BIGARRÉ
Réflexions sur les deux observations qui précèdent..
Nous avons dit ailleurs que la menstruation n’était jamais troublée par le fait du traitement auquel nous soumettons les personnes affectées des déviations de l’épine , auxquelles nos divers modes d’extension doivent être appliqués. On vient de voir dans la première observation de notre confrère M. Bigarre , que cette fonction s’est établie pour la première fois plusieurs mois après le ti'aitement commencé ; que son premier retour périodique a eu lieu exactement un mois après , et que s’il a été interrompu ensuite , ce ne peut être par le fait du traitement puisqu’il a été suspendu , mais bien , ainsi que pareil accident s’observe communément, par 1 effet que la grave maladie quelle a éprouvée , a produit sur le i système général de ses forces. Nous nous bornons ici à appeler l’attention de nos lecteurs sur ce fait , observé dans cette circonstance comme nous 1 avons observe nous-même dans plusieurs antres semblables.
Quant au fait du redressement du rachis , opéré par l’emploi de notre méthode, nous nous bornerons encore à dire qu’il est en général semblable à celui que nous observons dans tous les cas analogues. On voit dans 1 obseï vation de notre confrère M. David , qu il en est de mem
relativement à ce qu’il observé de son côté.
La deuxième observation que nous transmet 1 . 1
garré , doit appeler l’attention de nos lecteuis sui 1 point de doctrine bien autrement intéressant , en ce qui constitue un fait bien plus rare dans son espèce que ceu. qui rentrent dans celle à laquelle appartient le sujet de sa
première observation ; nous voulons parler des améliorations très-notables survenues sous ses yeux dans 1 état du col de la jeune personne qu’il avait confiée à nos soins. Nous avons depuis huit mois dans notre établissement une jeune personne qui y est entrée affectée d’une déviation du rachis, de la même manière que celle dont il est question dans la deuxième observation. Un redressement de toute la partie de l’épine au-dessous des vertèbres cervicales , est obtenu depuis plusieurs mois. La poU irine (i) s’en trouve aggrandie d’avant en arrière , et la tête se présente et se soutient plus dégagée des épaules. Mais nous ne pouvons pas encore sentir cet espace occupé par les fibro -cartilages qui unissent les vertèbres cervicales, et nous regarderions comme un des plus beaux résultats et un des plus grands bienfaits du traitement par notre méthode, le redressement de ces sortes de déviations du rachis, que nous avons déjà beaucoup de motifs de croire différer notablement des déviations latérales , de celles du côté droit toutefois. Mais nous devons encore attendre les résultats de l’observation d’un plus grand nombre de cas analogues, pour établir sur ce point des plus intéressans , dans la matière qui nous occupe , des propositions qui reposent suffisamment sur la connaissance de faits vus à la faveur des différens moyens d’investigation que leur étude et leur appréciation exigent.
Des observations que nous venons de rapporter, dont les unes nous sont propres , et dont les autres nous viennent de plusieurs de nos confrères, leur authenticité et leur exactitude étant garanties par leurs noms , autant
(i) Nous croyons devoir rappeler ici que notre journal étant lu par des personnes étrangères à l’art de guérir, nous avons le soin d’employer de préférence aux mots techniques , ceux qui peuvent être entendus de tout le monde.
que par leur existence médicale ; des cas que nous avons observés depuis les soixânte-huit dont nous avons donné la relation sommaire , et qui se portent au nombre d’environ trois cents ; des conférences que nous avons eues avec plusieurs de nos confrères les plus distingués de la capitale, des principales villes de France et de l’étranger, que nous avons rendus témoins de notre pratique, et auxquels nous avons fait connaître les faits anatomiques , physiologiques et pathologiques sur lesquels nous fondons notre doctrine , sur la théorie et le traitement des déviations du rachis ; nous nous croyons fondé à déduire les corollaires suivans, pour faire suite aux propositions que nous avons déjà émises.
En général , c’est vers l’âge de 7 ans que commencent les déviations latérales droites du rachis , c est-a-diie , à cette époque de la vie où une légère courbure à ce côté de cet appareil osseux , fait partie de la conformation naturelle ; et ce seul fait anatomique incontestable ne peut être méconnu, comme cause constante de la plus grande fréquence des courbures de ce côté , par la raison qu’il renferme en lui-même le principe ou le commencement de ces inerties courbures , dont le simp e accroissement constitue les difformités désignées par ces mots : Déviations latérales droites du rachis.
L’influence de ce principe ou de cet état essentiellement prédisposant à la déformation du rachis , sur la production de sa déviation latérale droite , estprmcipa ^men et notablement accrue , non par un défaut dinégai e d’action dans les puissances musculaires, comme on
prétendu encore, sans pouvoir appuy er celte opinion ( u^ seul fait anatomique , d’un seul raisonnement juste et ton
çluant , mais bien par un état de débilité generale , caractérisé chez les enfans en lesquels cette courbure latérale droite, qui fait partie de leur conformation normale vers l’âge de 7 ans , acquiert un développement qui , parvenu
à un certain degré , constitue une difformité.
Les faits sur lesquels cette opinion est fondée , sont la maigreur, la mollesse des chairs, la pâleur du teint, le manque d’appétit , les digestions difficiles ou imparfaites , un état 'd’inquiétude et de langueur, mais surtout l’aversion pour le mouvement, qui s’observent chez les enfans en lesquels ces déviations deviennent de plus en pliis sensibles , de l’âge de 9 à 12 ans, et acquièrent, passé ce dernier terme , des accroissemens toujours plus considérables, par la raison que les conséquences d’un tel état, chez les enfans , sont généralement l’amollissement des organes , qui les dispose à céder à la puissance des moindres forces dirigées contr’eux, et particulièrement relativement à la colonne vertébrale , à celle de la pesanteur de la tête, des bras, et de toute la partie du tronc audessus de sa courbure naturelle, dont l’effet est d’autant plus assuré et prononcé , que la faible consistance des fibrocartilages, remarquable dans tous ces cas , est moins propre à lui résister.