Le bord interne concave, au lieu encore d’être droit
3.° Le gros orteil dirigé en haut et vers la malléole interne , au lieu de l’être horizontalement et en avant. (Il est entendu que nous parlons toujours des pieds-bols van, constitues par leur torsion en dedans.)
Combien d indications présentent ces difformités, et J quelles sont-elles? Il ne peut y avoir d’hésitation daifk la réponse. Ces indications sont en même nombre que les i parties du pied difformes , et chacune d’elles est offerte par ? mot^e d irrégularité particulière à chacune de ces parhes. Ces indications sont donc :
•i.° D'effacer la convexité du bord externe «lu pied ; a.° D’effacer l’angle que présente son bord interne ;
3." De dirigi er et de retenir vers la situation horizontale et en avant, le gros orteil , et par suite tout le métatarse.
Cela posé, examinons comment la machine de \ enel peut remplir les indications reconnues.
Le pied difforme étant placé dans la machine convenablement garnie de molles compresses , de manière à ce que la plante soit appliquée , autant qu’il est possible , contre lapièce qui en constitue le fond; i° unepiaque de tôle est poussée eL retenue au moyen d’une vis de pression contre la convexité du bord externe; 2. une pareille .1 pièce est poussée et retenue de meme confie le gios orteil , en même temps qu’une troisième le pousse en bas entraînant dans ce sens toute la pointe du pied ; o.° une quatrième est encore poussée et retenue par le meme moyen que les deux premières , contre l’extrémité postérieure du bord interne du pied.
Qui ne pressent déjàl’effet que doit produire ce concours simultané d’actions tendant à établir les formes regulieres du pied, et qui pourrait douter qu’elles ne puissent surmonter les résistances que leur opposent les os dep aces et retenus dans leurs situations anormales , par leurs liga*mens irrégulièrement développés et dirigés mais ayant: encore dans la matière dont ils se composen t le moyen de se prêter à des développemens et à des directions nou-
y elles ? , .
Mais d’ailleurs , ce qu’on ne fait que pressentir, la pratique l’a déjà prouvé , et ce sont les résultats qu en a 0 tenusVenel, qui ont fait principalement sa iepu * da* l’art de corriger les difformités. Un fait seu staterait, si tant d’aulres ne l’avaient «“abonda^™ prouvé. C’est celui dont Jaccard parle dans sa le .lr q accompagne l’envoi de celte madame a M. Le« é, » fait est relatif au médecin Wantael , que ^card declag avoir guéri de torsions congénitales des pieds as .
meme machine , sous la direction de M. Vend , son prédécesseur.
La machine de V enel , d’après ce que nous venons de voii , est donc construite de manière à remplir des indications bien déterminées , et des indications qui sont nécessaiiement offertes par les résistances qu’une portion de 1 aponévrose plantaire , des ligamens et des tendons opposent à des degrés différens , mais toujours considérables , à tout effort dirigé contre la situation et l’état de ces organes dans certains cas de pieds-bots , dans ceux nommément que nous déclarons difficiles à corriger. Les principes d’après lesquels celte machine est construite , sont les mêmes que ceux qui ont dirigé plusieurs praticiens, mais notamment Scarpa et nous, dans la recherche d un mécanisme propre à remplir les indications qu’on ne peut méconnaître. Scs puissances agissent directement et avec une force qu’il est facile de graduer et de maintenir toujours au même point. Examinons actuellement si, comme le prétend Jaccard, sa machine, qu’on appelle à tort machine de Venel , peut rendre les mêmes services.
Ainsi, que le montrera avec plus de détail la pl. IX {Mécanique, etc.), la machine de Jaccard se compose essentiellement d une pièce de tôle quadrangulaire plus ongue que large, montée sur deux tasseaux de 4 à 6 lignes équairissage ; 2.° dune douille montée sur une seconde pièce de tôle établie au-dessus d’un de ces tasseaux ;
d une pièce de cuir tenant a 1 extrémité postérieure de la première pièce de tôle, et taillée de manière à offrir ene ouverture dans laquelle on engage le talon , et à embrasser le bas de la jambe sur la partie antérieure de aquelle elle est lacée ; 4-° de deux petits coussins correspondais au milieu de chaque bord du pied; 5.° de deux courroies d environ 5 à 6 pouces de longueur sur 18 lignes e argeur , dont une des extrémités est attachée à l’épaisseui de 1 un des tasseaux , et dont l’autre va s’agraffer
à un bouton place au tasseau opposé , ou à la seconde pièce de tôle qui porte la douille.
Une tige de fer solide dont l'extrémité inférieure entre dans la douille , tandis que la supérieure Se tient plus ou j moins rapprochée du genou au moyen d’une jarretière à bouton , fait encore partie de la machine de Jaccard ; mais nous ne devons pas en parler ici , par la même raison que nous n’avons pas dû parler de pareille pièce qui entre aussi dans la composition de celle de Venel, notre objet n’étant actuellement que de comparer les deux machines entr’elles , pour examiner de quelle manière et par quels moyens, l’une ou l’autre remplissent les premières indications que présente le genre de pied-bot dont nous nous
occupons.
D’après la description succincte que nous venons de donner de la machine de Jaccard, il est évident qu’on n’y retrouve aucun des moyens que nous savons déjà etre nécessaires pour remédier à l’état de difformité des diverses parties du pied , dont il est reconnu que le concours constitue le pied-bot difficile à corriger, car sans doute
on ne pense pas qu’au moyen d’une simple courroie attachée à l’extrémité du bas, et assujettie par un bouton de fer au-dessous du bord antérieur de cette plaque , on
puisse vaincre, la résistance qu’oppose la bande interne de l’aponévrose plantaire trop courte , qui entraîne avec elle en haut et vers la malléole interne le gros orteil , et ensemble toute la pointe du pied. Ce faible moyen peut suffire sans doute dans le pied-bot ordinaire , mais il es
très-certainement impuissant dans celui dont il s agi ,
qui est le même à la correction duquel Venel opposait sa machine dans la construction de laquelle se voit la pièce de tôle inclinée d’arrière en avant , et destinee a tenir les orteils abaissés en même temps que trois autres p a que» exercent des pressions simultanées sur les pom s des deux bords du piedsaillans ou rentrans contre-natui e.
Impuissante sous ce rapport , la machine de Jaccard ne l’est pas moins encore sous celui de l’indication que présente la diastase qui se voit à l’articulation du naviculaire avec l’astragale , mais plus sensiblement encore à celle du cuboïde avec le calcanéum. C’est ce dont on se convaincra en observant avec attention la direction des divers efforts coercitifs qu’on peut attendre, d’un côté , de la pièce de tôle immobile sur laquelle est montée la douille , et de l’autre , des deux courroies attachées sur le tasseau opposé ; et dès-lors on sera d’autant plus . disposé à partager notre sentiment sur ce point, qu’on aui'a reconnu, bien que leur direction soit mieux motivée , l’impuissance des lames d’acier élastiques employées par Scarpa.
Plus nous considérons la grande différence qu’il y a entre les vues d’après lesquelles la machine de Venel a été conçue , et celles qui ont dirigé Jaccard dans la construction de la sienne , moins nous pouvons nous expliquer comment ce dernier a pu rejeter un appareil qui doit rendre de si grands services , comme il s’en est convaincu lui-même par l’emploi qu’il en a fait sous Venel , comme on le voit dans la lettre dont nous donnons la copie , dans la deuxième partie de ce Numéro.
La machine dont nous venons de parler n’offre donc , pas plus que les précéden tes , celle de Venel exceptée , les conditions qu’elle devrait réunir pour produire l’effet qu'on doit en attendre , c’est-à-dire, la correction des diL formités du pied considéré en lui seul.
