INSTRUCTION
Pour désencaisser le lit , avec de nouvelles descriptions , nécessitées par les perfectionnemens qui le rendent conforme au modèle livré à la Faculté de Médecine de Paris , le 16 mai 1826, et suivies d’explications relatives à son emploi .
Enlevez le dessus de la caisse , et ensuite le panneau du côté de la tête , ôtez les tampons qui sont autour du lit, et sortez-le.
Ce lit doit être placé au lieu où il doit demeure/r , de manière qu’il y ait à la tête, aux pieds, et du côté du cadran un espace suffisant pour l’exécution des différens mouvemens que son service nécessite.
Ainsi placé , on le voit prêt à y recevoir la personne a laquelle il est destiné ; mais il faut , avant de l’y disposer , en voir le mécanisme intérieur, et mettre en ordre ses différentes parties.
En conséquence , séparez d’abord l’agraffe du cordon auquel elle n’est unie que par la petite tringle en cuivre ; tirez en haut la tablette du panneau , et enlevez-le. Saisissez le fond rembourré par-dessous son extrémité de la tête, et enlevez-le.
Placez et faites retenir le poids (que vous aurez séparé' avec précaution du plancher de la caisse auquel il est cloué) vers le milieu de la bascule, l’anneau tourné vers la roue , les galets dans les trois gouttières.
Passez 1 extrémité de la corde où se voit un nœud à quelque distance de son extrémité, dans l’anneau tenant au charriot du poids, et faites un simple nœud, qui, avec celui dont il vient d’être parlé , rendi'a suffisamment so ide son union à cette pièce; serrez toutefois le nœud que vous aurez fait, et faites rouler le charriot en l’accompagnant des mains jusqu’à l’extrémité de la bascule,
où étant parvenu, la corde qui l’unit à la roue doit se trouver tendue.
Prenez alors la manivelle , introduisez son carré dans l’ouverture pratiquée au centre du cadran. Faites-la tourner : vous verrez le poids monter , et lés différens numéros du cadran correspondre à la pointe de l’aiguille, à chaque degré d’ascension. Retirez la manivelle.
Pour faire descendre le poids, prenez la petite clef; ïntroduisez-la dans l’ouverture correspondante à la base de l’aiguille placée au-dessus du cadran , en dirigeant en haut sa tige. Retenez en place cette clef avec la main gauche , reprenez la manivelle et introduisez son carre dans le centre du cadran , de manière que son manche Soit en bas, tenez-Ia bien en place avec la main droite, et inclinez à gauche, avec la main de ce côté, la tige de la petite clef, jusqu’à ce que, par ce mouvement, vous dégagiez le verrou d’entre les dents du rochet. Le verrou ainsi dégagé et retenu dans cette position , vous tournez la manivelle dans le sens inverse dq celui où vous 1 avez dirigée pour monter lé poids , et vous le faites descendre.
Pour arrêter ce poids sur un point quelconque de la bascule, il faut replacer la clef comme elle a été introduite , et tourner un peu la manivelle pour faire rentrer le verrou dans l’intervalle des dents du rochet correspondant au numéro sous lequel vous voulez le retenir.
Yôûs vous assurez alors que le verrou est bien engagé, en essayant de tourner la manivelle comme si vous vouliez faire descendre le poids. Le verrou est engagé , si ce rpouvement est empêché. Il ne reste qu à retii'er la clef et
la manivelle.
, Qn entend bien que pour mettre ces pièces en jeu, on n’a pas besoin devoir leurs mouvemens s exécuter, c’est dire qu’il n’est point nécessaire d’enlever le fon rembourré , lorsqu’on veut les faire agir.
Après avoir pris une connaissance suffisante du meca-
nisme par lequel le poids parcourt l’étendue de la bascule , en descendant pour accroître la force extensive , en remontant pour la diminuer , on doit jeter un coupd’oeil sur la poulie posée au milieu du panneau de la tête du lit, et sur les deux posées à celui des pieds.
Observations sur les Poulies.
Les poulies peuvent avoir leur support sur une traverse en fer, qui s’étend d’un pied du lit à l’autre ; elles peuvent encore être ajustées à des plaques quadrangulaires de cuivre ou de tôle , au moyen desquelles elles sontattachées avec des vis sur les parties immobiles des double-fonds. Le modèle que nous avons fait exécuter pour la Faculté de Médecine présente les poulies montées sur les traverses dont nous venons de parler. Nous les faisons poser aux lits faits de bois plus cher que le chêne , par la raison que ces bois étant employés plus minces, les poulies qui y seraient attachées les feraient fléchir dans les efforts qu’elles auraient à supporter.
