‹ Orthopédie [electronic resource]Chapitre 11 sur 25 · PL II · texte numérisé non relu

PL II

Plan incliné employé en Angleterre.

M. Jonli Shaw a fait graver la planche ci-contre dans son ouvrage in-folio (i), sur les diverses conformations vicieuses de l’épine, et leur traitement.

Les différentes parties dont se compose la machine qu’on y voit représentée, n’étant distinguées entre elles par des numéros ni des lettres, et leur destination n’y étant pas non plus , à notre avis , suffisamment indiquée , nous nous bornons à rendre littéralement la partie du texte de cet ouvrage qui se rapporte à cette planche.

» Cette esquisse donne une idée générale de la forme d’un plan incliné dont j’ai retiré la plus grande uti-; » lité dans le traitement de presque toutes les variétés » de contorsions de l’épine. Les différentes parties de « l’appareil et leur application sont décrites avec le plus » grand détail dans un volume annexé à cet ouvrage, à » la faveur de plusieurs dessins. L’esquisse n’en est point » toul-à-fait correcte, il faudrait que la planche sur la- » quelle les épaules doivent être fixées et l’excavation « dans laquelle la tête est placée fussent mobiles. Si les épaules étaient assujetties par des courroies à la partie « supérieure dusopha, comme il est décrit à la page 2/j.o « du volume annexé , l’inclinaison du plan et le poids at- >* taché à la planche mobile sur laquelle les hanches re- « posent la feraient séparer de la planche assujettie ; la « partie lombaire de l’épine serait ainsi forcément alon-

(1) London Prmted for Longman Hurst , lices, Orme , Brown , and Green, Palernoslcr Row. 1824.

« gée , et si un poids , ainsi qu’on le voit à la page 1^0 du » volume annoncé , était suspendu à l’espèce d’oreiller » excavé auquel la tête est attachée , la partie cervicale » de l’épine éprouverait aussi une semblable distension.

» Pour comprendre les différens usages auxquels ce « moyen peut être appliqué , il est nécessaire de renvoyer » au susdit volume , dans lequel il est démontré que non- » seulement c’est le moyen de faciliter au malade le repos » dans la position la plus avantageuse, mais encore de « le placer dans différentes positions qui lui permettent « des exercices utiles.

Voici actuellement l’explication donnée à la page 240 du volume indiqué; nous allons obvier aux difficultés qu’on éprouverait à l’entendre d’après une traduction littérale.

Ce plan se compose d’abord d’une planche d’environ six pieds de longueur et d’une largeur indéterminée , ce qui importe assez peu , puisqu’on sait déjà que c’est à une sorte de sopha , qu’elle est adaptée.

Sur l’extrémité supérieure de cette planche, qu’au moyen de la longue vis qu’on voit à la figure de notre planche 11, on élève pour en opérer l’inclinaison , est posée une planchette d’environ un pied de longueur, montée sur des roulettes , et garnie d’un coussin poui y recevoir la tête.

Une seconde planchette un peu moins longue, montée sur quatre petits pieds au lieu de roulettes, attendu qu’elle doit être immobile, est posée à quelque distance de celle-ci pour supporter les épaules.

Une troisième planchette beaucoup plus longue que les précédentes, montée sur des roulettes, est destinee a supporter les hanches et les membres inférieurs..

La tête est assujettie à la planchette supérieure au moyen d’un bandage dont une partie passe sous le menton. Les épaules sont assujetties à la planchette du mi-

lîeu par des cordons qui tiennent à un corset non baleiné ; et enfin les hanches ou le bassin sont unis à la planchette inférieure par un bandage approprié à cet effet.

Deux cordes sont attachées par un bout, l’une à la planchette supérieure, l’autre à l’inférieure.

Engagée par l’autre bout dans l’anneau d un poids dont la'pesanleur est indéterminée , chacune de ces cordes passe dans la gorge d'une poulie dont le jeu, d’accord avec celui des roulettes de chaque planchette, permet un écartement , le poids de la planchette supérieure l’attirant vers l’extrémité supérieure de la grande planche , et celui de la planchette inférieure l’attirant vers son extrémité opposée.

On ne voit qu’un seul poids h la figure ici représentée , et que nous avons fait exactement dessiner d’après l’original dont nous avons donné la description , en traduisan t celle qu’en donne M. Schaw lui-même.

L’explication du mécanisme de cette machine est absolument la même que celle à laquelle l’auteur renvoie et qu’on trouve comme il l’indique à la page 240 de son vol. in-8.° (1), que nous avons sous les yeux avec les dessins au trait qui en représentent les diverses parties.

M. Schaw, comme nous l’avons déjà vu, dit avoir retiré la plus grande utilité de cet appareil. Nous l’avons employé nous même sur la foi de sa déclaration , bien que nousn’enattendissionspointde grands résultats, parce qu’il nous était assuré par plusieurs de nos confrères qui l’ont connu particulièrement lorsqu’il faisait ses éludes à Paris, et depuis qu’il exerce et enseigne la grande chirurgie à Londres, que c’est un praticien qui, quoique jeune, a déjà beaucoup acquis dans ses études , et qu’il s’est d’ail-

(1) On the nature and treatmcnt of the distorsions to wich the spinc , and the hones of the chest , are subject, hy John Schaw , Surgeon and Lccturer on Anatomy. London Prin/rd for Longman Hur , etc. 1823.

leurs particulièrement occupé de l’objet dont il est ici question , sur lequel , ainsi qu’on le voit dans son ouvrage, il a recueilli lui-même des faits qu’il a comparés avec beaucoup d’autres analogues , que lui a communiqués le célèbre Charles Bell.

C’est donc après nous être convaincu du peu d’efficacité de cette machine , telle du moins que nous avons pu la faire construire d’après les indications insuffisantes peut-être que les dessins et les explications qui y sont jointes, en fournissent, que nous avons renoncé à en faire usage.

Si nous ne nous abusons , nos lecteurs concevront j comme nous , d’après l’idée qu’ils s’en feront, l’impossibilité d’asujettir la tête d’une manière assez solide sur la planchette supérieure , pour que ce support ne glisse pas dessous ; et ce que nous disons de la tête n’est certainement pas moins applicable au bassin. Nous nous croyons d’autant plus fondé aujourd’hui à émettre cette opinion , que d’une part l’expérience nous en a prouvé la justesse , et que de l’autre , nous nous sommes convaincu du peu de solidité que doivent avoir les moyens d’union dont se sert M. Schaw pour lier les parties à écarter avec les puissances destinées à produire cet effet , par la lecture de la note qu’il a mise au bas de la page 2/j.i de son ouvrage précité , et dans laquelle nous lisons, que ces planchettes doivent être recouvertes de drap verd, pour les empêcher de glisser sous les malades. Nous avons du concluie en effet de cette simple précaution que ces planchettes doivent être bien faiblement unies à la tete et au bassin qu’elles supportent, et que de ce fait seul doit résulter l’impossibilité d’une extension à un degré tel, qu on puisse en retirer quelque utilité.

L’appareil dont il s’agit nous parait toutefois con\ cnii , avec quelques modifications, dans certains cas de déviation de la taille , et particulièrement lorsque cette difformité i

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