La brochure de M. d’Ivernois , dont nous avons fait mention , à la page 277 , offre-t-elle quelque mécanisme a la faveur duquel on puisse opérer la conformation régulière dans le pied-bot dont nous nous occupons ? Pour mettre nos lecteurs à même de prononcer sur celle question, nous allons d’abord reproduire ici , littéralement extraite de cette brochure,, la description de sa
machine qui est celle de Jaccard
, à très (0*
-peu de chose près la meme que
« Cet appareil se compose des objets suivans. Une semelle de bois de forme quadrangulaire , et de la longueur du pied , est la pièce principal 0(2) ; elle est montée inférieurement sur deux rebords saillans, dont la hauteur diminue d’avant en arrière. Le côté externe est surmonté postérieurement d’une équerre demi-circulaire en fer, revêtue d’un coussinet en dedans , et armée en dehors d’un bouton ou viennent se fixer les courroies qui partent du bord interne. On voit aussi à la face externe de cette équerre, une douille dans laquelle est placée une tige de fer, et dont 1 extrémité supérieure est fixée aux environs du genou par une jarretière. L’ extrémité supérieure de la semelle présente une pièce de cuir, dont la partie inféneure , échancrée en devant et ouverte en arrière, forme une talonnière , dont la partie supérieure se continue en brodequin , ou demi-bottine , garnie d’un lacet. Sous la partie antérieure de la semelle est un bouton de fer où se fixe une petite courroie, dont l’autre extrémité peut se coudre au bas ou à la chaussure du malade. Pour appliquer cet appareil , il faut placer le pied dans la machine, de manière que la plante en soit appliquée sur la semelle; pour cela, on engage le talon dans la talonière, et on
(1) Elle en. diffère en ce que les deux supports ou tasseaux quisupportent la partie de cette machine appelée la semelle, dans la machine de Jaccard, sont aussi élevés à leur extrémité postérieure qu’à l’antérieure , tandis que , dans la sienne , ils sont plus élevés à leur partie antérieure qu’à la postérieure, et que la semelle est en tôle, tandis qu’elle est en Lois dans celle de M. d’Jvernois.
(?) Tout ce qui se trouve dans cette description enleltres italiques, nous a paru devoir être ainsi distingué d’avec le reste , soit parce que les termes sont peu propres à faire entendre ce qu’on veut exprimer, soit parce qu’ils expriment des propositions qui, selon nous, sont mal sonnantes.
lace la bolline sur la partie inférieure île la jambe le moignon du pied porte sur le coussinet qui revêt l équerre , le pied se trouve retenu par les courroies qui se lixent au bord externe. Enfin, la tige fixée d’une part, àla douille de l’équerre, et de l’autre au genou, forme de la jambe et du pied une seule pièce , que le malade peut mouvoir et diriger à volonté, de manière a augmente i luimême à chaque instant, les progrès de sa guérison, etc. , etc. Toutes les conditions nécessaires, (dit M. Capuron dans son rapport, dont nous avons emprunté la description ci-dessus), pour le traitement des pieds bots, sont remplis par l’appareil mécanique de M. d Ivernois ; le pied y est fixé de manière que le talon est dirigé constamment en bas et en dehors; l’astragale est replacé dans sa position naturelle par une lame fixée sur le haut de l’équerre, où elle est soutenue par une courroie , etc. etc. Ce qu’il y a de plus remarquable dans cet appareil , continue M. Capuron , c’est qu’il réunit à la douceur la simplicité. Il n’exerce aucune compression douloureuse , ni aucune extension violente sur le pied; en un mot, il estmoins destiné à redresser les pieds-bots , \qiid fixer les premiers succès obtenus par T application des mains; enfin ; il avance et accélère la guérison de cette difformité naturelle , tandis qu’elle rétrograderait peut-être ou serait au moins retardée, si l’on se bornait à de simples manipulations. Un des grands avantages de cet appareil , c’est qu’il peut être appliqué la nuit, le jour, et dans toutesles époques de la jeunesse, etc. »
D’après ce qu’on vient de lire, il ne peut y avoir le moindre doute que ce n’est pas plus dans cette machine que dans les précédentes que l’on peut trouver le moyen de corriger les conformations vicieuses du pied dont nous nous occupons ici exclusivement; il y a plus encore , d après les conclusions de M. Capuron, approuvées pan M.d Ivernois, puisqu’il les consigne lui-même dans sa
brochure, en lui empruntant la description de la machine de Jaccard , à laquelle il n’a fait subir que les légères modifications indiquées dans la précédente note il y a plus , disons-nous , cette machine est moins destinée à 1 edi esser les pieds-bots gu à fixer les premiers succès obte- Ttus par l application des mains. Elle ne peut don cmême avoii place parmi celles qui tendent plus ou moins au but qu’il faut atteindre ici.
Mais relativement a cette application des mains , dont 1 effet doit etre tel que le pied n ait plus besoin qued’ètre fxé , dans la bonne conformation obtenue par son moyen , n a-t-on pas lieu d etre étonné que M. Capuron n’ait lien dit de la maniéré dont elle remplit les indications , de telle sorte qu’il n’y aurait plus qu’à maintenir par la machine de Jaccard, l’établissement régulier des parties qu’elles auraient produit ; et , d’autre part , le silence de M. d’Ivernois sur cette partie du traitement , la première, la plus difficile d’ailleurs et la plus importante , peut-il s expliquer dans sa brochure quia pour titre : Essai sur la torsion des pieds et sur lemeilleur moyen de les guérir?
On se convaincra de l’impossibilité de répondre d’une manière satisfaisante à ces deux questions , en parcourant cet opuscule, où on ne trouvera pas un mot relatif à cette première partie du traitement qui consiste en l’action des mains , tandis au contraire , que l’on y verra , page 17 et suivantes, que l’auteur dit que la première indication est de redonner aux os du pied leur position respective par un moyen mécanique, après avoir écrit, p. 12: « La » marche et la terminaison de la torsion des pieds, con- » sidérée dans son état de simplicité , ne présentent de » bien remarquable que les changemens progressifs de * formes dont nous avons parlé plus haut. On devine fa- » cilement que la maladie ne peut être guérie que par » des moyens mécaniques qui seront examinés ultéricu- » rement. » Nous examinerons aussi nous-même ici ces mêmes moyens.
Quoi qu’il en soit, il n’y a , ainsi que nous venons de le voir, dans les légères modifications que M. d’Ivernois a fait subir à la machine de Jaccard, qu’à tort , nous ne saurions trop le rappeler, il attribue à Venel , en niant, toujours à tort, que celui-ci ait inventé celle qu’on trouve représentée à la deuxième partie de ce Numéro ; quoi qu’il en soit, disons-nous , il n’y a dans cette machine de Jaccard, légèrement modifiée par M. d’Ivernois , rien qui puisse remplir l’indication première , que nous regardons comme la plus importante.
Si nous ne nous abusons , nous venons de passer en revue les principaux appareils connus , dans lesquels nous pouvions chercher à découvrir si leurs inventeurs avaient pourvu dans leur composition à toutes les indications que peut présenter le pied-bot plus ou moins difficile à corriger ; et cependant il résulte de l’examen que nous en avons fait, que la machine de Venel est la seulé que l’on puisse dire remplir les plus importantes et les plus difficiles , ainsi que l’expérience l’a constaté. C’est donc l’emploi de cette machine que nous conseillons, et que nous ne manquerons point d’employer nous-même, lorsque nous rencontrerons des pieds-bots en lesquels des sillons plus ou moins profonds à leur plante, se feront remarquer avec le concours des déformations du pied suivantes : l* f°rme de ce membre arrondie ; 2.0 convexité prononcée de son bord externe; 3<° angle aigu formé à son bord interne par la diduction considérable du scaphoïde vers ce coté , d où résulte la diduction plus grande encore du cuboïde dans le meme sens , et en même temps le rapprochement du gros orteil, de la face interne de la jambe ; 4.° défaut de développement en longueur de l’aponévrose plantaire , en lequel gît l’obstacle principal, le plus difficile à surmonter, pour mettre à leur place et ans eur direction naturelle , avec facilité des mouvefiaens nécessaires a la station et à la progression , le eu-
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boïde , le naviculaire elles trois cunéiformes , et en même temps tous les os du métatarse et les phalanges dont se composent les orteils; conditions premières, sans lesquelles ils est évident qu’on n’établirait jamais les rapports réguliers du pied avec la jambe , rapports qu’il reste encore à établir pour la correction de tout pied-bot.
