Bulletin Prot. Franc., tome XXII, p
nouveaux convertis de quitter le royaume de France. En 1722, dix-neuf femmes protestantes essayèrent de s'embarquer pour la Hollande à Bayonne, mais ne purent réussir. Le parlement de Navarre ordonna une enquête à leur sujet1. On sait que la législation impitoyable condamnait dans ce cas les femmes à être rasées et jetées pour le reste de leurs jours en une horrible prison. Les hommes étaient envoyés aux galères sans espoir d'en sortir.
Nos Aspois purent parvenir sans encombre sur la terre de la liberté religieuse, et en 1747 toute une colonie de jeunes gens d'Osse se trouvaient réunis et établis à Londres ; c'étaient Mathieu Arabanet, Bertrand et Joseph Gasalar et Jean Soupervie. Ils peuvent, sans être inquiétés, professer la religion de leur choix, se marier sans faire un acte d'apostasie et, vaillants comme ils le sont, trouver une occupation qui suffise à leurs besoins et même leur permette d'acquérir une certaine honorabilité2. « Car, dit l'un d'eux, je n'ai pas à me plaindre des habitants. » Ils ne font pas à la vérité grand accueil à l'étranger, et même » il faut convenir qu'un voyageur qui se trouverait icy sans » argent et qui en pareille conjoncture ne voudrait pas se prêter » à toute voie légitime, quelque humiliante qu'elle pourrait être, » pour gagner sa vie, se verrait sans ressource. On ne prête » qu'à ceux absolument qui veulent bien s'aider eux-mêmes. » (Lettre de Mathieu d'Arabanet à Pierre Datournou fils, Londres 6 mars 1747.)
Une fois sur le sol de la liberté, ces jeunes gens n'ont qu'un désir : celui d'y faire venir tous les jeunes gens du village, parents et amis, partageant leur foi. Actifs et industrieux, ils arrivèrent rapidement à trouver du travail et à réussir. Bertrand Casalar fut bientôt à la tête d'un commerce de toile, pour les besoins duquel il ne tarda pas à revenir en Béarn. Ce voyage s'accomplit en 1750.
La correspondance qui nous fait connaître l'existence à Lon-