‹ Orthopédie [electronic resource]Chapitre 12 sur 25 · PL . VI · texte numérisé non relu

PL . VI

se complique d’ulcères aux lombes, ou d’engorgemens des glandes sous -maxillaires qui ne permettraient point l’application de notre collier. Nous en reparlerons lorsque nous traiterons des cas qui compliquent certaines déviations de la colonne vertébrale.

Planche III.

Fig. i. Moitié supérieure de l’instrument décrit par M. Leroi v tel qu’il se développe dans la vessie.

Fig. 2. Perforateur de la pierre monté , et prêt, à être mis en action.

Fig. III. Instrument tel qu’il est disposé pour être introduit dans la vessie.

On va lire ci-après la description que fait M. Leroi de ces instrumens.

Planche IV.

Fig. i . Pince à ressort intérieur employée pour extraire ou briser de petits calculs dans la vessie.

Fig. 2. La même pince , moins ouverte.

La figure triangulaire que l’on voit à l’extrémité de l’angle formé par chaque ouverture des mors de la pince, représente l’extrémité d’un ressort qu’on pousse pour les écarter, et qu’on attire à soi pour les fermer , par le jeu des boutons qu’on voit près des manches mobiles eux-mêmes , comme le montre l’angle formé par celui de la

Descriptions cï instrumens destinés à extraire les calculs de

la vessie par voie de comminution ou de broiement ; par

M. Leroi d’ Étioles (î).

« J’ai donné ce nom, qui dérive de auOoî , pierre , et de

(i) Cette description est relatée ici, extraite littéralement de l’ouvrage de M. Leroi , sous le titre d ’Kxp osé de divers procédés employés jusqu à ce jour pour guérir de la pierre, sans avoir recours à l’opération de là taille; Paris, 1-825. — U n’y a de changé que lés numéros des

planches et des ligurcrf.

xpiuvi , scie , aux divers instrumens que j’ai successivement imaginés pour réduire en petits fragmens les calculs vésicaux. >

Le premier qui fut présenté à l’Académie de chirurgie, dans l’une des séances du mois de mai, est retracé pi. III, fig. 1,2, 3.

La fig. 3 montre l’instrument fermé et disposé pour être introduit. Une canule en argent Z>, longue de 8 pouces et large de 3 lignes et demie , reçoit dans sa cavité une autre canule beaucoup moins volumineuse , dont on voit l’extrémité a; et fig. i.rc, ee.

Entre ces deux canules existe un intervalle d’un quart de ligne au. plus, dans lequel sont placés quatre ressorts de montre un peu forts d , J, </, c, qui vont se fixer sur un bouton a, fig. i et 3.

Un anneau d’acier ee , fig. 3, muni de quatre vis, sert à fixer chacun des ressorts séparément.

Un autre anneau d , portant une crête qui peut être reçue dans l’échancrure de la canule c, sert à maintenir tout d’un coup les quatre ressorts lorsque la pierre est saisie.

Le lithoprione étant disposé ainsi qu’on le voit fig. o , on le fait pénétrer dans la vessie en suivant les règles voulues pour l’introduction de la sonde droite. Le calcul étant découvert, on pousse simultanément les ressorts et la canule interne, et l’instrument se présente dans la vessie, ainsi qu’on le voit fig. ire. L’opérateur pousse ensuite un des ressorts séparément, comme serait, par exemple Z>, c, Z>, de manière à lui faire décrire une anse qui, par le mouvement de rotation qui s’imprime à la canule interne et aux quatre ressorts, passé derrière le calcul et l’embrasse. Si le ressort qui forme une anse est alors ramené au même niveau que les autres, la pierre seia conduite dans le réseau qu’ils forment, et se trouvera enveloppée.

On renouvellera cette manœuvre si une première tentative est sans résultat.

Lorsque le calcul est saisi , ce dont on s’aperçoit par la résistance que l’on éprouve lorsqu’on veut faire rentrer les ressorts dans la canule externe , on la maintient en poussant l’anneau d jusqu’à l’échancrure c fig. 3, où il se trouve arrêté comme une baïonnette au bout d un fusil, comprimant les ressorts contre la canule externe.

Prenant alors la tige d’acier fig. i , on l’introduit dans la cavité de la canule interne g fig. 3 , et lorsque son extrémité a , munie d’une scie circulaire, est en contact avec le calcul , on adapte à l’autre extrémité K la manivelle fig. 5 , pl. V, avec laquelle on fait tourner la couronne de trépan] jusqu’à ce que la pierre soit perforée. Après quoi le perforateur est retiré , le crochet pl. VU , fig. i (i), introduit à sa place; et l’on cherche , en tournant cet instrument , à faire exécuter à la pierre un mouvement de rotation sur elle -même sans abandonner les ressorts : il en résulte que ce corps présente une nouvelle portion de sa surface sur laquelle on fait agir la scie, et l’on continue de la sorte jusqu’à ce que le calculs se brise , ce qui arrive plus ou moins promptement, suivant son volume et sa dureté. Une injection poussée dans la vessie entraîne la sciure et les petits fragmens ; les plus gros , qui ne pourraient passer à travers le canal de l’urètre, sont repris par l’instrument et comminués , ainsi que l’a été le calcul entier.