Nous avons dit au commencement de cet article , qu’il y avait une distinction à faire dans la question de la curabilité ou de l’incurabilité du pied-bot; nous avons rapporté un des cas dans lequel la nécessité de cette distinction s’est montrée tout récemment dans notre maison avec toute son évidence , et dans la relation de ce cas nous avons dit encore que par 1 action de nos mains nous avions , à force de temps , obtenu un alongement de la bande interne de d’aponévrose plantaire tel , qu il en xésulle , à très-peu de chose près , la conformation régulière du pied. Mais nous encourrions nous-meme le re proche que nous avons fait sur le silence gardé par MM. Capuron et d’Ivernois , relativement à ces opérations exécutées par le seul secours delà main , si nous ne disions en quoi elles ont consisté. Nous allons en conséquence pour ne pas le mériter , faire connaître dans quel but et de quelle manière nous les avons pratiquées.
Les attaches de l’aponévrose plantaire ont du attirer d’abord notre attention; aussi avons-nous réglé d après cette donnée, et la force que nous devions employer pour
l’étendre, et la direction suivant laquelle nous devions
lui appliquer des moyens d’extension. Quiconque aura attentivement examiné l’état d’un pied-bot, ici que ce ni i dont nous entendons parler, concevra facilement ce que de telles indications présentent de difficile dans cxccu tion des moyens , à la faveur desquels seulement, on peu espérer de les remplir. Quant à nous, \oiei ce que no avons à dire des difficultés que nous y avons éprouvées. ^ Le pied-bot , dont l’aponévrose plantaire était a is
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tendre, avait (comme tous les pieds-bols de ce genre) clant libre de tout appareil , une continuelle tendance vers sa configuration doublement vicieuse , en ce que son bord interne présentait une inflexion très-prononcée , et qu’en même temps il était dirigé vers l’horizon au lieu de l’être vers le sol. Cependant, dans un tel état de choses , l’aponévrose plantaire principalement, et les ligamens propres qui unissent les divers os du tarse secondairement , présentaient une résistance d’autant plus difficile à vaincre, qu’on se rapprochait davantage , par l’effort qu’on faisait pour la surmonter, de la conformation régulière vers laquelle on tendait. Ce n’était pas toutefois encore dans la force de cette résistance que se trouvait l’obstacle au redressement du pied , le plus difficile à surmonter, mais bien dans la difficulté d’exercer sur l’aponévrose des tractions en ligne droite et en sens diamétralement opposés. Or, cette difficulté ,qui était en raison de la torsion du calcanéum, se faisait d’autant plus sentir que la direction vicieuse de cet os était plus prononcée , et que par suite de cette disposition les attaches postérieures de l’aponévrose correspondaient d’autant moins aux antérieures , dans le sens d’une ligne droite parallèle à la ligne médiane antéro-postérieure de la plante du pied.
Cependant à la faveur d’une direction que nous imprimions simultanément au calcanéum et à toute la partie antérieure du pied , nous parvenions à établir pendant la courte durée des tractions manuelles que nous exercions , des rapports tels , entre les deux extrémités de l’aponévrose plantaire , que les efforts de nos mains agissaient à-peu-près selon le sens d’une ligne , qui se rapprochait assez de la droite , pour pouvoir produire la distension que nous avions en vue.
Tels du moins étaient les effets de celte distension, que quelqqes momens après l’avoir produite à des degrés différens , le pied abandonné à lui-même ne revenait
plus vers sa double conformation vicieuse aussi promptement que lorsqu’une semblable opération n’avait point été pratiquée depuis quelques heures seulement , et que cette partie du membre inférieur se maintenait pendant plus ou moins de temps vers la situation où elles l’avaient portée , ainsi qu’on pouvait s’en assurer en observant le pied de cet enfant maintenu en repos, assis ou couché.
La direction que nous venons de dire que nous imprimions au calcanéum , avait pour objet d’abord , d attirer en basses éminences postérieure et inférieure, en meme temps que faisant subir dans ce meme sens, un mouvement de totalité au tarse , il ne restait plus qu à faire des efforts gradués pour distendre dans le sens d une ligne droite, toute la partie interne de l’aponevrose plantaire en écartant ses deux extrémités.
En procédant ainsi, nous remplissions les principales indications que présentaient les diverses configurations vicieuses du pied , considéré seulement en lui-même , et ce que nous faisions avec nos mains, guidées par la connaissance exacte que nous avions acquise de la direction vicieuse des parties, par la dissection que nous avions faite sur des sujets affectés dépareilles difformités, ne nous paraissait nullement praticable au moyen d’aucune machine, les ressources de la mécanique n étant pas telles qu’on puisse , dans des cas semblables, lui faire produire presque simultanément plusieurs actions diveises, telles que celles que nous produisions nous-meme, i.° en portant et retenant, d’une main la face inférieure du calcanéum , en bas ; 1° en imprimant de l’autre un mouvement semblable au tarse ; 3.° en écartant alors avec mesure les deux extrémités de l’aponévrose plantaire , par des efforts exécutés par les deux mains agissant ensemble, en deux sens opposés.
Mais que de temps et d’exactitude ne nous a-t-il pas fallu pour obtenir les résultats dont nous avons rendu
compte, et quel praticien se chargerait d’un tel traitement , bien qu’il soit incontestablement le plus rationnel et le plus méthodique , en meme temps qu’il est le moins offensant pour le pied de l’enfant., en ce que remplaçant l’action prolongée des machines par celle des mains , qui n’est produite que par intervalles , assez courts à la vérité , aucune de ses parties ne peut être exposée à des compressions suivies d’inflammation, et la plupart du temps d’excoriations qui empêchent l’enfant d’exercer, par la marche , les muscles du pied et de la jambe ?
Ce que nous ne pensions pas , que l’application de moyens mécaniques quelconques pût produire d avantageux pour la correction de la difformité qui nous occupe, nous le produisions donc par nos mains; mais , on se le demande déjà sans doute , comment les effets de ces distensions se maintenaient-ils dans les intervalles des opérations par lesquelles nous les produisions? Le pied était-il abandonné à lui-même , et cet enfant marchait-il , ce membre libre de tout moyen propre à maintenir ce qu’on avait déjà acquis? Avant de faire connaître ce qui en était à cet égard, il nous paraît convenable de rapporter, en peu de mots , ce qui a été présumé sur les causes de la difformité qui nous occupe , et de dire ce que nous en pensons , la partie de notre méthode de traitement , dont il s’agit ici , étant toute fondée sur le raisonnement que nous faisons , touchant ce point de la théorie des pieds-bots.
Hippocrate , qui avec raison n’a pas cru devoir remonter jusqu’aux causes du pied-bot, indique seulement ce qui lui paraît le meilleur moyen de corriger celles des difformités de ce genre qui sonl curables.
Ambroise Paré attribue sans le moindre fondement cette torsion du pied à l’habitude qu’auraient eu les mères d enfans nés avec cette difformité , de s’asseoir les jambes croisées : il dit encore que ce vice de conformation peut être héréditaire , et lorsqu’il survient après la
naissance, il l'attribue, sans l’expliquer davantage , à la position dans laquelle les nourrices portent les enfans.
On a dit depuis, et dans ces derniers temps, que la déviation des pieds constituant les vari ou les valgi, était due au défaut d’équilibre entre les muscles d’un côté de la jambe et du pied, et ceux du côté opposé; on a été jusqu’à regarder comme frappés de paralysie les muscles de la jambe dont le pied est ainsi déformé.