Que la poulie de la tête soit montée sur une traverse en fer , ou sur une simple plaque de ce métal attachée avec des vis à la partie immobile du double fond , il nous parait inutile aujourd’hui de les disposer de manière à ce qn on puisse les élever ou les abaisser, par la raison que nous avons arrêté invariablement le degré d’inclinaison qu il convient de donner au fond rembourré. Cependant si quelque circonstance particulière, propre à la personne à laquelle ce lit est destiné , rend nécessaire d’élever ou d abaisser la poulie de la tête; que cette poulie soit montée sur une traverse ou sur une plaque, la simple inspcclion .de la manière dont elle est posée, suffit pour indiquer le moyen fort simple de la pos*er plus haut ou plus bas , pour qu’elle corresponde convenablement au
degré d’inclinaison du fond rembourré , définitivement arrêté.
Quant aux poulies posées au panneau des pieds du lit, de quelque manière qu’elles soient montées, elles ne doivent jamais être déplacées.
Ceux de nos lits où nous faisons arrêter invariablement le degré d’inclinaison du fond rembourré, offrent intérieurement sur les deux pans, dans leur longueur, un tasseau d’environ un pouce en carré. A la place de ce tasseau on voit des supports en bois , vers le milieu et l’extrémité inférieure du pan , et vers la tête une vis de bois , qu’il suffit de tourner à droite pour en élever l’extrémité sur laquelle devra porter, de chaque côté, le fond rembourré.
Ajustement du cordon gradué.
On sait comment le cordon gradué s’unit à l’agraffe. En voyant le crochet de fer monté sur l’extrémité delà bascule , on pressent déjà que l’anse pratiquée à ce cordon doit y être engagée; et il en est réellement ainsi. Il est bon d’ajouter, seulement , qu’on n’engage cette anse dans le crochet qu’après avoir passé l’autre extrémité du cordon sur la gorge de la poulie et de-là dans l’ouverture pratiquée sur la partie mobile du double-fond, qu’on remet en même temps en place. L’extrémité du cordon se trouvant ainsi disposée pour être unie à 1 agraffe , on l’y unit effectivement , et on l’y arrête avec la petite tringle en cuivre; après quoi, passant le bras pardessous la traverse inférieure du panneau de ce côte, et dirigeant la main en haut , on va saisir l’anse pendante de ce cordon , pour l’engager dans le crochet.
Avant de remettre le fond rembourré en place, on enlève la partie mobile du double-fond des pieds , et 1 on
voit les deux poulies sur la gorge desquelles doivent passer les cordons qui doivent s’unir à la ceinture. On peut remarquer qu’à l’une de ces poulies est suspendu un étrier destiné à tirer sur le cordon correspondant à la hanche la plus élevée, et on juge facilement que , si cette opération est nécessaire à droite , et que 1 étrier soit cependant placé à gauche , rien n’est plus aisé que de l’y transporter.
Le fond rembourré est replacé. Les anses des cordons sont repassées dans les ouvertures latérales de la partie mobile du double-fond, qui est de même remis en place.
Ajustement du Collier.
Les choses disposées , comme il vient d etre dit, on passe le collier autour du cou de la personne, avec la précaution d’en écarter les extrémités , en en dirigeant une en haut et l’autre en bas , pour ne pas le déformer et cependant l’ouvrir assez pour y laisser entrer le cou. Ces extrémités sont réunies sur la nuque au moyen de la boucle , de manière à se toucher. Ce collier est à la mesure convenable de la base de la tete , lorsque le menton touchant au fond de son excavation antérieuie, ses extrémités tenues rapprochées par la boucle n appuient pas trop exactement sur la nuque , pendant l’extension. Trop court du menton à la nuque , il causerait de la douleur et ne produirait pas l’effet qu on doit en attendre. Trop long dans ce sens , il ne remplirait pas son objet. Il convient donc qu’il soit fait sur une mesure exacte. Il n’y a pas d’inconvénient, cependant, à ce qu’il soit plus long de quelques lignes que le diamètre antéro-postérieur de la base de la tête. Il y en aurait beaucoup à ce qu’il fût trop court dans ce sens.
Situation de la personne sur le lit. — Ajustement de sa ceinture. — Union de cette pièce et du collier avec les trois cordons. — Manière d'agir de la bascule. — Documens divers.
La personne étendue sur le lit, le dos portant sur le Milieu du fond rembourré , on lui passe la ceinture , qui doit être assez serrée pour que son bord inférieur, quelqu’atfiré qu’il puisse être en bas, s’arrête sur les saillies des crêtes des os des îles.