L’instrument représenté pl. VI-, fig. 2 et 3 , se compose d’une canule en acier terminée par trois branèhës trempées fig. 3, qui s’écartent naturellement; cette' première pièce se glisse dans une canule en argent aa , fig. 2, qui détermine le rapprochement des trois branches , ou leur peimet de s ecarter suivant qu’on les pousse hors de celte

(O On trouvera celle planche an prochain Numéro.

canule ôu qu’on les fait rentrer dans sa cavité. Une échelle graduée tracée sur la canule interne indique l’écartement des serres de la pince et le volume de la pierre lorsqu’elle est saisie. Un coulant à charnière, se fermant au moyen d’une vis C fig, 2, sert à fixer les deux canules. Une rondelle de cuir b , empêche que t'urine ne s’échappe par l'intervalle qui peut subsister entre elles. Cependant jusqu’ici le mode d’action de ces deux instrumens, la pierre étant une fois saisie était tout-à-fait le même. Il fallait chercher au moyen du crochet pl.’VII , fig. i,.à faire tourner la pierre entre les mors de la pince , afin de pouvoir agir sur un aùtre point de sa surface ; ou si l’on ne pouvait y parvenir on était forcé de la lâcher pour la reprendre et la perforer de nouveau. Or les essais tentés sur le cadavre m’ayant appris que faction de saisir la pierre, est le temps de l’opération le plus difficile pour l’opérateur , et le plus douloureux pour le malade , je cherchai d’autres moyens de ne plus la lâcher lorsqu’une fois je la tenais. Pour y. parvenir je fis exécuter les instrumens représentés pl, V ,• fig. 1, 2, 3, 4, et pli. YJ, fig. 1. et 4, ce. sont des fraises dont la tige est fendue pl. V , fig. i et 2, dont les deo&jpoüliés s’écartent l’une de l’autre. par leur élasticité ou :pâr un stylet pl. Y, fig. 1 .

Une canuile BB fig. 1 et 2 , maintient ces deux portions rapprochées pendant que l’opérateur- introduit les fraises jusque dans la pierre ; après quoj il retire la canule B, et par le mouvement de rotation qu’il leur imprime avec la manivelle, il agrandit le trQü fait. au calcul.

La fraise simple, représentée pl. MI, fig. 2, reçoit également un mouvement de rotation et doit être substituée aux fraises doubles lorsqu’elles ont agrandi 1 ouverture de la pierre au point de n’avoir plus d’action sur elle.

Les limes simples et doubles1 représentées pl."V , fig- •"> et pl. YI , fig. 1 et 4 , ont la même destination ; mais elles agissent par un mouvement alternatif. Les canules BB,

fio'. i et 2 , pl. V , servent à les porter jusqu’au centre (le la pierre , ainsi qu’on le voit fig. 4 de la pl. VI.

Il est facile de concevoir qu’au moyen de ces instrumens divers, le calcul, creusé du centre à la circonférence, sera bientôt réduit à l’état d’une coque mince qui se brisera en fragmens moins volumineux que si l’on eut déterminé sa rupture par une suite de perforation, ainsi que je l’ai fait précédemment.

La manivelle pl. V, fig. 5 , dont je faisais usage , ne permettait d’imprimer à la scie qu’un mouvement peu rapide. Un médecin qui sut se rendre célèbre dès les premiers pas dans la carrière, Ducamp qui eût tant fait pour la science s’il eut vécu, me fit sentir cet inconvénient et me conseilla de substituer à ce moyen un archet , qui rendrait bien plus puissante l’action du perforateur. Je mis cet avis à profit et fis exécuter l’appareil représenté pl. III , fig. 2 et 4 , ne formant qu’une pièce. C’est une espèce d’étau ou de chevalet qui se monte sur la canule interne de tous les lithopriones , dont l’extrémité « est reçue dans l’ouverture b du chevalet, qui, formé de deux portions articulées en r/, est muni en c d’une vis qui permet de le fixer solidement sur la canule. Un autre montant jj , semblable au premier, est destiné à maintenir le perforateur par un mécanisme pareil à celui que je viens de décrire ; mais le perforateur n’est point serré dans l’ouverture b. Il peut tourner librement , et obéir au mouvement que lui imprime l’archet, dont la coi'de est placée sur la poulie h.

