‹ Orthopédie [electronic resource]Chapitre 5 sur 25 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

Apres ce temps on diminue des sept-huitièmes â-peu-près les mouvemens que l’on faisait d’abord pour articuler chaque syllabe. On se borne à placer

îles dominantes; c’est-à-dire que l’on se borne à donner un bon coup de bras sur la première syllabe de la phrase; /orsque l’élève est arrivé au point de les bien placer, zïpeut se regarder comme guéri, ce qui peut arriver au bout de quelques jours. Ainsi ’ au heu de faire un mouvement pour chaque syllabe , on en fait un seulement pour chaque phrase ; ces mouvemens constituent des gestes, c/ui sont un peu monotones , il faut en convenir , puisqu’ils sont purement phonétiques; mais par suite, et bientôt, quand on a de l’intelligence, on peut leur donner toute la grâce qu’ils doivent avoir; ils deviennent ainsi gestes d’expression et de phonation.

Pendant un mois ou deux on observe bien les principes de la méthode. On met en pratique ceux de la première leçon avec ceux de la seconde ; après il suffît de bien s observer et de bien articuler pourne plus bégayer, et si l’on s’aperçoit de ce défaut, on n’a qu’à faire un mouvement du bras pour le faire avorter : une simple contraction des muscles du bas-ventre ou de toute autre partie du corps produit absolument le même effet.

Le bègue doit se méfier de la nonchalance ; lorsqu’il s’y abandonne, son infirmité se renforce ; il doit continuellement se tendre et se cabrer contre cette fâcheuse disposition. Il a besoin de parler seul et de parler long-temps; 's’il n’a pas assez de talent pour faire un discours soigné, il doit seulement s’amuser à enlacer des mots, dont la signification doit peu lui importer; en un mot, il doit faire de vrais amfi-

gouns.

La timidité, qui est si forte chez le bègue, diminue d’une manière sensible dès les premiers jours qu’il commence à employer la méthode. Sans blesser la politesse, il doit regarder comme ses égaux tous ceux qui composent le cercle où il se trouve. Cette condition lui est essentielle pour prendre fa-plomb qui lui manque.

Si l’on voulait faire avorter le bégaiement, qui arrive ordinairement vers lage de cinq, six, sept ans, on se servirait de la gymnastique, ainsi que je l’ai indiqué pour les cas ordinaires. Si l’enfant ne sait pas lire , on commence par lui apprendre à donner un petit coup sur la table pour chaque lettre de l’alphabet; on en fait ensuite autant pour chaque syllabe; lorsqu’il est plus avancé, on obtient de lui la lection des mots quand il parle , et au bout de très-peu de temps on parvient à mettre de l’ordre dans la phonation.

La méthode naturelle qui guérit le bégaiement peut être comprise par tout le monde. Elle a l’avantage d’exercer les organes de la voix sans les gêner comme les divers corps étrangers qu’on applique dans la bouche ; on n’est pas obligé de fixer la langue contre les incisives inférieures ; elle prend les attitudes qu’elle doit conserver par la suite. Les gestes phonétiques sont le moyen le plus commode , j’ose même dire le plus efficace et le plus gracieux que l’on puisse employer pour guérir et prévenir le bégaiement. Je connais ce moyen depuis près de huit ans ; ce n’est que depuis trois ans que j’en ai parlé à mes amis et

que je 1 ai appliqué à la cure d’autres bègues que moi.

Je rapporterai ici les résultats frappans obtenus par la méthode dans les diverses séances publiques où

où ont assisté des magistrats, des avocats et des médecins.

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