées par Béclard , du plus grand exercice du bras droit.

Bichata dit (pag. 1 33 du deuxième vol. de son Traité d anatomie descriptive), en parlant de la courbure latérale naturelle de la colonne vertébrale : « On attribue » communément cette courbure à la présence de l’aorte; » mais d’où vient que la cause étant permanente, l’effet » ne se rencontre pas toujours? Je crois plutôt que , « comme tous les efforts se font avec le bras droit , et que , » comme dans ces efforts, nous sommes obligés de nous » pencher un peu en sens opposé , pour offrir à ce membre » un point d’appui solide, l’habitude de répéter souvent » celte inflexion finit par en perpétuer l’existence. Je n’ai « cependant pas assez de faits pour assurer, d’une ma- » nière générale, que ceux qui sont gauchers, comme on » dit, ont la courbure à droite; cela serait nécessaire ce- « pendant pour mettre hors de doute cette assertion. >•

Ce physiologiste concevait-il autre chose pour expliquer cette déviation, que l’effet de la pression des substances iuterverlébrâles, plus habituelle etplus considérable à gauche qu’à droite , et songeait-il seulement à l’influence des muscles? C’est au lecteur à juger ce qu’il lui ensemble.

Ainsi donc , i.° la présence de la crosse de l’aorte ne peut servir à expliquer la fréquence de la déviation dont il s’agit;

2. ° A cette explication ne se prête pas davantage l’action musculaire indiquée par Béclard , et reproduite par le confrère que nous réfutons, par la raison que nous citons des faits qui sont aussi contraires à cette théorie, que ceux que Béclard cite, peuvent lui être favorables;

3. ° Bichat n’a pris en aucune considération l’influence musculaire sur cette courbure; il ne l’a attribuée qu à l’action mécanique de se pencher plus habituellement à gauche, action de laquelle peut réellement résulter , si elle est souvent répétée, la déformation des substances, intervertébrales.

4.o L’examen des muscles qui peuvent avoir directement ou indirectement une action quelconque sur la colonne vertébrale, l’épaule ou le bras montre qu’il n’y en a pas un qui puisse vicier sa direction par le seul fait de Tusage plus fréquent du bras droit que celui du bras gauche.

D’après l’observation et le raisonnement , il est donc démontré que notre confrère n’a pas été fondé à donner comme reconnu de tout le monde, que la presque totalité de ces courbures, est le résultat d’une supériorité en développement et en énergie qui fait acquérir aux muscles de l'épaule droite, l’habitude qu’on fait de très-bonne heure contracter aux enfans de se servir, plus fréquemment du bras droit que du gauche. Entr’autres preuves que nous pourrions d’ailleurs donner de ce que nous concluons à ce sujet, il en est une qui ne laisse aucun doute à cet égard; elle ressort encore de l’observation qui nous montre tons les jours beaucoup de ces déviations ayant commencé par le bas de la colonne vertébrale, sur laquelle on n’alléguera pas sans doute l’influence des muscles du bras, influence, nous le répétons, que les attaches et les usages de ces mêmes muscles ne permettent pas même de soupçonner.

Troisième proposition.

Que dans le cas où cette dernière ( la courbure latérale ) est le résultat dune altération delà substance même des vertèbres , l’alongement de la colonne ne saurait lui donner sa rectitude naturelle , puisque celle rectitude repose sur l’intégrité du corps des vertèbres, dont le tissu a pris part a l état maladif de quelques systèmes généraux âc l’économie , état que l’inaction occasionnée par des machines quelconques , n’est propre qu’à a graver , s’il existe encore , ou a reproduire s’il a disparu.

C est à la page 5i2 du mémoire que nous réfutons , que

sc trouvent les considérations sur lesquelles son auteur entend établir les preuves qu’il a annoncées à l’appui de ses quatre propositions. Toutefois , au lieu de preuves, on ne trouve encore dans celle-ci, que des assertions values, la plupart gratuites, et nous devons à la vérité de dire, quelles ne sont nullement le résultat de l’observation. Nous nous attacherons d’ailleurs d’autant moins à combattre les conclusions qu’il en lire, que notre opinion motivée sur ce point, se trouve suffisamment développée dans notre premier Numéro , pages , 48 , 62 et 92.

Il nous suffira donc de faire remarquer au sujetde celte troisième proposition , une erreur de la plus grave con- ( séquence en pathologie et en thérapeutique, dans laquelle l’auteur est tombé , lorsqu’il a dit que dans le cas où le corps des vertèbres aurait pris part à l’état maladif de quelques systèmes généraux de l’économie, l’inaction occasionnée par des machines quelconques, ne serait propre qu’à agraver le mol s’il existait , ou à le' reproduire s’il avait disparu. Nous nous bornerons à demander à ce sujet, si l’absence de tout mouvement n’est pas un des premiers moyens à opposer à toute maladie des os , et si d’ailleurs on peut concevoir comment V inaction dans laquelle on tiendrait la colonne vertébrale, serait un moyen propre à reproduire en elle une maladie interne qui les aurait affectés, mais qui aurait disparu.

Si notre confrère s’était fait une idée exacte de l’extension, il n’auraitpas confondu ses effets avec ceux de la simple immobilité des parties produite par l'usage des machines dont il parle; il n’aurait pas en cela, partagé l’erreur excusable tout au plus dans unbandagiste , qui a dit aussi que l’extension des muscles est un état de repos qui leur est nuisible; il n’aurait pas blâmé , enfin, dans les cas de lésions morbides des os , de simples machines qui ne doivent produire que l’immobilité.