La branche jj qui maintient le perforateur , glisse sur le corps de l’étau efy et le rapproche de l’autre branche à mesure que la perforation du calcul s’opère. Les divisions dti pied que l’on voit tracées indiquent la marche de l’opération. Une rondelle de cuir g , glissant à frottement sur la tige du perforateur , reste constamment en

contact avec l’ouverture de la canule du lithoprione, et empeche l’issue de l’urine par cette ouverture, de même que la rondelle b, pl. VI , fig. 2 , s’oppose à la sortie de ce liquide entre les deux canules , la longueur du perforateur doit toujours être telle, que lorsque la poulie est arrivée auprès delà canule interne, l’extrémité des branches de la pince dépasse d’une ligne au moins les dents de la scie, et cela pour que la vessiene puisse être blessée (1). J’avais dans le principe adapte au chevalet un ressort qui à mesure que la perforation du calcul s’effectuait, rapprochait la branche^, pl. III, fig. 2, de l’ouverture de la sonde, mais il vaut mieux, lorsque la pierre est prise , abandonner le lithoprione à un aide, et saisir la branche mobile du chevalet avec la main gauche, qui, mieux qu’un ressort, pourra proportionner la force à la résistance.

Procède opératoire . — Avant de tenter l’emploi du lithoprione, il faut examiner si le malade se trouve dans les circonstances favorables au succès; si la sonde droite pénètre facilement ; si le canal est assez ample pour admettre les instrumens ; si la pierre n’est pas ti'op volumineuse ; si elle n’est pas enchatonnée ou adhérente. Enfin, si quelqu une des maladies , ou quelqu’un des vices organiques des voies urinaires, ne contre-indique pas ce mode d’opération. Lorsque toutes les conditions désirables existent, on introduit dans l’urètre .pendant quelques jours ,

(1) L’emprunt de l’archet et des moyens de le mettre en usage, est le seul que M. Civiale convienne m’avoir fait ; encore , ce n’est que pour le blâmer. « Les choses étant ainsi disposées, dit-il , on saisit d’une main la portion du lithontripteur qui dépasse la verge , et de l’autre on attaque le calcul au moyen du stylet que l’on fait tourner entre ses doigts ou avec l’archet proposé par M. Leroi : la main vaut mieux. » ( Nouvelles Considérations sur les rétentions d'urine , page i5g ; 1823.) Il parait que depuis M. Civiale est revenu de sa prévention contre l’emploi de l’archet, car il en fait constamment usage.

des sondes d’un forl calibre , destinées à dilater ce canal et à en émousser la sensibilité , après quoi l’on en vient au brisement de la pierre. Le malade sera couché sur un lit étroit, ferme et élevé, ou bien il sera placé en travers sur un lit, le siège sur le bord des matelas, les pieds appuyés sur deux chaises et à-peu-près dans une situation semblable à celle d’une femme sur laquelle on veut appliquer le forceps. On rapproche les serres de la pince lithoprione en faisant glisser sur elle la canule externe ,

' ainsi qu’on le voit pl. VI , fig. 2 , de telle manière que se joignant l’une l’autre , elles forment une olive qui ne présente aucune aspérité. On graisse l’instrument et on l’introduit dans l’urètre jusqu’à la vessie. La situation de la pierre étant reconnue , l’opérateur appuie sur elle l’extrémité de la pince ; il retire vers lui la canule externe, et les branches s’écartent ainsi qu’on le voit fig. 3 , pl. VI ; il avance vers la vessie la totalité de l’instrument : et la pierre , si elle n’est pas trop volumineuse, vient se placer entre les mors de la pince. Tenant alors la canule interne avec la main droite, il fait glisser sur elle la canule externe avec précaution pour ne pas pincer les parois de la vessie , ou pour ne pas causer une vive douleur et la dilacération de la membrane muqueuse, si l’on venait à la saisir. Cet accident est le plus imminent, quoi qu’en dise M. Civiale , et c’est celui que l’on doit surtout chercher à éviter. On doit encore, lorsque l’on retire vers soi la canule externe pour permettre aux branches de la pince de s’écarter, prendre garde que l’extrémité de cette canule ne dépasse le col de la vessie, et ne se trouve dans le canal de l’urètre; car lorsque l’on voudra ensuite la pousser vers la vessie , le col de cet organe se trouvera nécessairement pincé douloureusement entre les deux canules, et l’on éprouverait une grande peine à dégager l’instrument. Si la pierre, par les manœuvres que l’on vient de décrire , se trouve engagée entre les mors de la pince, la résistance

