PI. VII
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fiole sur les Difformités du Rachis et sur le Pied-bot.
Depuis la publication de notre précédent numéro l’observation et l’expérience nous ont appris, sur les déviations de la colonne vertébrale , et les divers moyens employés pour les diminuer ou les effacer, que l’origine et la nature de ces déformations d’une des parties les plus importantes du squelette ne nous sont pas encore entièrement connues. Par l’emploi de ces puissans moyens d’investigation nous sommes parvenu à découvrir, nous dirions mieux peut-être , seulement à apercevoir certains phénomènes sur lesquels nous avons dû profondément méditer avant que de raisonner et de conclure sur ce qui nous a apparu. C’est ainsi qu’ayant reconnu l’étendue et la profondeur de la matière dont se compose en partie l’ouvrage que nous avons annoncé, nous nous sommes décidé à en ajourner la publication.
Toutefois nous pouvons dire, et nous le faisons avec grande satisfaction , que très-peu de nos propositions , exprimées dans nos précédens numéros, et relatives à l’origine et à la nature des déviations dont il s’agit , se trouvent infirmées par ce que nous avons appris depuis, bien que nous reconnaissions qu’il y a bien plus à savoir encore.
Quant à l’emploi des divers moyens mécaniques mis en action par d’autres que par nous, nous déclarons , relativement à l’emploi des machines, purement ma-
chines, et n’agissant que comme telles, sous quelles formes que ce soit, à extension fixe, permanente ou dite oscillatoire , que l’autorité du raisonnement et de l’expérience a tellement prévalu sur celle des moyens qu’on avait pu employer pour les accréditer, qu’il n’est pas aujourd’hui de médecin au courant de la science qui ne reconnaisse leur danger ou leur inutilité.
En attendant la publication de notre ouvrage , ex professo, sur ce sujet, nous ferons insérer dans ce journal des articles que nous pourrons composer de l’exposition et de la discussion de faits observés nous-même et par plusieurs de nos confrères, faits desquels il résulte que l’extension, suivant notre méthode , est d’une efficacité incontestable dans des cas donnés , qu’il imparte à la probité comme à la réputation médicale des praticiens en ce genre, de déterminer, autant dans l’intérêt de la science que dans celui des personnes qui en réclament les services.
Dans la séance de l’Institut du î/j avril 1828, nous avons présenté un enfant , âgé de douze ans , et ne avec deux pieds-bots, de la correction de l’un desquels nous nous étions déjà occupé dans notre etablissement. Nous avons fait voir et explorer ses deux pieds par plusieurs médecins , chirurgiens et autres membres de l’Institut. M. Delpech , professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, présent à cette séance, les a vus et examinés attentivement.
La faculté de présenter cet enfant dans cette seance nous ayant été donnée sous la réserve, de la part de M. le président, que nous ne prendrions point la parole pour faire de cette présentation le sujet d une
lecture ou d’un discours , ce que ne permettait point l’ordre de notre inscription , nous nous sommes cependant laissé entraîner à accompagner cette présentation de quelques explications, qui nous ont conduit à l’émission de plusieurs assertions, qu’une improvisation rapide ne nous a pas permis sans doute d’offrir d’une manière tellement claire et précise , quelles n’aient pu être diversement comprises et rapportées.
Plusieurs journaux littéraires et scientifiques, et certains purement médicaux, en rendant compte de cette partie de la séance , tout en nous louant sous le rapport du fond, ont exercé leur critique sur ce que nous avons dit, qu’il était honteux pour la médecine française , que pas un homme de l art ne se fût encore occupé en France d’un sujet aussi important.
Si au mot important , par lequel on fait terminer notre phrase , on avait ajouté ce que nous avons dit d’après plusieurs témoignages irrécusables , ceux avec le soin qu’il exige, nous pourrions nous borner aujourd’hui à dire que celte critique est mal fondée, par la raison que réellement pas un seul ouvrage sur la matière n’infirme notre proposition , surtout lorsqu’on sait, ainsi que nous l’a dit à nousmême, en présence de témoins, l’auteur de plusieurs observations sur le pied-bot , M. Delpech , qu’il n’emploie plus les moyens dont il a parlé dans son ouvrage, déclaration bénévole et sans doute louable qu’il nous a faite sur notre assertion , que nous ne croyions pas qu’on pût , par ses moyens , parvenir à aucun résultat avantageux.
Maïs, d’ailleurs , l’objet que nous avions en vue a été rempli à l’égard de l’assemblée. Nous voulions pro-
céder, comme nous l’avons dit, et comme nous ne saurions trop le dire, de la seule manière dont on doive procéder lorsqu’on veut préparer foi et conviction à ce qu on dit, à ce qu’on écrit en médecine, quand on veut constater une guérison quelconque pai un moyen annonce ; c’est-à-dire commencer par montrer la maladie , de sorte qu’un plus ou moins giand nombre d hommes compétens puisse la bien voir, la reconnaître, et en garder souvenir : cela fait , îepresenter à ces mêmes personnes l’individu qu’on a traite de cette même maladie, et, sans mot dire, les laisser prononcer s’il y a ou s’il n’y a pas guérison.
