‹ OsseChapitre 121 sur 132 · Ch. Coquerel. Hist. Egl. Dés., t. II, p · texte numérisé non relu

Ch. Coquerel. Hist. Egl. Dés., t. II, p

Nous avons vu comment Miherre etDatournou furent au nombre des victimes de cette recrudescence de fanatisme. Le duc de Lâvrillère, comte de St-Florentin, donna les ordres les plus sévères pour pendre les prédicateurs. Ce ne fut qu'un moment de mauvaise humeur du ministre, et M. d'Etigny, intendant d'Auch de 1751 à 1767, s'intéressa vivement en faveur des protestants : il leur fit connaître « que le seul moyen de faire » retirer les ordres et d'obtenir la délivrance des prisonniers » était de cesser les assemblées en rase campagne, et de s"as- » sembler par village dans des granges, ou par quartiers dans » des maisons; les protestants y consentirent, quoiqu'ils dis- » sent : Quelle sûreté aurons-nous, si on nous attaque ensuite » pour cet acte même de soumission ». Ce qu'ils prévoyaient devait en effet se réaliser plus tard *.

Il est probable que ce fut à cette époque que la grange de Latounette au plateau d'Ipère devint le lieu officiel des assemblées des protestants, qui avaient d'ailleurs abandonné le quartier de Proudequi, trop éloigné du village, et s'étaient depuis réunis à la grange de Nouqué à Ipère. Cette dernière grange, aujourd'hui démolie, était admirablement placée pour que l'assemblée fut à l'abri de toute surprise. D'abord elle était cachée dans un ravin et dérobée à la vue par des arbres, puis deux chemins y donnaient accès, l'un au-dessous, l'autre au-dessus, si bien qu'en cas d'attaque l'assemblée avait deux issues. De plus, encaissée comme elle l'était, l'on ne pouvait entendre d'en bas le chant des psaumes, qui aurait pu trahir la présence de l'assemblée. La grange de Latounette était mieux appropriée pour le culte, plus vaste et, quoique un peu plus éloignée du village, d'un abord plus accessible.

En 1774, au moment où Louis XV venait de mourir, on recommença à inquiéter les protestants du Béarn ; les pasteurs Defferre et Journet s'en expriment avec douleur. On en écrivit au comte de Périgord, intendant de la province du Languedoc2. Mais ce ne fut qu'une alerte, en comparaison de ce qui survint

1. — Extrait d'une lettre adressée par Court de Gébelin à Mgr le grand aumônier de France, le 27 avril 1778. f Bulletin Prot. Franc., t. V, p. 417.)

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