que l’on éprouve lorsque l’on veut faire glisser la canule externe sur l’interne , l’indique suffisamment. L’opérateur fait alors avancer le coulant c, pl. VI, fig. 2, jusque sur la rondelle b , et il le fixe en cet endroit en tournant la vis pour maintenir le calcul ; puis il prend le chevalet pl. III, fig. 4, il en sépare la branche y)', et le perforateur fig. 2; il introduit l’extrémité de la canule interne dans l’ouverture b de l’étau , et il les fixe l’un avec l’autre en tournant la vis c. Il insinue dans la canule le perforateur et replace la branche jj sur le corps de l’étau ef , ainsi qu’on le voit dans la fig. 4 , pl- III, et il enfonce le perforateur jusqu’à ce que les dents de la couronne soient en contact avec le calcul. Alors plaçant la corde de l’archet sur la poulie h , il recommande à l’aide de fixer solidement l’instrument; il saisit de la main gauche la branche jj de l’étau, et de la droite il met l’archet en mouvement, enfonçant doucement la tige qui supporte la scie à mesure que la perforation du calcul avance. Si l’ébranlement que l’archet communique toujours à la totalité de l’instrument était douloureux , un aide plaçant la main sur le périnée , appuierait le lithoprione contre la partie inférieure de la symphyse des pubis, et bornerait les arcs de cercle que décrit l’extrémité de cet instrument obéissant à l’impulsion de l’archet ; il se pourrait meme que la sensibilité de la vessie fût telle qu’il fallût renoncer à l’archet pour avoir recours à la manivelle, qui produit des secousses moins fortes.

Lorsque l’action du perforateur a été portée aussi loin qu’elle peut l’être, c’est-à-dire, lorsque la poulie est en contact avec la canule interne, on le retire et on lui substitue la fraise représentée pl. VII , fig. 2 ; dont on maintient les deux parties rapprochées au moyen de la canule b. Lorsque cette fraise est arrivée dans le trou fait à la pierre , l’opérateur retire vers lui la canule , et les deux branches s’écartent; il fixe la canule avec la tige en les

traversant avec la cheville c, il assujettit le tout sur l’étau et il imprime le mouvement de rotation. Lorsque cette fraise double a augmenté, autant que l'écartement de ses deux portions le permettait , l’ouverture faite à la pierre , on la remplace par une fraise simple supportée par une tige courbe et élastique , que l’on introduit au moyen d’une canule qui la redresse , et que l’on fait mouvoir comme la précédente. On peut mettre successivement en usage plusieurs fraises dont la courbure sera de plus en plus prononcée. Une rondelle de cuir, semblable à celle que l’on voit sur la tige du perforateur g, pl. III , lig. 2 , s’oppose à la sortie de l’urine et de l’injection. Si la pierre est dure et volumineuse , il est problable que l’on ne pourra la réduire en, poudre grossière dans une seule séance : cependant on continuera l’opération jusqu’à ce que le malade se trouve fatigué.

Les arcs de cercle rapides et assez étendus que décrivent les fraises courbes communiquant à la totalité de l’instrument un ébranlement très-incommode , et d’autant plus fort que la courbure est plus grande , on pourrait, pour obvier à cet inconvénient , achever le broiement de la pierre avec les limes simples et doubles , représen lees pl.Y fig. 3, pl. VI fig. i , qui agissent par un mouvemeut alternatif.

La rondelle de cuir ne pourrait plus ici s’opposer à l’écoulement de l’urine et du liquide injecté; il faudrait, pour qu’elle pût remplir cet office , qu’elle fût adhérente à l’ouverture delà canule interne d, pl. VI, fig. 2 , ou bienencore il faudrait , pour empêcher l’issue du liquide , adapter à l’extrémité de cette canule et à la tige , des limes , un morceau de peau de baudruche , disposée comme le cuir dont les droguistes couvrent leurs mortiers lorsqu’ils ciaignent que le pilon ne fasse voler les substances qu’ils pulvérisent.

Pendant ces manœuvres, l’opérateur examinera si le

calcul est toujours solidement maintenu, en essayant de faire rentrer la canule interne dans l1 externe. Si ce corps ne s’est que légèrement dérangé , il se contentera de le fixer mieux en poussant en avant le coulant c , pl VI , fig. 2 ; mais s’il est sur le point d’abandonner les mors de la pince , alors il devra chercher à l’y ramener au moyen de l’instrument indiqué , pl. VII, fig. 1 , qui présente quelque analogie avec le compas que Ducamp destinait à mesurer l’étendue d’un rétrécissement de l’urètre. Il l’introduit fermé dans la canule interne jusqu’au delà de la pierre si elle a été perforée entièrement , et là , déterminant l’écartement des deux branches en appuyant sur l’anneau et poussant sur la tige, il se trouve maître du calcul; relâchant alors la pince lilhroprione il le ramène entre les mors et l’assujettit d’une manière plus solide. Mais si le calcul est assez volumineux pour dépasser l’extrémité des branches de la pince , fig. 3 T pl. VI , il faudrait relâcher la pince en ramenant le coulant en avant, puis avancer la totalité du lithoprione vers la vessie pour forcer le calcul à se replacer dans 1 écartement des serres de la pince.

