Ch. Coquerel. Ris. Egl Dès., t. II, p
en 1778*. Cette année-là, an détachement de dragons de Belzunce, sous prétexte de remonte, viui à Orthez. Pour mieux cacher leur manœuvre, ils construisent des barraques, h huit jours après leur arrivée, à deux heures du malin, ils investissent la maison où logeait le pasteur Berthezène, qui eut le bonheur d'échapper pendant qu'on saisit le propriétaire du logis. Son collègue, le pasteur Journet, échappa aux poursuites grâce h sa maladif1. Un autre détachement va pour arrêter le sieur Marsoo, vieillard de quatre-vingts ans. chez qui on tenait les assemblées ; on ne trouve que le lils ; un troisième peloton de dragons va s'emparer à Gastétarbe du sieur Glaverie dont la grange avait servi mais ne servait plus pour le culte et ou le conduit à Sl- Joan-Pied-de-Port. Enfin un quatrième détachement se rend à Belloeq, avec mission de s'emparer du pasteur Defferre, qui a la chance d'échapper. On peut juger de l'émotion que causèrent de telles mesures à cette époque. Les protestants se posèrent la question, s'ils ne devaient pas, pour un temps, suspendre leur assemblée pour témoigner leur déférence aux volontés de la cour. A cette question Court de Gébelin, qui protesta en haut lieu, écrit àM. Vidal d'Orthez : « C'est aux protestants de voir s'ils » croient devoir me soutenir par leur conduite, ou s'ils veulent » être privés de toute instruction. Je ne puis donner le courage » nécessaire pour des choses qui peuvent exposer et où la » volonté seule et le sentiment intérieur doivent diriger. Tout » ce que je sais, c'est que si les protestants veulent se réunir à » l'église catholique, ils n'ont qu'à cesser toute assemblée-. »
Le conseil de Court de Gébelin fut suivi, et l'on put sans autre tracasserie reprendre le chemin des granges.
Aucune des lois faites contre le protestantisme n'était abrogée et malgré l'émigration, les persécutions sanglantes, les galères, l'enlèvement des enfants, tout un peuple avait conservé les convictions religieuses de ses pères, convictions fortes et sincères qui avaient subsisté à travers un siècle d'épreuves inouïes, si bien que dans ce temps d'incrédulité profonde, on peut dire qu'ils avaient à peu près seuls conservé la foi, comme