On peut , et peut-être on doit plus encore, on peut et on doit, dirons-nous donc, rendre témoins ceux qui veulent l’être , dès moyens qu’on emploie et des effets successifs qu’ils produisent, afin que rien ne soit ignoré à cet égard,, et que l’on sache les dangers courus, les souffrances endurées, les accidens survenus, etc. Toutes ces circonstances devant, en effet, être prises en considération.
Eh bien , nous avons fait tout cela : car nous avons déposé, sur récépissé très-détaillé, au secrétariat de l’Institut , les modèles en plâtre pris sur nature , et reconnus tels , des deux pieds de l’enfant dont il s’agit, aussi sommes-nous assuré que, lorsque nous le représenterons à l’Institut, cette société savante confirmera, sur nos procédés et la forme de nos moyens mécaniques, l’exactitude de l’assertion que nous avons émise , que jusque-là, et avant nous, il n’existait aucun moyen trouvé, de corriger tous pieds-bots , à quel âge que ce soit.
On nous a rapporté , et l’insertion en a été laite
dans le numéro du mois de mai dernier de la Revue médicale , que M. Delpech , dans la seance de 1 Institut du 2 1 du même mois , avait écrit à 1 Academie , qu’il publiait en ce moment un ouvrage sur les difforjnilés humaines 3 et particulièrement sur celle qu on désigne sous le nom de Pied-bot , dans lequel il a consigné la description des appareils qu’il a inventés contre cette difformité 3 tels qu’il les a fait connaître dans ses cours ; sa lettre ayant pour but 3 tant de prévenir toute idée de plagiat que la présentation faite dans la dernière séance 3 par nous , aurait pu faire naître , que pour répondre à C assertion que nous avons émise, qu’il était honteux pour la médecine et la chirurgie française de ne s’être pas occupées d’un objet si important.
A ceci nous ne ferons que les observations suivantes.
Nous ne nous proposons d’abord nullement d’accuser M. Delpech de plagiat; mais nous disons que si tel était notre projet , la précaution qu’il a prise ne pourrait atteindre son but; et la raison en est, i°. en ce qu’il est bien connu que nous avons fait à Paris un cours sur les difformités , avant qu’il en eût fait le sujet de l’enseignement dont il est chargé à Montpellier ; 2°. en ce qu’il est un des abonnés à notre journal , où nous avons publié ce que nous avons consigné et pratiqué encore avant lui.
Au surplus, mais ceci n’est qu’une simple conjecture de notre part , nous ne pensons pas , d’après les conversations que nous avons eues aveo M. Delpech dans notre Établissement et à l’Institut, qu’il se soit fait une idée juste de la cause du vice général de toutes les machines employées avant nous.
pour la correction du pied-bot, et par cette considération nous croyons pouvoir prédire que la machine dont on nous a dit qu’il avait envoyé un modèle à l’Institut ne remplira pas le but qu’on doit se proposer. __
La question toutefois est sur le point d’être jugée; mais ne perdons pas de vue que nous avons déjà dit que pour être réellement jugée avec connaissance suffisante de cause , elle ne peut l’être que par les moyens que nous avons indiqués. Or, si M. Delpech n’a pas joint ou ne joint pas à la démonstration de sa machine l’exhibition devant les mêmes juges d’un individu affecté d’un pied-bot, et si plus tard il ne lui présente pas le même individu tel qu’il l’aura rendu , nous déclarons d’avance que nous ne la tiendrons pas pour jugée de manière à opérer avec sécurité notre conviction et celle de tout homme qui ne se contente plus de simples assertions. Nous avons dit ailleurs, et beaucoup d’autres le pensent comme nous, que rien n’est plus commun chez les auteurs, même les plus probes d’ailleurs , de ne voir bien des choses qu’à travers le voile perfide et séducteur de leur prévention. Cette déclaration n’est peut-être pas polie; mais aussi bien est-ce de politesse qu’il doit s agir dans des sujets aussi graves que ceux dans lesquels on traite des moyens de guérir ou de soulager les maux auxquels l’homme est exposé? et n est-il pas temps, depuis qu’on ne parle que de faits, et qu on ne veut juger que d’ap rès des faits, pour avancer dans les sciences médicales , de reconnaître, que tout en s’annonçant ainsi, on se contente, par politesse, et souvent au grand détriment de la vérité , de sim-
pies assertions, où l’imagination d’un auteur lui lait voir à lui seul ce que la réalité ne fait voir a aucun autre? Nos lecteurs trouveront, nous 1 espérons , un exemple de la justesse de notre remarque dans la citation que nous nous proposons de faire avec nos observations , de ce que M. Delpech a dit a la page 201 et suivantes du tome Ier de son ouvrage ayant pour titre Chirurgie clinique de Montpellier, de ce qu’il appelle tantôt le sort ultérieur , tantôt la restauration des muscles dans son traitement du pied-bot.
Maisonabe.
(La suite au prochain numéro.)
Observation d’une Fracture de la troisième vertebre cervicale , causée par la contraction musculaire ;
Par M. Réveillon , chirurgien de l’hôpital militaire de
Maubeuge.