La ceinture mise en place , les quatre courroies du collier sont unies à lagraffe, et le corps de la personne attiré veis les pieds du lit, autant qu il le faut pour que toute la partie graduée du cordon sorte du double-fond. Poui qu il en soit ainsi, il faut que la bascule se rapproche du plan horizontal, autant que le lui permet l’étendue de la coulisse dans laquelle la pièce de fer cylindioide qui se voit à son extrémité inférieure, se meut de bas en haut, et de haut en bas.
La bascule se rapproche du plan horizontal, autant qu il Je faiit, au moyen de la précaution qu’on prend d’élever et d assujettir, en l’y serrant au moyen d’un tour de vis , la pièce carrée de fer placée dans la coulisse , où elle peut monter et descendre, ayant toujours au-dessous d elle, celle de figure cylindroïde , sur laquelle elle est arretée à volonté pour l’extension fixe.
L appareil ainsi disposé de ce côté , chaque cordon est uni, au moyen d’une petite tringle en cuivre, à l’anse pratiquée à chacune des courroies qui va se boucler à la ceinture ; et c’est au moven des boucles placées , une à chaqùe côté de la ceinture, que le tronc est assez attiré et retenu en bas pour que la partie graduée du cordon se trouve tendue.
Dès ce moment, la colonne vertébrale peut être ex-
plorée, au moyen de pressions mesurées que l’homme de l’art exerce avec le pied gauche , sur la pièce de fer qui dépasse de quelques pouces le côté gauche de la bascule ; et c’est à lui à juger du degré d’extension fixe ultérieure , qu’il a la faculté , au moyen de la pièce à vis placée dans la coulisse, de graduer à volonté, depuis un quart de ligne jusqu’à deux pouces , terme extrême auquel il y a rarement lieu de la porter. C’est encore à lui à juger de l’usage qu’il doit faire, de la faculté de substituer, le jour ou la nuit , cette extension fixe , à l’extension avec mobilité de la bascule chargée du poids, au degré qu’il trouve convenable.
Nous avons dit ailleurs qu’il était avantageux d’exercer des tractions partielles sur la hanche la plus élevée, et d’opérer en même temps une traction permanente plus considérable de ce côté que de l’autre. L’étrier est destiné à produire le premier de ces effets. Les tractions opérées par son moyen avec le pied, doivent s’exécuter d’abord par des mouvemens lentement prolongés et de manière à ce que chacun d’eux n’établisse entre la tension du côté le plus élevé et l’autre, qu’environ un pouce de différence en faveur du premier. Ces tractions peuvent être portées à un plus haut degré en quelques jours, et être exécutées par des mouvemens progressivement moins lents. Eiles doivent être souvent réitérées pendant le jour. Leur effet doit encore être secondé par l’accourcissement de la courroie de ce côté , augmenté de deux ou trois trous au plus.
Les premiers huit jours de traitement, l’affaissement des garnitures du collier et de la ceinture, et l’élasticité des courroies et des cordons donnent lieu , dans la première heure de chaque station sur le lit , à un relâchement relatif de ces moyens d’union du corps avec l’appareil extenseur. Il faut, pendant ces huit jours, pour que tout le temps de la station sur le lit soit mis à profit , accourcir d’un ou deux degrés les courroies de lâ cein-
ture. Il n’est pas besoin de dire que ce soin, porté vers celte seule partie de l’appareil , annulle dans les premiers quinze jours de leur emploi la faible extensibilité dont il est susceptible, ce qui d’ailleurs est indifférent dans l’appréciation des résistances à vaincre et des forces à leur opposer , puisque le cordon gradué marque le degré d’alongement supporté en même temps par les moyens d’union et la colonne vertébrale elle-même.
JY. B. Nous avons annoncé dans notre précédent Numéro que nous décririons dans celui-ci une machine adaptée à un siège pour empêcher l’affaissement de la colonne vertébrale , et rendre d’autres services dans la seconde période du traitement ; des changemens que nous projetons dans sa construction , nous obligent à ajourner sa description.
L absence de Paris d’un des membres de la commission nommée par l’Académie royale de Médecine, pour observer le traitement que la jeune V . suit dans notre
établissement, relativement à la difformité du genou, pl. II (Difformités) , est cause du retard apporté dans la
rédaction du rapport qu’elle en doit faire. La jeune V .
continue d’avoir son membre inférieur gauche rétabli dans sa conformation régulière ; c’est au temps à consolider cette cure.
Çà été une erreur de notre part que de dire dans 1 explication de la f. 2 de la planche II , qu’on n’avait jusque là aucune connaissance de la variété du pied-bot qu’elle représente, car, entr’ autres exemples que nous en avons recueillis dans nos notes manuscrites , se trouve celui dont parle M. Delpech dans ses observations sur le pied-bot. ( Ouv. cité.)