L’un des écrivains qui a traité par occasion du piedbot, dans le Dictionnaire des Sciences médicales , a remarqué que les orthopédistes comptant beaucoup trop sur leurs appareils, ne prennent pas assez en considération l’action musculaire.
Béclard , toutefois , entrant plus avant dans les conséquences de cette considération, a dit, avec beaucoup de raison , qu’il fallait commencer par établir les muscles dans leur situation naturelle avant de songer à faciliter ou même à exciter leur développement, et par suite la , force de leur contractilité.
On voit, d’après ce qui a été seulement présumé des causes du pied-bot , qu’il n’est pas une seule indication qu’on puisse en déduire , et qu’en dernier résultat il demeure évident ici , comme dans les cas des déviations de la colonne vertébrale , spécifiées dans ce Journal , que ce n’est pas de savoir pourquoi et comment les choses sont ainsi, qu’il importe, mais bien de reconnaître à laide des yeux et du tact , en quoi elles consistent , et par quels moyens on peut les changer. Or, dansle pied-bot, on trouve jusqu’à un certain point les éléroens matériels d une conformation régulière. Leur désordre seul est un obstacle à cette conformation. Ce désordre consiste, comme on peut le voir , dans la distension de certains ligamens , de certains muscles , d’un côté , et dans la rétraction de pareils organes au côté opposé. Tout le pied-bot est dans ces conditions chez les enfans âgés seulement de quelques
mois, mais bientôt cet état des organes que nous venons de nommer est modifié par 1 exercice de lamaiciicet l’accroissement des divers organes dont se compose le pied. Ce ne sont plus seulement des ligamens , des tendons , des aponévroses en lesquels résident les seules causes de la difformité , et qui n’opposent que des résistances relatives à toute tentative de redressement, ce sont au contraire des cartilages , des os qui ont cru et se sont développés contrel’étatnormal , et dont les configurations ne peuvent plus s’accommoder à des situations , à des rapports de conformation régulière.
L ignorance de la cause de la difformité qui nous occupe, ne peut donc être absolument d’aucune influence dans le choix des moyens à employer pour la corriger. Cette même difformité, comme la presque totalité de celles qu’apportent les enfans en venant au monde , n’a rien de commun avec une maladie. C’est une simple iri’égularité de direction , de consistance et de forme dans certains organes qui la constituent. Ce n’est qu’à cette irrégularité qu’il faut rapporter le défaut de développement des parties molles du pied et de la jambe , autant que celui des os et des cartilages qui entrent dans leur composition.
On ne cesse de répéter une vérité depuis long-temps reconnue et jamais contestée , et qui est que le défaut d’exercice des organes, et notamment des muscles, nuit à leur nutrition , à leur développement , et on veut expliquer par ce seul fait la différence en moins sous le rapport du volume que présentent la jambe et le pied dévié , ce membre comparé à son semblable bien conformé dans le même enfant. Mais on ne fait pas attention dans l'application des conséquences de ce fait au pied-bot, à la circonstance , cependant très-digne de considération, qud doit y avoir autre chose que ce défaut d’exercice des muscles dans la production de cet état d’ exiguïté du
membre, puisqu’il n’est pas seulement sensible clans l’en- f ant qui marche , mais qu’il l’est également clans celui qui ne fait que de naître , et qui , on l’accordera sans peine , dans le sein de la mère, n’a pas cependant plus exercé le membre bien conformé , que celui qui n’est pas tel.
Ainsi donc , produire toutes les conditions de direction et de forme qui manquent dans le pied-bot, doit être le seul et le premier but qu’on doit se proposer cl’abord ; et pour atteindre ce but , il faut relâcher et distendr des ligamens , des aponévroses , des tendons ; et dès-lors après avoir agi de la sorte sur ces organes , ou en meme temps qu’on le fait , diriger vers la conformation naturelle les os , en la régulière situation desquels réside la j bonne conformation du membre, ce sera procéder méthodiquement et d’après des données positives.
Tel est aussi l’esprit qui nous a guidé dans la parLie du traitement du pied-bot, dont nous allons continuer l’exposition.
C’était donc , comme on l’a vu plus haut , par des opérations nouvelles que nous pratiquions très-souvent pendant le jour sur le pied-bot difficile à corriger , que nous étions parvenu à pouvoir le placer, sans effort, dans sa situation régulière. Mais par quels autres fbins les progrès successifs que nous faisions vers la bonne conformation , se maintenaient-ils, avons-nous dit qu’on pouvait nous demander ? Par aucun ; par la raison qu’il n’eu pouvait être aucun , d’après notre expérience , auquel ne fût attaché l’inconvénient plus ou moins grave de gêner les mouvemens des muscles de la jambe et du pied, et d’accroître par des positions forcées et encore contrenature, les obstacles que la circulation, et surtout linnervation éprouvent , dans tout membre difforme a la l manière de celui-ci , et comprimé sur quelques points de son étendue.
Cet enfant marchait/ donc le pied faiblement retenu par une simple courroie , qui du bord externe du souuei ,
se bouclait à une jarretière peu serrée au-dessous du genou , l’attirant vers la direction régulière dont il était plus ou moins éloigné; et quelque vicieuse que fût la manière dont la station et la progression s’exécutaient, il n’était pas moins ferme sur ses jambes et ne marchait pas moins vîte qu’aucun enfant de son âge ; il ne tombait pas plus souvent. Nous pensions, en conséquence, et nous sommes encore dans la même opinion , que la liberté du membre difforme pouvait servir , plus que tout autre moyen , au développement de l’action musculaire que nous provoquions 1 d’ailleurs par des frictions sèches, le massage et des fustigations avec le plat d’une lame de buis, souvent pratiquées sur le membre inférieur ; et une preuve que cette méthode de traitement a de la supériorité sur celles employées jusques-là, et sur celle notamment mise en pratique par l’élève de Jaccard , qui s’en était reposé pour la correction définitive de ce pied-bot, sur l’action de l’appareil composé d’une ceinture , de lames de fer placées au côté externe des deux membres inférieurs, etc.; une preuve, disons- nous, que cette méthode de traitement a de la supériorité sur celle adoptée par Jaccard , ou du moins par son élève, c’est que la callosité que nous avons dit qu’on remarquait au bord externe du pied, s’étendant plus vers son dos que vers la plante , diminua peu-à-peu , et s éloigna en même temps du dessous du pied , finissant par n etre sensible que sur l’épaisseur de son bord.
Nous terminons ici ce que nous avions à dire sur la partie la plus difficile du traitement, du pied-bot , dans lequel 1 aponévrose plantaire trop courte , contractée , entraînée et retenue dans une direction vicieuse , est la cause des résistances qu’on éprouve en essayant d’établir la bonne conformation du pied, considéré seulement en ui-meme. Nous avons fait connaître dans cette partie du traitement les moyens que nous avons employés et les c ets qu ils ont produits, tels entr’autres que la possi-
sibilité de placer le pied dans un soulier de forme ordinaire, de manière que la plante s’applique à très-peu près sur la face supérieure de la semelle , et ainsi sur le sol avec cet intermédiaire ; nous avons fait ressortir tout ce qu’a d’assujettissant et de pénible la marche que nous avons suivie pour arriver à la seconde partie du traitement, et d’après ces considérations nous avons conseillé l’emploi de la machine de Venel , par l’action de laquelle nous pensons qu’on peut remplacer en très-grande partie nos opérations manuelles. Il ne nous reste qu’à parler de la seconde partie du traitement , celle qui a pour objet l’établissement et le maintien des rapports réguliers entre le pied et la jambe.
Des appareils de diverses formes sont employés pour remplir cette indication; cependant tous se composent essentiellement d’un ressort ou d’une pièce métallique non élastique , de la longueur de la jambe dont le pied est déformé , et ce ressort ou cette pièce articulés avec une pièce de fer en forme d’équerre , dont une partie est attachée au-dessous de la semelle du soulier , et dont l’autre s’élève verticalement en face de la malléole , tendent au double but d’attirer et de maintenir le bord du pied en dedans ou en dehors , selon le genre de sa déviation , mais toujours sa face plantaire parallèle au sol.
