A apprécier le degré d’ extensibilité de la colonne
vertébrale , et à régler, en vertu de cette appréciation , les divers degrés de tension que nous devons lui appliquer,
2. ° A reconnaître la nature des résistances, soit au moment où nous opérons l’extension, soit au moment où nous laissons revenir les parties sur elles-memes.
3. ° A opérer à volonté de légères secousses que l expérience nous prouve tous les jours etre très-piopres à dis poser les parties déplacées par la déformation de 1 épine à céder à l’influence de l’extension qui lui lest ensuite
appliquée./
Or, sous ces divers rapports, les services que nous retirons du mécanisme de notre lit dont 1 action est sou¬
mise à notre volonté lorsque nous le jugeons à propos, offrent certainement de très-grands avantages qu on ne peut obtenir d’aucun de ceux connus jusqu ici. En effet .
i.° Sous le rapport de la faculté d'apprécier par soimême V extensibilité d'une colonne vertébrale déniée , et par suite de pouvoir déterminer la somme des forces à employer , cetLe faculté n’est point donnée par les lits dont les agens de l’extension ne consistent qu’en des ressorts ou des rouages mis en action par des manivelles ou des tourne-broches. Le moindre examen rend évident#-! exactitude de cette aacû ^t, on , et cependant icHc est la disposition générale de l’esprit humain , ipi’au lieu de diriger
son attention vers ce qu’il y a à faire , il s’arrête à te qui se fait , et laisse ainsi déterminer ses .jugemens sur tout ce qn un objet a cl essentiel , par ce qui le frappe seulement dans quelqu’une de ses parties qui ne sont souvent même que d’un intérêt secondaire.
C’est ainsi que généralement on a prêté , jusqu’ici , trop de mérite à cette partie du mécanisme des lits dont il s’agit, qui a pour objet d’indiquer sur un cadran ou sur une échelle, la somme des forces qu’on emploie pour opérer l’extension de la colonne vertébrale déviée; au heu de s’être demandé plutôt s’ils offraient des moyens propres à faire reconnaître la somme de celles qu’on doit employer.
Or, qui ne reconnaîtra, en s’arrêtant seulement un moment au simple énoncé de ce fait, qu’on n’a pas même ouvert les yeux sur le côté le pins intéressant, le plus important et le premier à connaître dans la question qui nous occupe , puisque dans la construction des lits rien n’a été même tenté avant ce que nous avons exécuté, pour parvenir à cette très-nécessaire connaissance.
Mais d’ailleurs peut-on compter, même pour l’appréciation des forces employées, sur les cadrans de romaine ou sur les échelles, tant qu’on n’emploie que les moyens usilés communément pour l’union des deux extrémités de la colonne vertébrale aux puissances extensives.
. En effet, d’une part, on voit tantôt la ceinture appliquée en partie sur le bas-ventre et en partie sur le bassin , et d’autres fois sur le bassin seulement. Tandis qu il est évident et constaté par les faits dont nous pouvons offrir la preuve, que c’est non-senlemcnt sans le moindre inconvénient, mais encore en usant du seul moyen de solidité qu’il y ait , qu’on peut serrer la ceinture au-dessus des cr/ffes des os des îles sur lesquelles son bord inférieur doit s’arrêter, quoiqu’on ait prétendu , contre toute raison , qu’on prend" ailleurs des points d’appui qui n o-
pèrcnt aucune pression sur les organes contenus dans
l'abdomen; chose impossible.
Et d’autre part, le collier ouvert sur le devant, tel
qu’on le voit encore à la planche i.", a-t-il pu jusqu ici
permettre d’apprécier au juste le degré d extensibilité de la colonne vertébrale? Non, certainement, et c est en partie le vice de ce collier sous ce rapport, et le plus ou moins de douleur que l’inégalité de sa pression cause , qui nous ont fait lui substituer la mentonnière , ou collier ouvert par derrière, que nous employons aujourd hui et dont les personnes qui ont usé du précédent, appreciem pour elles-même l’avantage sous le rapport de la gene ou de la douleur , autant que nous l’apprécions nousmème sous celui de l’exactitude et de l’uniformité de la
traction (1). # , ,
Ce collier, en effet, ouvert par devant, glissaitvers 1 occiput et ne s’arrêtait sur le col qu’au moment où la petite courroie qui le Verrait, y touchait; et dès-lors, alonge ment des moyens d’union par leur glissement sur les pai lies qui leur servent de point d appui, etc.