Il est probable que dans ces mouvemens la surface que présentera la pierre ne sera plus la même que celle sur laquelle on avait agi d’abord : on devra donc employer de nouveau la scie circulaire , les fraises et les limes , comme il a déjà été dit.

Pendant tout le cours de l’opération, il faudra maintenir dans la vessie une certaine quantiLé de liquide, afin que les parois de cet organe, éloignées des instrumens , n’aient point à souffrir des mouvemens qu on leur imprime. t ... r

Lorsque le calcul se sera brisé , ou ( si l’on est oblige

d’y revenir à plusieurs reprises ) , après chaque séance , on favorisera par une injection la sortie du détritus et des petits graviers. Mais bien que , par l’emploi des fraises et

des limes, le calcul, réduit à une simple écorce, se brise, ainsi que je l’ai fait voir, en fragmens moins gros que lorsque l’on pratique des perforations successives , cependant il arrivera très- fréquemment que plusieurs d’entre eux seront trop volumineux pour sortir par l’urètre, lors-même que ce canal aurait été médiocrement dilaté : il faudra donc les aller saisir dans la vessie et les extraire avec des pinces , pl. IV fig- i et 2 ; mais je crois pouvoir établir en règle générale que les fragmens ne devront jamais traverser à nu le canal de 1 urètre. Pour en faire l’extraction , je me sers d’une pince à trois branches , disposée comme la pince lithoprione , pl. VI , fig. 3, avec celte différence que les mors ne sont point aussi fortement recourbés , et qu’elle peut être retirée de la vessie au travers de la canule externe , entraînant avec elle le fragment , dont les aspérités ne sauraient ainsi porter atteinte aux parois du canal. Si le fragment est trop volumineux pour traverser la canule avec la pince, on introduira jusqu’à lui le perforateur, et quelques tours avec la manivelle suffiront pour le réduire en petits graviers , et rendre son extraction facile. » '

On trouvera dans notre prochain Numéro les figures des autres instrumens de M. Leroi, l’exposé de notre opinion sur leur mérite, et la comparaison que nous en ferons avec ceux de M. Civiale , auquel nous les avons vu employer.

Collier , agraffe et ceinture employés par le docteur

Maisonabe.

Nous avions annoncé dans notre précédent Numéro la figure du collier de notre invention ; quelque difficile qu’il soit de donner une idée exacte de cette partie fort importante de notre appareil , vu qu’elle se compose de parties mobiles en raison de leur souplesse, nous lau-

( ci )

rions représentée dans une des planches de ce Numéro, si nous n’eussions cru mieux faire en n’y offrant que les instrumens qu’on y voit , attendu que leur destination n’a qu’un meme objet. En attendant que nous plaçions cette figure plus convenablement, nous ferons part à nos lecteurs de quelques remarques que l’usage de ce collier, généralement adopté par toutes les personnes qui emploient notre lit, nous a fourni le moyen de faire.

Une des conditions nécessaires pour que cette partie de l’appareil gène le moins possible, est qu’elle embrasse exactement toute la base de la tête, le menton entrant juste dans l’excavation destinée aie recevoir, et le point d’union de la base de la tête avec le col servant de limite à la jonction de ses extrémités rapprochées par la boucle et la courroie qui s’y engage. Sans ces conditions, ce collier trop grand anticiperait sur l’occipital et gênerait beaucoup plus qu’arrêté plus près de «es condyles ; et moins grand, son excavation ne retiendrait pas le menton ou ses extrémités s’appliqueraient trop fortement sur le col.

Les courroies doivent être, règle généi'ale , placées, les latérales sur le point du collier correspondant au milieu de chaque côté de la mâchoire , et les postérieures à environ deux pouces de ces extrémités. Mais 1 ovale de la base de la tête étant très-variable , c’est à l’homme de l’art à régler l’attache de ces courroies d’après cette variabilité.

Ces quatre courroies doivent être percées à leurs extrémités de plusieurs trous pour permettre des changemens à la faveur desquels on fait abaisser ou élever le menton ou l’occipital, jusqu’à ce qu’on ait trouvé le point auquel correspond une pression également exercee sur toute l’étendue de la base de la tete.

La dimension ordinaire que nous donnons à 1 agraffe mesurée de l’une à l’autre de ces extrémités , est de 8 p. et demi; elle peut être de io pour les personnes dont la

figure est plus ronde qu’ovale , et en même temps plus pleine. Celte différence est à établir pour empêcher la pression des courroies latérales sur les joues.

Nous ne saurions assez insister sur la bonne confection de cette partie de l’appareil : c’est d’elle que dépend principalement la régularité de l’extension.