Venel , Jaccard et Scarpa ont fait entrer cette piece verticale dans la composition de leurs machines. Nous avons dit que M. Delpech emploie dans le traitement du pied-bot une machine imitée de celle de Scarpa ; c es avoir annoncé que cette pièce en fait aussi partie.
♦Toutefois , comme on peut le voir dans la deuxie partie de ce Numéro , et comme on le verra dans même partie du plus prochain , dans ces diffeien chines cette pièce verticale n’a pas la meme forme , et ne s’articule pas par le même mécanisme avec ce q nous avons dit être placée en face de la malléole , et so
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ces deux rapports il nous paraît d’autant plus à propos de discuter ses avantages et ses inconvéniens , que c’est dans les conclusions de cette discussion que se trouvent les motifs qui nous ont déterminé à combiner dans celle que nous avons fait construire nous-même, la. forme elle mode d’articulation que nous avons jugés les plus propres à remplir le but qu’il y a à se proposer.
Ici le point principal de la question est tout physiologique , moins susceptible par conséquent de démonstration que s’il était purement anatomique. Nous n’en espérons pas moins, cependant, mettre nos lecteurs en état de prononcer sur la réalité des services qu’on doit attendre de cette partie la plus importante de l’appareil destiné à établir et à maintenir les rapports réguliers entre le pied et la jambe , selon la forme qu’on lui donne et le moyen d’union avec l’équerre , qu’on adopte. t
Sous le rapport de la forme, Jaccard a voulu que la pièce dont il s’agit fût courbée à un degré relatif à la force qu il convient d’opposer à la résistance , mais agissant toujours d’une manière fixe, c’est-à-dire , sans balancement avec cette meme résistance , son objet n’étant que d attirer et retenir la plante du pied vers sa direction régulière. ,
Sous ce même rapport, au contraire, Scarpa, dans 1 intention d opposer aux résistances à surmonter une puissance d une nature analogue à celle des organes, a voulu que sa pièce verticale fût une lame élastique ayant la propriété du ressort. Il l’a bien courbée comme Jaccard , uiais il ne lui a pas donné cette courbure dans les mêmes vues, puisque Jaccard ne l’a courbée que pour lui faire remplir seulement l’office de levier, aussi l’appelle-t-il indifféremment baguette ou levier , tandis que Scarpa a voulu retrouver en elle, outre ce service , celui de sup- P éer au manque de forces des ligamens et des muscles.
recherchons d abord quels sont les motifs qui ont pu
( 3io )
déterminer Jaccard à n’employer la pièce dont il s’agit que comme simple levier; nous discuterons ensuite les raisons sur lesquelles Scarpa se fonde pour réunir dans la sienne la force d’un levier et l’élasticité d’un ressort.
Jaccard , d’après ce qu’il .nous en semble , ne paraît avoir eu en vue que d’établir les rapports réguliers entre le pied et la jambe , en distendant seulement les ligamens qui le retiennent dans une direction vicieuse. Il a courbé son levier pour en augmenter la force ; il l’a retenu ensuite plus ou moins rapproché du genou pour continuer le double effet qu’il s’est proposé de produire ; il n’aurait donc vu d’autres obstacles à l’établissement du pied dans ses rapports réguliers avec la jambe , que ceux que lui opposent des ligamens trop courts ou trop contractés , et l’influence de l’action musculaire sur la production delà difformité, ou sur l’efficacité desmoyens employés pour la corriger , ne paraîtrait pas avoir été prise par lui en aucune considération. La construction de sa machine et les propriétés physiques des matières qui entrent dans sa composition , ne permettent guères , du moins , d’en penser autrement.
Mais tandis que nous sommes réduit à ne pouvoir que conjecturer relativement aux vues qui ont guidé Jaccard dans la composition et la construction de cette parue e sa machine , que dès-lors il faut nous bornei à ju^ei c e l’effet quelle produit, Scarpa, procédant comme tous ceux qui sentent la nécessité et l’avantage de motiver dans l’exercice de la chirurgie , ce qu’ils conseillent : ou ce
qu’ils pratiquent, Scarpa, disons-nous , s’est explique ,
comme on va le voir, au sujet du choix qu il a ait ce lames élastiques dont se compose essentiellement sa machine. . .
« De tous les moyens , a-t-il dit , que 1 on peut si s i « tuer avec avantage au manque de forces ligamenteuses » et musculaires, il n’en est pas de plus convenable a
» mon avis cjne la plaque d acier battu. Itn effet, celle-ct - ne cesse jamais d’agir à l’aide de sa propre élasticité ,
» et par des oscillations elle élude, pour ainsi dire , la »> résistance sans cesser d’agir pour les vaincre. »
Ainsi c’est évidemment d’après des vues différentes de celles de Jaccard , que Scarpa a choisi la matière dont se compose la partie de sa machine par laquelle il tend cependant comme lui à attirer et à maintenir la plante du pied dans une direction parallèle au sol.
Mais Jaccard et Scarpa remplissent-ils réellement les , vues qu’ils se proposent? Nous répondons nous-même à cette question par l’affirmative en faveur de Jaccard , et par la négative contre Scarpa , et voici sur quoi nous nous fondons.
Il est positif, et comme nous l’avons rapporté précédemment, Béclard l’a bien reconnu relativement aux indications qu’il y a à remplir dans la correction du piedbot; il est positif, disons-nous, qu’avant de s’occuper de donner aux muscles la faculté de se contracter et de rem-
-if
plir leur destination , il faut de toute nécessité les placer dans leur situation , dans leurs rapports naturels avec les os auxquels ils tiennent, pour leur faire exécuter des mouvemens quelconques , et que dès-lors il n’y a qu’à procéder à cette partie du traitement,, en ayant égard à la nature des organes sur lesquels les puissances mécaniques doivent agir, pour n’exercer sur eux que des actions qu ils puissent souffrir sans que leurs propriétés vitales en souffrent , au point du moins de courir le risque qu’elles en soient notablement affaiblies, ou peut-être même anéanties. Or , quels sont ici les organes auxquels Jaccard et Scarpa font une violence nécessaire et inévitable pour diriger et retenir la plante du pied vers le sol en forçant sou bord interne ou externe à abandonner sa direction vicieuse, en ce quelle se rapproche plus ou fioins de 1 horizon? Ces organes , on le sait, sont d’abord
celui des deux ligamens interne ou externe (selon que le pied est dévié en dedans ou en dehors) , qui unit le pied à la jambe ; ensuite, mais secondairement, les ligamens qui unissent entr’eux les divers os du tarse. Ce sont enfin des tendons qui terminent certains muscles de la jambe, tels que le soléaire et les jumeaux, les fléchisseurs, le jambier postérieur, les péroniers latéraux.
El de ces divers organes , quels sont ceux qui souffrent les premiers la violence qui doit inévitablement leur être laite pour changer la direction vicieuse du pied ?
C’est d’abord et principalement le ligament interne ou externe : c’est un de ces ligamens en effet qui est le siège de la principale résistance , et sur lequel s’exerce , par le levier de Jaccard, ou la lame verticale élastique de Scarpa, la distension première et la plus considérable. C’est un de ces ligamens qui doit commencer à céder avant qu’aucune des autres parties qui doivent céder aussi y soient forcées par les efforts dirigés dans ce but; or, ce ligament ne jouit point d une faculté contractile a la ma nière des muscles, comme cela devrait être pour motiver la préférence donnée par Scarpa à une force élastique pour opérer sa distension. Ce ligament doit se distendre et ne pas revenir sur lui-même. Il en est de même de ceux que nous avons dit ne devoir être considérés que secondairement en raison du peu de résistance qu ils peu vent opposer. L’élasticité de cette pièce verticale n est donc point nécessaire , puisqu’il n’y a pas lien à accommo^ der l’action qu’elle est destinée à exercer, à des mouvemens alternatifs de contraction et de îelachement qu faudrait respecter et meme favoriser s ils faisaient paît des propriétés ou des attributs de ces matièies ou fondions des ligamens.