Ainsi donc, d’une part , la disposition de nos moyens d’extension , et de l’autre la forme et 1 application de nos moyens d’union, donnent à nos procédés, si nous ne nous abusons, cet avantage sur les autres, que dans leui emploi , nous pouvons juger par nous-mêmes de 1 extensibilité de toute colonne vertébrale déviée , et par suite déterminer le degré , le mode et la durée de 1 extension que nous devons lui faire- éprouver.
2.° Sons le rapport de la facultés reconnaître la nature des résistances , etc.; nous ne savons de quelle manière îc dire encore, tant nous paraît claire celle qui nous a déjà servi à en démontrer l’utilité. C’est sans doute à la faveur
(i) Dans nôrrtr Kurncro » non-*— l** figure de
celle nouvelle pièce.
de notre lit que nous procédons à cette reconnaissance, mais ce n’est pas au moyen de ce lit seulement comme on ne peut que le faire avec les autres, car il y a la meme différence entre les lits à ressort ou à tourne-broche et le nôtre , relativement à cette manière de reconnaître la nature des résistances qu’il faut vaincre, qu’entre une mécanique qui éléverait seule un fardeau d’un plan horizontal, par la puissance d’un ressort qui mettrait ses rouages en mouvement, et un homme qui l’élèverait à la faveur de rouages mis en jeu par ses mains. Dans le premier cas , on verrait le fardeau élevé , sans savoir ce i que cette opération aurait coûté d’efforts; dans le second on le verrait de même élevé , mais on saurait de plus quelle résistance il aurait opposé.
Toutefois cette comparaison ne peut servir qu’à régler la détermination de la somme de forces à employer pour vaincre une résistance uniforme , et toujours de même nature ; et il nous faut encore prouver l’u tilité que nous retirons de notre lit, sous le rapport de l’appréciation de résistances de nature différente. Il faut donc supposer diverses natures de résistance dans l’élévation du fardeau que nous venons de prendre pour terme de comparaison.
Ainsi, au lieu de supposer ce fardeau élevé par une traction verticale de dessus un plan horizontal , d où une fois séparé, il n’opposera plus d’autre résistance à son élévation ultérieure que celle de son poids ; nous devons le supposer devant être élevé de la partie la plus déclive d’un plan incliné à surface inégale , par une traction parallèle à ce plan, de laquelle résultera qu il parcourra toute son étendue en passant successivement sur ses inégalités, qui seront autant d’arrêts ou d obstacles a son élévation.
Soient dana cp cas , d’un côté une mécan,<ï"c seule, et de l’autre un homme aidé de quelques moyens de
traction.
Supposons le plan incliné et le fardeau d’une certaine fragilité , et , dans cet état de choses une impulsion don- ^ née à la mécanique pour atlirer ce fardeau sur la partie la plus élevée du plan incliné.
De deux choses l’une :
Ou la mécanique aura été combinée de telle sorte , quelle ne déploie dans toute son action que des forces
constamment au même degré ;
Ou elle aura été combinée de telle sorte quelle déploie des forces successivement relatives aux divers degrés de résistance que le fardeau opposera , selon qu il aura à franchir des surfaces unies, ou des surfaces inégales.
Dans le premier cas, il y aura manque de précaution et de moyens pour n’endommager ni le plan , ni le fardeau , parla raison que les puissances n’auront pas été calculées d’après la variabilité et la force des résistances ;
Dans le second , il y aura le contraire , parce que ce calcul aura été fait.
Rapprochons actuellement les objets compares de ceux auxquels nous les comparons.
Le plan horizontal duquel on élève, à une. certaine hauteur, un fardeau, qui de son point de départ jusqu’à celui de son dernier degré d’élévation, n’oppose à la puissance qui l’élève, qu’une résistance uniforme dans toute la ligne qu’il parcourt, est, d’une part une colonne vertébrale déviée qui n’oppose, de l’une à l’autre de ses extrémités , à la puissance qu’on lui applique pôur la distendre , qu’une résistance aussi uniforme sur tous les points de sa déviation.
Le plan incliné à surfaces inégales de la partie la plus déclive duquel on attire vers sa partie supérieure , un fardeau qui est plus ou moins arreté dans sa progression ascendante par les résistances résultant des inégalités est, de 1 autre, un» colonne vertébrale déviée qui diffère de la première en ce que, sur plusieurs points de la déviation,
cl!e,°ppose des résistances variées à la puissance qu’on 1m applique pour la distendre.
Dans l’espèce que présente le plan horizontal, une puissance quelconque d’une action uniforme peut faire atteindre le butyju’on se propose, soit qu’il faille é evei un fardeau , soit qu il faille distendre une colonne vertébrale déviée (i).