( 1 Gi )

Quatrième proposition .

Qu enfin , parmi ces machines ( à extension de la colonne vertébrale) celles qui sont attenantes à des lits, doivent cire les moins efficaces de toutes , puisque , maintenant le corps dans une immobilité complète , elles empêchent qu’ on ne puisse faire concourir l'exercice actif des membres ( y aurait-il un exercice inactif?) au rétablissement ou au maintien de la santé , comme le permettait en partie la machine de Levacher, ou celle conseillée parM. Portai , dont l'action était verticale et plus facile à diriger convenablement , par cela même quelle était moins compliquée.

Cette proposition n’est encore comme les précédentes, appuyée d’aucune preuve , d’aucune démonstration qui tende seulementà l’établir, et c’est toujours meme inexactitude dans la manière de juger et le mécanisme des divers moyens d’extension , et les effets qu’ils produisent.

Quoi ! les machines à extension, attenantes à des lits sont les moins efficaces , parce quelles tiennent à des lits , où elles maintiennent, est-il prétendu, le corps dans une immobilité complète ? Mais où notre confrère a-t-il vu de semblables machines? La noire, du moins, permet tous les mouvemens dont on peut user étant couché , à l’exception d’un seul , qui est la flexion du tronc; or il n’est pas plus vrai de dire qu’elle doit être moins efficace que toute autre , parce qu’elle maintient le corps dans une immoihte complète , qu’il ne le serait de dire, que l’appareil pour le maintien de la réduction de la fracture d’un rnembre a le même désavantage , parce qu’il maintient

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se proposer dans le premier, ne pouvant s’opérer que par l’extension de l’épine, il n’y a qu’à examiner s’il est vrai de dire qu’elle s’opère mieux , la personne étant couchée , que lorsqu’elle est debout.

Toutefois ce ne peut être même matière d’un doute, eL si notre confrère avait une seule fois observé l’action de l’un et de l’autre de ces moyens d’exlension, il se serait convaincu que seulement la pression des bandages résultant des efforts qui n’ont pour effet que de soulever le tronc , est presqu’insupportable, et qu’elle l’est absolument , si on veut faire agir la machine de Levacher ou toute autre de ce genre , de manière à distendre réellement la colonne vertébrale , comme il le faut pour exercer la pression sur les parties que nous venons de nommer. D’où il résulte qu’en appliquant l’extension horisontale pour atteindre le but qu’on doit se proposer , il y a moitié moins de force à employer que dans le cas où on voudrait lui appliquer l’extension horizontale. Mais d’ailleurs , ce n’est pas là la seule cause de la supériorité de ce premier mode d’extension sur le dernier.il suffit de les comparer l'un à l’autre ppur se convaincre facilement que l’extension verticale ne peut être aussi durable et surtout aussi susceptible de graduation que l’horisontale ; qu’elle est encore beaucoup plus incommode ; et qu’enûn elle ne peut être , à beaucoup près, aussi efficace sous aucun rapport.

Notre confrère a dit qu’indépendamment de l’avantage qu’offrent selon lui les machines à extension verticale de Levacher ou celle conseillée par M. Portai, elles ont celui d’être plus faciles à diriger, par la raison, dit-il , qu’elles sont moins compliquées.

À une telle assertion nous opposerons encore une fois, ce que déjà il nous a mis dans la nécessité de lui objecter; c’est à-dire , qu’en émettant celle-ci il ne prouve autre chose, sinon qu’il ne connaît point,

comme il le faudrait pour en parler raisonnablement, ce qu’il blâme ou ce qu’il loue. '

Qu’il examine mieux, en effet, les machines de Levacher, ou de M. Portai , et il verra que' loin d’être moins compliquées que notre lit, elles le sont au contraire beaucoup plus; puisque leur ajustement au corps exige la main d’un homme de l’art exercé , et l’emploi au moins d’un quart d’heure; tandis que seule et en moins de deux minutes, toute personne qui a été placée seulement une fois sur notre lit à mécanique , s’y replace elle-même et s’y dispose convenablement aux divers modes d’extension qu’au premier moment nous voudrons lui appliquer.

Et d’autre part, que notre confrère ivèuille bien considérer que l’extension verticale doit, pour produire l’effet qu’on en attend, rendre le tronc immobile, tout aussi bien que l’horizontale; nécessité dans laquelle; il faut recon-^ naître dans ces deux modes d’extension l’impossibilité d’exercer les muscles du tronc, ce à quoi il attache une importance, qu’il n’y a certainement pas actuellement.

A ces inconvéniens des machines verticales, il faut encore reconnaître celui de se déranger facilement, et il faut le dire, de ne produire d’autre effet qu’une» gêne plus ou moins douloureuse. Qu’on consulte à eet égard les praticiens qui les ont employées et les personnes qui ont été soumises à' leur ac Lion,, et on se convaincra de ces vérités. Pour ce qui nous regarde , nous avons vu que l’usage de machines agissant dans celte direction ne peut les rendre utiles , qu’adaptées à des sièges'.p&uf empêcher 1 affaissement , etrendre d’autres'serviees dans!ik: seconde période de traitement, et dans '^ufeiqueséasynïêmë pendant la première. Nous décrirons dans notre prochain

Numéro celle que nous avon,f|q,t' construire, dans cette

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