La ceinture , pièce la plus importante après le collier , doit être d’une largeur variable. En général, sa dimension en ce sens, doit être telle que son bord inférieur arrêté sur les crêtes des os des îles, elle recouvre et déprime la saillie formée par les extrémités des côtes près de l’épigastre. Nous venons tout récemment de substituer un lacet aux boucles de différentes formes avec lesquelles nous serrions cette ceinture , et ce moyen nous paraît le plus propre à remplir nos vues. Nous voulons encore que le cuir de cette pièce de l’appareil soit moins fort , et qu’indépendamment d’une matelassure convenablement épaisse , on interpose entre elle et la crête des os des îles de petits matelas de six pouces en carré, renouvelés de temps en temps. De semblables matelas sont interposés dans quelques cas entre la saillie des côtes dont nous venons de parler et la partie de la ceinture correspondante. Nous avons encore acourci les courroies latérales de moitié , et augmenté relativement la longueur des cordons. Ces derniers changemens nous ont paru nécessaires pour diminuer l’extensibilité de ces moyens de tirage. M.

Extrait du Bulletin des Sciences médicales.

Dans un article très- verbeux , M. Heine , directeur d’un établissement orthopédique à Wurtzbourg, et inventeur de plusieurs instrumens pour remédier aux vices de conformation , déclare qu’il ne croit rien de l’annonce faite par M. Milly, de Paris, d’une prétendue guérison

à l’aide d’un instrument de M. Heine perfectionné. M. Heine déclare que l’instrument, quelque parfait qu’il soit, n’est pas capable de redresser l’épine du dos, surtout chez un jeune homme de ?,3 ans; qu’il faut un traitement long et compliqué, basé sur des principes, etc. D’après ce que M. Heine a lu dans les feuilles de Paris, d’un lit mécanique présenté par le docteur Maisonabe à l’académie de médecine , et destiné à redresser le corps , il pense que c’est encore une de ses propres inventions, mais qu’il a mise depuis dans la chambre des curiosités , parce qu’il a adopté des moyens plus efficaces. M. Heine répète que , montrer des instrumens , n’indique pas la capacité nécessaire pour remédier aux défectuosités; qu’il faut une théorie, etc. L’auteur n’a pas jugé à propos, à ce qu’il paraît de faire connaître cette théorie.

Observations sur cet article.

Si M. Heine connaissait comme nous son instrument, dit perfectionné par M. Milli , il saurait que le pi'étendu perfectionnement n’a rien ajouté ni diminué à la valeur qu’il pourrait avoir tel qu’il est sorti de ses mains ; et relativement à ce qu’il dit qu’il ne croit pas au redressement d’un jeune homme de s3 ans qui aurait été opéré par M. Milli au moyen de son lit perfectionné , M. Heine pourrait peut-être mieux faire que de se borner à une simple négation de la cure alléguée , puisqu’on sait qu’îl a reçu lui-même, à Wurtzbourg, M. Milli, tenant actuellement l’établissement orthopédique de Chaillot, pour le redresser à l’âge de no ans, et que rien n est plus facile que de savoir s’il est réellement droit, car ce pourrait bien être de lui-même que M. Milli parlait lorsqu’il annonçait la cure dont il s’agit.

Quant à sa conjecture que le lit que nous avons présenté à l’Académie doit être encore une de ses inventions qu’il a reléguée au Cabinet des curiosités , nous de-

manderons à M. Heine à qui il espère faire accroire ce qu’il dit à ce sujet , d’une manière si vague, qu’il prouve qu’il ne sait même pas en quoi consiste le mécanisme de notre lit. A entendre M. Heine on pourrait penser que c’est un médecin ou un chirurgien renommé dans 1 exercice de l’art de guérir, il en est cependant tout autrement. M. Heine s’est , dit-on , livré à l’étudeMe la botanique, il a vu des tiges de plantes ou d arbres tordues en différens sens, il les a redressées à 1 aide des tuteurs il a trouvé bon de transporter dans les déviations des membres ou du corps de l’homme des moyens analogues , et c’est de là que lui est venue l’idée de son lit à ressort que nous avons vu à Paris chez une personne qu’il a eue dans son établissement et à Wurtzbourg, et qui est absolument le même que celui de M. Milli > c està-dire une pure machine qui ne doit être d’ailleurs autre chose entre les mains de gens étrangers à l’exercice de l’art de guérir. M.

Lits à mécanique de MM. Martin et Duv oir.

Encore des nouveaux lits machines , pures machines , et toujours conçus d’après des vues tout autres que celles qu’on doit se proposer ; aussi bien , n’est -ce que de fabriquans d’appareils de clqrurgie ou de serruriers mécaciens que nous viennent ces inventions. M’importe , nous devons les faire connaître.