Mais dans l’espèce que présente le plan incliné, il est bien évident qu’une puissance qui ne déploiera que des forces constamment les mêmes, ne servira pas à faire atteindre le but qu’on se propose par la raison que ces forces toujours au même degré , rencontreront des résistances a des degres tels , que tantôt elles leur seront beaucoup trop supérieures , et tantôt beaucoup trop inférieures; d’où il résultera :
D’une part, que des obstacles qui n’auraient du être surmontés que par une supériorité de puissance beaucoup moindre dans l’intérêt de la conservation du plan incliné et du fardeau, le seront par une supériorité de puissance si considérable, qu’il y aura nécessairement action violente au lieu de suffisante qu’elle doit être;
Et de l’autre, (pie des obstacles qui auraient exigé pour qu ils pussent être surmontés, une puissance beaucoup plus considérable, résisteront; les parties devant toutefois plus ou moins souffrir, l’une , de l’impuissant effort quelle aura fait: l’autre, du choc, qu’elle aura éprouvé de cet effort, même inutile.
Supposons actuellement qu’au lieu d’employer à l’élévation de ce fardeau de dessus le plan incliné les puissances passives et aveugles dont nous venons de parler,
(i) Avec cette restriction que ponr ce qui se rapporte à son action sur la talonne vertébrale , plusieurs circonstances peuvent encore rendre les conse. j..anees de cette action ..mitonne , plus ou
moins nuisibles.
on emploie cet homme aidé de quelques moyens de traction, que nous avons propose plus haut : qu arrivera-t-il, si c’est un homme intelligent qui connaisse la nature et la force des résistances qu’il. a a vaincre?
La réponse se présente d’elle-même. Entre les mains de cet homme les moyens de traction destinés à agir sur le fardeau, qu’ils soient des leviers, des cordages , etc. , seront mis en action par ses propres forces avec un discernement tel qu’il proportionnera et ses forces , et celles de ses moyens mécaniques , aux résistances qu il aura à vaincre, de sorte qu’il n’y aura ni violence exercée contre des résistances peu considérables , ni résistances insurmontées , et le but s atteindra.
Il ne nous reste qu’à faire l’application de ce fait aux machines passives, aveugles , employées telles que le sont les lits à ressort, ou proposées telle que l est celle» à tourne-broche , dans la vue de redresser des colonnes vertébrales déviées , car les conséquences de cette application sont aussi concluantes que faciles à déduire ; et pour le prouver, voici ce que nous avançons :
Que toutes les colonnes vertébrales déviées opposent aux puissances extensives qu’on leur applique des 1 ésistances à divers degrés, de différente nature , et,sur différens points de leur étendue; c’est un fait dont la démonstration est patente par l’état dans lequel on trouve les paities correspondantes à leurs différentes déviations apres la mort , et confirmée par la pratique.
Or il résulte de l’examen de ce^parties , que la nature , le siège et le degré de ces résistances , varient comme les causes qui ont déterminé les déviations; de telle sorte que tantôt une forte résistance a son siège dans les librocarti'ages des vertèbres cervicales, en même temps qu’une moindre a son siège dans Ceux des vertèbres dorsales ou lombaires et vice versâ, tandis ‘que d’an-*105 f°is
c’est une rêsista-nc*» médiocre qui -oc présente daboid
immédiatement avant ou après une résistance plus consr
cl érable ; la cause de ces différences étant dans certains fibro-cartdages qui se trouvent plus ou moins souples dans leurs parties les plus épaisses situées sur tel ou tel autre point de la colonne vertébrale indistinctement , et concourent plus ou moins à la formation des courbures.
C’est d’ailleurs ce que nous prouve le fait du redressement que nous obtenons par nos procédés, tantôt sur tel point , d'abord, tantôt secondairement. Et c’est encore ce que nous prouve la réaction de certaines parties de la colonne vertébrale qui n’est nullement égale et constante sur tel ou tel autre point de son étendue.
D après ces molifs , seuls , et indépendans de plusieurs autres que nous exposerons plus tard , nous sommes donc fondés à conclure que tout moyen mécanique qui ne réunira pas les conditions du nôtre, ne pourra servir à faire connaître ni la nature des déviations de la colonne vertébrale, ni le siège de ses résistances à toute l’extension, ni les inconvéniens ou les dangers de pratiquer cette extension à quels degrés que ce soit.
3.° Sous le rapport de la faculté d'opérer à volonté de légères secousses que V expérience nous prouve tous les jours être très-propres à disposer les parties déplacées par la déformation de l’épine , à céder à V extension ; c est encore ici un fait pratique , bien propre à infirmer , s’il pouvait en être besoin, l’assertion par laquelle certain prétend que tous les lits , hors celui dit oscillatoire , ont l’inconvénient de tenir les muscles dans l’immobilité : car c’est au moyen du nôtre , qu’en même temps que nous exerçons une extension momentanée plus considérable qu’elle ne doit l’être pendant plusieurs heures après , nous passons une de nos mains sous le tronc pour le soulever et le porter à droite et à gauche en pressant plus ou moins fortement avec nos doigts toc parties que nous reconnaissons sc prêter le moins au redressement.