Examinons actuellement si la distension devant s e ectuer dans les tendons, et par suite dans les muscles dont ils sont des dépendances intimes , la lame élastique ne seyait pas préférable au levier inflexible,
Pour traiter cette question conformément aux faits qui? en sont le véritable objet, il faut toujours considérer que d’après l’état des parties observées , selon l’ordre et le degré de force de leurs résistances , ce sont , comme nous venons de le dire , les ligamens qui unissent le pied à la jambe , qui offrent la première et la plus considérable à vaincre, et que par conséquent cette résistance ne pouvant être vaincue que la première, celle des tendons nesaurait résister quand celle des ligamens céderait . 1 une et l’autre se trouvant combattues en meme temps par la « même puissance , d’où il résulte nécessairement que la puissance qui aura vaincu la principale et la plus forte résistance, aura vaincu en même temps celle qui n est que secondaire et plus faible.
Ainsi donc , Scarpa s’est encore abusé , pensant quil y avait de l’avantage à faire remplir les fonctions du levier à une lame élastique , au lieu de la baguette non élastique de Jaccard. Mais d’ailleurs , à la manière dont la lame verticale de Scarpa (ainsi qu’on le verra dans une planche de notre prochain Numéro , où nous représenterons sa machine appliquée), est attachée à la jambe, au-dessus de la malléole externe, il est évident que tout mouvement de ressort est rendu impossible par l’action de la vis de pression qui ne laisse au-dessous d’elle qu’un pouce ou dix-huit lignes de cette lame , étendue insuffisante pour qu’un degré convenable d'élasticité y subsiste.
Toutefois encore , dans cette lame verticale de Scarpa on ne doit pas se borner à ne voir que l’inutilité de l’élasticité dont il a voulu quelle fût douée , car cette élasticité sans effet au- dessous de la vis de pression inférieure , est agissante et nuisible au-dessus , si , par sa convexité , cette lame s’applique contre la face externe de la jambe qu’elle fatigue , et peut meurtrir sans qu’il y ait le moindre avantage à en attendre.
La forme du levier de Jaccard, et l’absence de tout
mouvement de ressort qui la distinguent essentiellement d’avec la lame verticale de Scarpa, rendent donc préférable la première de ces pièces à la dernière.
Comparons maintenant entr’eux les deux moyens par lesquels ces pièces sont unies à la partie de l’appareil destiné à recevoir le pied.
Dans la machine de Jaccard, c’est dans une douille posée sur l’équerre qu’est reçue l’extrémité inférieure de son leviér, de manière à ne pouvoir y exécuter le moindre mouvement. Dans celle de Scarpa , c’est par une cheville de fer ressemblant à la lettre T, dont la tête entre dans une ouverture faite à un des côtés de la lame parabolique destinée à entourer le talon, que s’opère, avec faculté de mouvement , l’union de cette dernière pièce avec la lame verticale qui représente le levier de Jaccard.
Ici la différence du mode d’articulation de ces pièces est toute à l’avantage de celle de Scarpa, attendu que quelque obscurs que soient les mouvemens de flexion et d’extension dans l’articulation tibio-tarsienne , au commencement de cette période du traitement du pied-bot , il n’en est pas moins vrai qu’il importe qu’ils puissent s’exécuter, et qu’il faut conséquemment n’y point mettre obstacle comme le fiit la douille à gorge quadrilatère que présente la machine de Jaccard.
Dans l’état actuel de cette partie de l’art qui a pour objet le maintien du pied dans ses rapports réguliers avec la jambe, avec faculté de mouvemens de flexion et d’extension , nous pouvons donc conclure, d’après le raisonnement T l’exposition des faits et notre expérience , que ni la partie de la machine de Jaccard , destinée à produire cet effet, ni celle qui, dans la machine de Scarpa , a la même destination , ne peuvent remplir la double indication qui se présente , mais qu’en empruntant de celle de Scarpa son articulation mobile pour la substituer à l’articulation immobile dans la machine de Jaccard , on intro'
tluît dans cette dernière une modificalion avantageuse ci
nécessaire. <
Il est enfin une dernière, mais fort importante indication à remplir dans le traitement de la plupart des piedsbots, c’est l’alongement du tendon d’Achille. Quelle est des machines dont il vient d’être question , celle qui réunit les conditions propres à produire cet effet , et mieux et plus tôt? C’est , à notre avis , celle de Jaccard , et notre jugement à cet égard est fondé sur les considérations suivantes :
La machine de Jaccard a une semelle solide , et c’est à la faveur de cette solidité que la plante du pied, exactement appliquée contre elle et retenue en cette place , se trouve comme elle dans la station et dans la marche, dans une direction parallèle au sol sur lequel elle est plus facilement dirigée dans le sens de sa surface que dans celui de l’épaisseur de son bord , par la raison que cette surface ayant une certaine étendue dans le sens de sa largeur , il est beaucoup plus facile à l’enfant d’y appuyer son pied à plat , en dirigeant sa plan te vers le sol , que de l’y appuyer sur un de ses bords pour diriger l’autre vers l’horizon , la première de ces deux positions offrant d’ailleurs à la station et à la progression des points d’appui d’autant plus solides qu’ils sont plus étendus.
La machine de Scarpa , au contraire , a une simple semelle de peau plissée autour dés orteils au-dessus desquels elle est simplement retenue par un cordon passé dans une coulisse, circonstance qui, jointe à la faiblesse de la surface de cette semelle, permet au tarse et au métatarse de céder à la tendance qu’ils ont toujours de se diriger vers leur position vicieuse, ne trouvant point en elle une résistance propre à les en tenir éloignés ; cet effet ne pouvant d’ailleurs être produit au plus faible degré par la lame horizontale placée par Scarpa , le long du bord du pied rendu convexe par la dfformité.
Or, que résulte-t-il delà différence que présentent ces deux parties essentielles des machines dont il est question relativement à l’alongement du tendon d’Achille? Il suffit pour le voir d’en observer en meme temps les effets sur deux en fa ns difformes au meme degré. Dans la station , chez celui qui aura le pied dans la machine de Jaccard , ce tendon sera plus tendu qu’il ne le sera chez celui qui l’aura dans la machine de Scarpa; la plante du pied du premier sera plus ou moins dirigée vers le sol , tandis que chez le dernier ce même tendon sera moins tendu et la plante du pied relativement plus dirigée vers l’horizon, c’est-à-dire vers la conformation vicieuse.
Et dans la progression ces différences seront encore bien plus sensibles, attendu qu’elles seront en raison de l’effort que fera l’enfant pour s’élever sur la pointe du pied, ( ses orteils portant sur toute la partie de la surface delà semelle soiideàlaquelleils correspondent),, et peser ensuite pour l’exécution de chaque pas sur le talon ; alternative de mouvemens nécessaire pour qu’il y ait réellement progression régulière, et non telle qu’elle peut se faire avec la machine de Scarpa où elle ne peut être qu’irrégulière en ce qu’elle ne s’opère qu’en vertu d’un seul mouvement , parce que le pied est déplacé dans sa totalité , en même temps que la jambe.
Toutefois , nous devons prévenir ceux qui pourraient s’occuper de cette comparaison , qu’il ne faut pas s’attendre qu’on puisse dans tous les cas observer bien positivement la tendance continuelle imprimée au tendon d’Achille dans la machine de Jaccard, et propre à en obtenir l’allongement, soit dans la station , soit dans la marche. Cette tendance n’est que rarement rendue sensible par les mouvemens peu prononcés qui la constituent , mais elle n’en existe pas moins , et la preuve en est dans les progrès que fait le pied de l’enfant vers la conformation qui se rapprochera d’autant plus de la régulière, que
îc tendon d’Achille aura acquis lui-même la dimension la plus rapprochée de celle qui lui est naturelle.