Le 6 septembre dernier, M. Martin ( qui n’est pas le même que l’auteur des observations qu’on a déjà lues sous ce nom ) a présenté à l’Académie un lit qu’il propose pour distendre la colonne vertébrale au moyen de ressorts dont la force est appréciée à la faveur d’une échelle , comme l’est celle du dynanomètre sur le cadran. Nous ignorons si ce M.r Martin est le même qui a assisté à nos cours et a pu y voir notre lit, tel que nous Le.

décrivîmes avant les' améliorations que nous y avons introduites. Dans tous les cas , d’après ce qu’il dit des motifs de préférence qu'il donne aux ressorts sur le poids, lun des principaux moteurs de nos moyens extenseurs’ nous devons reconnaître qu’il n’a point une connaissance exacte de sa manière d’agir. Le poids dont se sert M. Maisonabe , dit M. Martin , serait sans doute préféîable au ressort s il n’agissait d’une manière inerte. Bien que cette manière de s’exprimer ne soit pas assez intelligible , nous ne pouvons douter qu’il n’ait voulu dire que si ce poids n’exerçait une traction avec immobilité, il serait préféraole aux ressorts ; il l’est donc réellement , puisqu il n y a ni inertie , ni immobilité dans sa manière dagir. Il suffit pour s’en convaincre de voir le mouvement du cordon gradué qui lie la tête à la bascule sur laquelle il pèse , correspondre à chaque mouvement de la respiration , marqué par l’entrée et là sortie du cordondans le double fond. Voilà comme dn croit mieux faire qu un autre , en mécanique , lorsqu’on n’apas même vu, du moins bien vu, ce qu’un autre a fait*

Le 6 mars dernier, M. Duvoir, entrepreneur de serrurerie , se disant artiste orthopédiste , a aussi présenté à 1 Académie un lii à mécanique de son invention , annon- ~ çant dans son prospectus que les médecins étaient mal secondes par les divers mécanismes employés pour l’extension de la colonne vertébrale, que lui, serrurier mécanicien , avait trouvé le moyen de bien apprécier les forces qu il mettait en action , qu’il employait bien comme nous des poids , mais qu’il les disposait bien mieux. En un mot, cet artiste orthopédiste bien persuadé qu il connaît aussi bien les diverses propriétés du corps humain, que celles des métaux qu’il façonne sous le marteau , met comme de raison sa machine , au-dessus de toutes celles connues josqu à ce jour. Nous n’avons rien à dire à cela, sinon que cette nouvelle invention est ditlé-

rente des autres, en ce que les poids y sont employés au lieu de ressorts , mais qu’ils y sont disposés de manière à ne produire que des effets plus variables encore que ceS derniers moteurs, eide n’y agir comme toutes les productions de ce genre, que d’unemanière aveugle etparlàplus ou moins dangereuse.

On va \oir du reste , par l’extrait suivant de la Gazette des Tribunaux , du 2 avril 1826, quelle est la fortune des inventions de ce genre de la part d’hommes étrangers Ü l’art de guérir.

Tribunal de première Instance ( 2.e Chambre. )

( Présidence de Mi Huart. )

M. J. . . quitte , il y a quelques années , l’Angleterre sa patrie, et vient chercher fortune à Paris. Le commerce de meubles lui paraît avantageux , il le choisit ; mais pour ne pas l’exercer seul, il prend une femme qu’il associe à ses travaux comme à toutes les chances de sa vie. Le ménage et l’établissement allaient à merveille ; M. J.... veut agrandir ses opérations, et les divise en deux classes; désormais monsieur fabriquera et madame vendra; on met de part et d’autre de l’activité, et M. J..., qui ne sait pas que sa femme dispose des recettes de manière à ne pas encombrer la caisse, est au comble de la joie, lorsqu un beau jour, quatre personnes se présentent chez lui , 1 invitent à monter dans un fiacre , et le conduisent à ce monastère depuis long-temps placé sous l’invocation de Sainte-Pélagie.

M. J... fut pendant quelque temps étoux'di du coup;, mais son saisissement ne dure pas autant que son séjour en prison , et lorsqu’au bout de deux ans la liberté lui fut rendue , il rentra dans le monde , possesseur de la plus précieuse découverte. De la mécanique 4 la çhirurgie , s était-il dit, il n’y a qu’un pas; on peut redresser

le bras d’une femme comme celui d'une bergère , les épaules d’un bossu comme le dos d’un fauteuil , et l’orthopedie était sortie de son cerveau avec ses ceintures , ses appareils , etc.

M. J... est un homme à qui tout réussit, excepté le mariage; il avait autant de succès comme redresseur de torts, que comme fabricant de meubles, lorsque madame a intenté un petit procès à seule fin d’obtenir une pension alimentaire en rapport avec la fortune de monsieur, établissant à l’aide d’un calcul sur le nombre des gens contrefaits , et le prix des redressemens , que M. J. . . devait gagner 10,000 fr. par année. Le tribunal n’a pas, à ce qu’il paraît , regardé les produits de la fabrique orthopédique comme aussi brillans; car il a condamné le mari à payer seulement une somme de 6 fr. par mois.

