FIN DES PERSÉCUTIONS — EDIT DE TOLERANCE
Pendant qu'on persécutait encore les protestants, on chassait les jésuites. L'arrêt de leur interdiction est du 6 août 1702. Joseph Datournou écrit à ce sujet le 7 mars 1763 : « Je serai bien aise » de savoir ce qu'il est devenu des différents pères jésuites de » qui j'étais connu à Pau, il semble que vos parlements aient » vivement à cœur leur liberté, puisqu'ils la leur ont obtenue à » bras ouverts. » Il ajoute aussitôt comme si l'expulsion des jésuites devait coïncider avec la tolérance religieuse : « Vos » exercices sont-ils publics ou interrompus ? On veut faire » accroire qu'on y est aussi libre qu'ici et que votre liberté y » sera bientôt rétablie sur des fondements inébranlables. On a dirait effectivement qu'il y a un acheminement ; Dieu veuille » en hâter l'exécution et faire réussir ce grand ouvrage à sa » gloire.... »
En effet, les années de 1763, 1764 et 1705 furent pour les protestants en général une période de tranquillité '. En Béarn, sous la direction de leurs pasteurs Defferre et Journet, les églises « continuaient à tenir des assemblées, à fréquenter des mai- » sons d'oraison et à ouvrir des écoles protestantes, malgré les » admonitions d'une rudesse paternelle de M. de Gudannes ». Le clergé s'agita encore. Des détachements furent mis en campagne et ils firent bon nombre de prisonniers, au mois de juillet 1766*.