C’est dans cette partie de nos procédés , que nous ac-
altérons une connaissance précise des diverses directions vicieuses dans lesquelles se maintient, avec plus ou moins de ténacité, une colonne vertébrale déviée; c’est par l’application de nos doigts tout le long de cette colonne vertébrale, au moment où nous exerçons sur elle à volonté des tractions exploratrices que nous jugeons de l’écartement des apophyses épineuses des vertèbres , et du peu d’effet que les extensions , de quelle manière quelles soient opérées, produisent sur les muscles qui y demeurent étrangers.
C’est enfin parce que nous sentons qui se passe alors dans toute l’étendue des différentes courbures, que nous reconnaissons l’avantage des tractions sur celle des hanches qui est la plus élevée , en pressant avec le pied sut la partie de la traverse brisée du lit qui lui correspond , lorsque nous ne voulons que produire quelques secousses ou des extensions momentanées ; et en serrant de ce meme côté plus que de l’autre la courroie de la ceinture, lorsque nous voulons y opérer une traction fixe plus ou moins prolongée.
D’après les détails dans lesquels nous venons d’entrer sur l’utilité et les avantages que nous retirons de notre lit; d’après l’authenticité des faits que nous invoquons à leur appui ; d’après enfin les indications que nous fournissons pour qu’on puisse se convaincre de l’exactitude et des conséquences de ceux que l’anatomie met à découvert , nous devons espérer et nous espérons effectivement, dans l’intérêt de la science comme dans celui de l’humanité, que les personnes affectées de difformités dont il est ici question et ceux de nos vrais confrères qui leur donneront des soins , voudront réfléchir au moins sur les garanties que présentent nos assertions et avoir toujours présente a leur esprit celte déclaration de l’Académie, (lue l extension de la colonne vertébrale est une opération
g! ave et (JU il J uut ln. pmh'rpj r r aiuw-prÉCautlOll .
No«s espérons encore que, comptant avec BaCon sur
ce moyen infaillible de découvrir toute vérité à la connaissance de laquelle il nous est donné de prétendre , moyen qui consiste en l1 alliance de V expérience et du raisonnement , nos confrères l’emploieront avec confiance et persévérance dans l’élude des difformités du corps de l’homme , et qu’ils s’abstiendront également d’expérimenter seulement , ou seulement de raisonner; quelque évident que put leur paraître un fait sorti de leur expérimentation seule , ou quelque juste que pût leur paraître sur un fait du même genre , l’idée qu’ils s’en feraient parle raisonnement seul.
Nous espérons enfin , et surtout , que , différant de ces prétendus savans, crédules et indolens, dont parle encore l’illustre chancelier d’Angleterre, qui, ayant trop aisément prêté l'oreille à des contes populaires , ont aussi trop aisément adopté de simples ouï-dire d’expérience, et n’ont pas craint d’employer de tels matériaux, soit pour établir soit pour confirmer leur philosophie , donnant à ces relations si incertaines, le poids d’un valide témoignage; étanl ainsi, tels que des hommes d’état, qui gouvernant un empire, non sur des lettres et des relations d’ambassadeurs ou autres dépuLés dignes de foi, mais sur des bruits de ville ou de triviales anecdotes, régleraient toutes leurs affaires , sur de pareilles informations.
Errata. Première partie. Page 99 , ligne 4 > au lieu de colliger , lisez 1 présenter.
Page 99, ligne i5 , au lieu de après , lisez avant.
Môme page . ligues 21 et 22 , au lieu de secrétaire perpétuel , lisez president actuel.
Page lo'} , supprimez les deux notes , rendues inutiles par ce que M. Rictierand dit plus loin dans cet. artiple de son ouvrage.
Page 117, ligne 14, au lieu de par une faiblesse , lisez par un état de J'aiblcsse J ê ..
Page 128, ligne 26, sont devenues si difficiles , lisez est devenu si difficile. Page i35, ligne 22 , au lieu de devenaient , lisez devinrent.
Deuxième partie. Page 8 , ligue 27 , après les mots à traiter , lisez exprof es so les.
Môme p a go ligne 3o , supprimez prof es so les.
lXJlT.rMEiîlE DE MlCSiiKET, fil’E DE PRiCOK } K." 20.
^Z/c et
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