Parvenu à ce terme du traitement qui n a eu pour objet jusques-là , que l’établissement des rapports réguliers entre les diverses parties en lesquelles leur absence constituait le pied bot , il n’y a plus qu’à attendre la consolidation de ce nouvel état du pied qui se rapproche plus ou moins de sa forme normale , mais qui , nous pouvons l’affirmer, ne l’atteint jamais absolument, quoi qu’en aient dit des gens étrangers à l’art de guérir , que des médecins 1 et même des commissaires nommés par des Sociétés de médecine pour faire des rapports sur leurs procédés, ont paru croire sur parole , ou sur des faits dont une juste appréciation ne pouvait cependant motiver la moindre conclusion dans l’intérêt de l’art.
Mais quel est le temps nécessaire à cette consolidation i Des deux professeurs, Scarpa et Delpech , les seuls praticiens qui ont écrit ex-prof esso sur le traitement du pied-bot, le premier l’a fixé à un an , le second a terminé sa i.crc observation sans dire , si après deux ans de traitement 1 enfant marchait délivré de tout moyen contentif; dans la 2,c il ne précise ni la durée du traitement, ni celle du temps cle la consolidation. Il en est de même de la 3e. Dans la 4-c et la 5.c il ne s’agit que de diminution de la difformité obtenue par le traitement. Dans la 6.c où il est question de deux pieds-bots, chez une petite fille de deux ans, dont le reste des deux membres abdominaux étaient privés de l’exercice régulier de leurs fonctions , M. Delpech rapporte qu’un an après le commencement de 1 emploi de sa méthode , cet enfant marchait entièrement sur la plante des pieds , dont la déviation latérale était presque totalement effacée, et disparaissait complètement par le plus léger effort. Mais le conseil qu’il donna de faire usage pendant plusieurs années , d’un appareil plus simple que celui qui avait été employé jusques-là , et propre à conso-
licier une guérison si heureusement obtenue, prouve que ce praticien distingué prévoyait, et à notre avis avec raison , que plusieurs années seraient encore nécessaires pour la consolidation de sa cure. U)
M. Richerand dans sa Nosographie , M. Boyer dans son Traité des maladies chirurgicales, n’ont rien dit non plus de cette période du traitement du pied-bot, qui, bien qu’elle n’exige pas des soins aussi assidus , ne peut toutefois être entièrement abandonnée à la nature ni à l’action d’une chaussure, sur T efficacité de laquelle on compterait envain, quelque propre qu’elle fùtàmaintenir le pied dans sa bonne direction , si un homme de l’art n’en surveillait l’application. Nous tenons au surplus de M. Richerand, qu’il ne s’est point spécialement occupé de la correction de cette difformité , et M. Boyer nous a dit qu’il n’en avait jamais suivi le traitement jusqu’à sa fin.
Dans une des divisions de l’article pied, au Dictionnaire des sciences médicales p. 4o3 , on lit « M. Louis d’ïver- « nois s’est beaucoup plus attaché à démontrer l’utilité de » l’appareil de Venel (2) qu’à en donner une description » détaillée; on ignore quelles sont les modifications qu’il a « fait subir au procédé de cet orthopédiste ; son essai sur la « torsion des pieds (in-8.°, Paris 1817 ) très-court dans tout ” ce qui concerne la nature de cette maladie, n’est guère » plus long lorsque l’auteur s’occupe des moyens de la « guérir. M. d’Ivernois prétend que son appareil ne manque » jamais son but. Le temps pendantlequel les enfans doi- « vent le porter est, dit-il , très-^variable ; il est en général
(1) Pour tnettre*nos lecteurs à même de juger de l’efficacité dont
peut être sa machine , nous en donnerons le dessin , ainsi que de l’appareil à mécanique qu’il a employé pour exécuter sa belle opération de la section du tendon d’Achille. (Voyez ces observations dans l’ouvrage déjà cité de cet auteur.)
(2) Qui est celui de Jaccard.
« d’autant plus long que la maladie est plus ancienne, la difformité plus considérable, et que l’action muscula.re » se trouve plus affaiblie. M. d’Ivernois se tait sur les soins ,
>. l’attention qu’exige l’application de la machine, la con- » duite du traitement, et celle de la convalescence qu il » faut dit-il observer autant que la cure elle-même (1) ».
On n’a donc jusqu’ici rien publié qui puisse fixer l’opinion des praticiens , sur la durée du temps nécessaire à l’affermissement des parties établies par l’art , dans leur conformation et leurs rapports réguliers, à la suite du traitement du pied-bot, et ce manque de données résulte évidemment, comme on l’a ditavecbeaucoup de raison, de l’éloignement blâmable qu’ont montré de tout temps les hommes de l’art , pour le traitement de cette difformité , qui , comme la plupart des infirmités de cet ordre , exige beaucoup de temps et non moins d’habilité et de patience. Toute fois nous pouvons nous même déclarer nonobstant toutes assertions contraires , émises d une manière positive , vague ou ambiguë , que trois ans chez des enfans qui ont été traités avant d’avoir marché , suffisent à peine pour la consolation de la correction du pied-bot le plus simple, et que chez des sujets qui ont marché , celte consolidation à un degré de correction assez avancé pour que la station et la progression s’exécutent, la pointe du pied en avant, et le pied pouvant s’étendre sur la jambe, ne s’obtient que beaucoup plus tard, plus difficilement et d’une manière si peu stable, que nous conseillons presqr’indéfiniment l’usage d’une chaussure contentive, dont nous donnerons la description dans un second article sur le même sujet. En attendant nous invitons ceux de nos confrères qui auront occasion de disséquer des pieds-bots dans les différens âges , à s’occuper de l’état de l’aponévrose plantaire autant que de la diduction et de la défor-
(i) Voir la note qui termine cet article.
malion des os à peine appréciable , au-dessus de l’àge de quatre ans où les os du tarse, sont encore loin d’avoir des formes arrêtées. ( La sui/e de cet article au prochain Ar.u)
Note.
Nous ferons remarquer, au sujet de cet article, publié en 1820 et signé Monfalcon , que si on pouvait s’étonner de quelque chose dans une production anonyme qui vient d’être jetée dans le public, et dans laquelle l’auteur a certainement en vue d’autres intérêts que ceux de la science et de la vérité, quoique ce mot se trouve le principal de son titre , ce serait d’y avoir annoncé comme très-marquant dans l’orthopédie, il y a 12 ans, un jeune suisse qu’il qualifia, même à tort , de simple étudiant en médecine et d’élève des hôpitaux , qui se serait fait connaître alors à Paris par un essai , du sens duquel ce passage est extrait. Ce jeune suisse en effet n’a rien produit depuis cet essai, du mérite duquel on peut juger par les remarques fort justes que fait à son sujet M. Monfalcon dans l’article du Dictionnaire des sciences médicales que nous venons de citer,, et il a si peu répondu aux encouragemens qui lui furent donnés par le rapporteur d'une commission nommée pour rendre compte de son savoir dans le traitement du pied-bot, il s’est montré enfin si peu chirurgien orthopédiste doué d'un véritable génie pour la mécanique chirurgicale , comme le dit. l’anonyme , qu’il est absolument demeuré ce qu’il était il y 12 ans, c’est-à-dire sans le moindre titre dans l’art de guérir, continuant sans droit sous les auspices, dit-on, d’un médecin distingué, de traiter des pieds-bots avec des succès divers. Notre anonyme prétend cependant que V article pied -bot du Dictionnaire des sciences médicales constate V utilité et V importance des travaux de M. D’Ivernois , qu'il avait une réputation classique en orthopédie , et qu’on ne comprend pas que rédigeant un journal et faisant un cours sur cette ma -
itère, nous nous soyions abstenu de parler de lui. Noslecteurs peuvent voir, si , dans l’article du Dictionnaire des sciences médicales dont nous venons de citer un passage , et dans celui qu’il indique lui-méme dans cet ouvrage, on trouve la moindre notion dont on soit redevable à M. D’Ivernois.