Cette affaire , dont les détails ont fort égayé l’auditoire , a été plaidée par M.e de Courdemanche pour M. J. . . , et par M.c Dubois pour la femme demanderesse.

Faculté de Médecine de Paris , 18 avril 1826.

Monsieur le conservateur des collections de la Faculté,

Les leçons sur l’orthopédie par lesquelles j’ai la coutume déterminer le cours d’opérations et appareils, exigent l’acquisition d’un des nouveaux lits employés à l’extension horizontale de la colonne vertébrale déviée. De toutes ces machines ou instrumens aucun ne me paraît plus propre à son objet que le lit inventé par M. le docteur Maisonabe. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien faire les diligences nécessaires pour que la collection d instrumens de chirurgie , soit augmentée au plutôt d un modèle de ce lit, avec le mannequin, ceintures, bourrelets et autres accessoires , le tout demi-grandeur afin que la conservation n’en soit point trop embarrassante. J ai eul bon-

rieur d’en conférer avec M. le Doyen , qui donne son approbation à cette dépense.

Agréez, je vous prie, etc.

Le professeur des cours d’ opérations et appareils de chirurgie ,

Richerand.

Faculté de Médecine de Paris.

Monsieur le docteur Maisonabe,

J’ai l’honneur de vous transmettre une lettre que m’a adressée M. le professeur Richerand. R désire placer dans les collections de la Faculté , le lit mécanique dont vous êtes inventeur. Vous sentez combien il importe que cet appareil , qui doit servir aux démonstrations , ait toute la perfection dont il est susceptible. Or, en me chargeant de le faire exécuter, je négligerais, sans doute, quelques détails essentiels. Si donc, ce n’est pas abuser de votre complaisance , je vous prierai de vouloir bien le faire construire par les ouvriers que vous employez habituellement à ce genre de travail ; dirigés par vous ils pourront tenir compte des diverses modifications que déjà vous avez fait ou que vous voudriez faire subir à cet appareil , et M. le professeur Richerand serait bien certain de présenter à ses auditeurs le lit à extension de la colonne vei'tébrale de l’invention de M. le docteur Maisonabe.

Veuillez, Monsieur, me faire savoir si vous consentez à ma demande, et recevez, je vous prie , l’assurance de la haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être, etc.

Thillaye, conservateur des collections de la Faculté de Médecine.

Ce lit et les objets nécessaires à la démonstration de sa manière d’agir, seront par nos soins incessamment livrés à M. le Conservateur des collections de la Faculté de Médecine. M.

Avis à MM. nos Correspondrais.

Plusieurs de nos confrères auxquels nous avons fait expédier notre lit, ou même les personnes qui en usent, nous demandent tous les jours des explications ou des conseils relativement à son emploi ou aux effets qu’il produit, pour savoir quelles modifications il y a à introduire dans le traitement dans tels cas donnés.

Nous avons répondu en général, jusqu’ici, autant que nos occupations nous l’ont permis , à la plupart de ces demandes , mais nous avons surtout répondu de préférence à nos confrères , parce qu’ils ont mieux précisé leurs questions. Ce défaut de précision et le non affranchissement des lettres , ont été les deux principales causes du défaut de réponse de notre part. Nous invitons en conséquence les personnes qni désireraient de nous quelques clocumens de ee'genre, de nous adresser les questions à mi-marge , et de les bien préciser , afin que la réponse en soit plus facile. Nous rappelons qu’il n'est reçu dans le bureau de notre établissement aucunelettre ou paquet taxé.

Nous informons encore les personnes qui nous ont fait les dernières demandes de notre lit, que tous ceux qui auront été expédiés après le i.crmai 1826, seront absolument conformes an modèle que nous avons fait exécuter pour la Faculté. Les additions ou corrections faites antérieurement ne font que rendre son emploi plus facile et plus commode , et n’en changent aucunement la destination ; les effets en sont les mêmes.

La coulisse que nous avons substituée à celles que nous avions adoptées d’abord , pour servir à opérer l’extension fixe , et qui a sur les précédentes , comme nous 1 avons déjà dit , l’avantage de produire cet efiet plus facilement et avec une faculté de graduation plus étendue , peut s’adapter à tous les lits que nous avons expédiés.

Nota. Notre quatrième. Numéro , auquel nous avons été obligé de renvoyer l’article sur le pied-bot , que nous avions annoncé devoir être inséré dans celui-ci -, paraîtra au commencement du mois de

1 1 Les Numéros suivans paraîtront dans les mois de juillet, octobre , janvier et avril de chaque année. ,

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