L’auteur de celte observation commence par rappeler que les fractures de l’olécrane , de la rotule et du calcanéum , produites par la seule puissance des muscles , ne sont pas très-rares ; on a vu aussi celle de l’humérus et du fémur ; mais il n’y a pas d exemple de la fracture des vertèbres produite par la même cause. A l’appui de son opinion , M. Réveillon cite celle de M. Boyer , qui regarde cette espèce de fracture comme absolument impossible. Le 2 août i8a5 , un caporal du i8\ régiment d’infanterie légère ^ allant se baigner avec ses camarades , se précipita dans la
Sarnbre la tête et les mains en avant comme font les plongeurs ; bientôt apres , ses camarades le voient se débattre pendant plusieurs minutes sans lui porter secours • comme ils le connaissaient pour un très-fort nageur, ils pensèrent qu’il s’amusait; mais enfin, s'apercevant qu’il ne faisait plus de mouvement, on se décida à le retirer de l’eau et on le porta sur l’herbe , où il reçut les premiers secours du chirurgien-major du régiment. Gelui-ci , après avoir ranimé le malade, le fit asseoir, et s’assura qu’il n’existait ni fracture ni luxation des membres ' qui paraissaient paralysés. Cet homme ne pouvait soutenir sa tête et il était affecté de priapisme. Tel était son état lorsqu’il fut transporté à l’hôpital, où, examiné de nouveau, on observa les symptômes suivans outre ceux qui viennent d’être décrits : corps froid, peau insensible, pouls presque imperceptible , douleur aiguë à la partie postérieure et inférieure du cou , sans aucune trace de lésion à l’extérieur, impossibilité de mouvoir la tête , envies fréquentes d’uriner , point de céphalalgie. Interrogé sur ce qu’il avait éprouvé au moment de sa chute, ce militaire répondit que, croyant qu’il y avait beaucoup d’eau , il avait voulu faire le plongeon ; mais ayant touché de suite avec ses mains le fond de la rivière , il avait porté brusquement sa tête en arrière pour la garantir du choc; il ajouta qu’il n’avait pas le moindre souvenir de ce qui lui était arrivé après ce mouvement jusqu’à l’instant où il fut rappelé à la vie.
Malgré ces symptômes et les renseignemens fournis par le blessé, M. Réveillon, ne devinant pas le genre d’accident découvert depuis , convint avec ses confrères qu’on remplirait les indications qui se présent-
leraient. On fit d’abord des frictions et des embrocalions huileuses chaudes; on prescrivit des infusions diaphoniques chaudes nitrées et des bains chauds. Ce dernier moyen produisit quelque soulagement , suspendit le priapisme, amena l’excrétion des urines, réveilla légèrement la chaleur de la peau, et dès-lors la paralysie des membres sembla diminuer; on avait quelque espoir de sauver le malade lorsque vers neuf heures du soir le pouls devint petit et fébrile avec grande soif, sueur copieuse , altération des traits ; le pouls ne resta pas long temps dans cet état : à onze heures il était si fréquent, si plein, si dur, qu’on lit une large saignée ; point d’amélioration. A une heure du matin , cris aigus , délire furieux , mâchoires serrées , face grippée , insensibilité , chaleur intense ; mort à trois heures du matin.
L’ouverture du corps fut faite vingt-six heures après la mort. Crâne. Méninges d’un rouge vif ; vaisseaux du cerveau injectés , un peu de sérosité dans les ventricules latéraux. Poitrine et Abdomen. Tous les organes, bien que sains, sont plus gorgés de sang et plus rouges que dans l’état naturel : infiltration sanguine autour de la colonne cervicale, canal rachidien plein de sang dans toute son étendue en dehors de la dure-mère ; cette membrane et la moelle épinière sont d’ailleurs dans un état d’intégrité. Enfin, fracture du corps de la troisième vertèbre cervicale en travers , un peu au-dessous du milieu de sa hauteur; ses deux James , séparées des masses latérales , comme on peut *e voir sur la pièce qui accompagne l’observation.
Explication de la planche VI représentant une soudure des os métacarpiens entr eux ,
Dessinée d’après nature par M. Martin.
La figure I représente la main droite , vue par sa face postérieure ou dorsale : le n°. i représente le premier métacarpien. Ab est le trapèze et la trapézoide soudés ensemble ; de plus , soudés avec le deuxième métacarpien , n°. 2. Ce métacarpien est aplati à ses deux extrémités. Il présente en outre une érosion de la tête , comme on le voit en ccc , plusieurs trous dddd , et une échancrure en ef.
Le n°. 3 représente le troisième métacarpien soudé avec le quatrième , n°. 4 ? et tous deux soudés avec le grand os gggy le cinquième métacarpien, n°. 5, et les crochets hh ne formaient qu’une simple pièce.
iii est le scaphoïde ; jj le semi-lunaire ; k le pyramidal ; / le pisiforme.
Ces quatre derniers os sont tous séparés entr’eux et de la deuxième rangée.
Ebbaium. Page ligne 28, Usez : aux os et aux übro-cartilages , au lieu de : aux os et aux tégumens.
Pl. VI