Nous venons d’extraire le jugement que M. Monfalcon porte de l’essai de M. D’Ivernois , dans son article Pied. Que si on lit à la suite de cet article celui Pied-bot, on y verra que son auteur, M. Pâtissier, a commencé par reconnaître que M. Monfalcon avait traité d’une manière satisfaisante de V histoire des pieds-bots , de leur nature, de leurs causes , de leurs variétés et des différais appareils proposés pour les guérir , et qu’il partage , par conséquent , l’opinion peu favorable émise par cet écrivain renommé, sur le mérite de M. D’Ivernois , bien que cependant , il loue, lui M. Pâtissier, la simplicité de ses appareils , l’attention quil prend de rétablir T équilibre des organes moteurs du pied et les manipulations qu’il y exerce chaque jour, (sans dire en quoi elles consistent), procédés auxquels il attribue ses nombreux succès, qui l’ont d’autant plus surpris , dit-il , qu’il était persuadé, d’après le défaut de réussite des autres orthopédistes ( qu’il ne nomme pas), que les pieds-bots étaient une maladie réellement incurable , opinion , comme on le sait, en opposition avec celle d’Hippocrate. On y verra ensuite que M. Pâtissier n’ajoute, relativement aux travaux de M. D’Ivernois, que la description de la bottine qu’on trouve à la fin de sa brochure , et de laquelle il dit « qu en la comparant avec celles qui sont vantées par les orthopédistes de nos jours , on lui trouve la plus grande analogie avec celle de M. Delacroix , dont on voit la description à la page 353, 38.° vol. du Dictionnaire des sciences médicales. ( Il est à remarquer, toutefois, que dans ce même ouvrage, M. Pâtissier, immédiatement après avoir écrit ces lignes, ne parle de la machine de M. Delacroix que pour prouver
son inefficacité, bien qu’elle soit fort louée cependant pai‘ MM. Fournier-Pescay et Begin, contraste sur ce point, dans le même ouvrage, entre les opinions d’hommes d’un mérite reconnu , dont on voit d’ailleurs tant d’exemples dans la composition d’articles de Dictionnaire, où les auteurs ne traitent pas toujours des sujets dont ils se sont occupés en praticiens. On y verra enfin , dans l’article orthopédie rédigé par MM. Fournier-Pescay et Begin, et publié en 1819 , c’est-à-dire deux ans après la publication de la brochure de M. D’Ivernois, qu’ils pouvaient connaître aussi bien que nous , qu’ils ne le nomment même pas dans la division de cet article où il s’agit du pied-bot.
Il n’est donc pas vrai, même d’après les autorités invoquées par l’anonyme, que, comme il le prétend d’ailleurs sans le moindre fondement , M. D’Ivernois eut une réputation classique en orthopédie , et si , d’autre part , on consulte le rapport de M. Thillaye , qu’il cite encore à l’appui de cette assertion , au moins ridicule , on y verra sans doute qu’il fût tout de bienveillance, et rédigé seulement dans l’intention louable de donner à un débutant dans l’art de' corriger une seule des mille difformités dont la connaissance constitue le domaine de l’orthopédie , un peu plus étendu qu’il ne le croit.
Il n’est donc pas vrai non plus que M. D’Ivernois ait tenu parole , comme le prétend encore à tort l’anonyme, puisque douze ans se sont écoulés depuis son annonce d'un travail plus étendu et plus complet , etc., etc., sans qu’il ait publié une page sur ce sujet.
Et enfin il n’est pas vrai , quoi qu’en dise toujours l’anonyme , que l’orthopédie doive les moindres progrès à M. D’Ivernois à aucun titre , mais nommément pour avoir singulièrement perfectionné la méthode inventée par Veneb, relativement au traitement des pieds bots, puisque dans son essai il montre évidemment, comme le prouve encore la lettre de Jaccard à M. Lévciilé , d une
part, qu’il n’a pas meme connu la machine de Vcnel, puisqu’il nie l’exactitude de sa description dans les journaux allemands, tandis que Jaccard, son successeur , qui Ta employée lui-méme, la déclare exacte;
Et de l’autre, qu’il n’a pas même appris de Jaccard, dont il se dit cependant l’élève , que la machine dont il se sert à Paris, apres l’avoir, dit-il, perfectionnée, est de l’invention de la Jaccard et non de celle de Yenél.
Qu’on juge actuellement des connaissances , de la logique , de la véracité et de l’esprit dont fait preuve notre ■ anonyme dans ce qu’il dit du talent en orthopédie de son jeune Suisse.
Qu’on s’explique , si on lç peut , pourquoi , ayant vu MM. Fournier-Pescay çt Bçgin publier en 1819 dans le Dictionnaire des sciences médicales, un ai'ticle sur les pieds-bots , sans dire un mol de M. D’Ivernois qui, deux ans avant seulement , avait publié sa brochure , il n’a pas témoigné alors le moindre étonnement d’un pareil oubli, que dix ans plus tard, avec sa politesse naturelle, il taxe d’ignorance ou de mauvaise foi delà part d’un de leurs confrères qui , bien qu’il eût écrit sur quelques parties de l'orthopédie, n’avait point encore traité du pied-bot, seul objet de la brochure tant louée.
Terminons ici , toutefois, ces simples observations sur un misérable pamphlet , dont nous avons déjà trop entretenu .nos lecteurs, et gardons-nous de croire, surtout pour l honneur de la robe , que l’auteur , qui n’a osé l’avouer en le signant, appartienne en rien au corps des médecins, bien qu’il se dise docteur de la Faculté de Médecine de Paris. Imitons d’ailleurs M. leRéclacteur-généraldu Journal-général de Médecine (juin 1826) qui ayant découvert le bout de V oreille de l’auteur de cette maigre et satirique brochure , veut demeurer dans le doute sur son uom, parce que attaquant , dit-il , amèrement et souvent
grossièrement ses confrères, il s’enveloppe du voile ignominieux de l’anonyme.
Planche V .
Fig. I. Pied-bot droit, vu du côté de la face interne de la jambe.
i , x, i , sillon formé à la plante du pied par l’aponévrose plantaire, un peu plus courte que dans l’état normal.
2.2, bord externe du pied , formant une courbe par l’effet de la diduetion, ou diastase de la part des os
naviculaire , cuboïde et calcanéum.
3.3, portion de tégumens qui recouvrent dans l’état naturel le tiers externe de la face dorsale du pied , et son bord du même côté.
La saillie de cette portion de tégumens , indiquée par les deux chiffres 3 3, forme le bord interne d’une surface qui tient lieu de la face, plantaire, et sur laquelle 1 enfant s’appuie dans la station et la progression.
Ce pied, vu du côté de la face externe de la jambe , qui dans le pied-bot devient antérieure , présenterait un renflement des tégumens beaucoup plus considérable que
celui qu’on voit de ce côté.
4, centre du talon, visible dans l’étendue de la face interne de la jambe , qu’il termine en bas, tandis que dans, l’état régulier les limites de cette face sont à la malléole.
Telle est la forme la plus ordinaire des pied-bots van , qui, dans cet état, peuvent encore être plus ou moins difficiles à corriger lorsque l’enfanta marché.
Les circonstances qui rendent celte correction beaucoup plus difficile sont, au lieu de la direction presque horizontale du gros orteil qu’on voit ici, un rappiocie ment plus considérable de cette partie de pied veis a ace interne de la jambe ; le sillon , indiqué per le chiffre j , i , * * plus profond ; le bord indiqué 2,2, offrant une cour jc p.us