Chronique du Diocèse d'Oloron, t. II, p. 405 et
2. — Le texte de cet édit a été donné dans La Législation des mites protestants 4787-1887, par Armand Lods. Grassart, Paris, 1887.
en novembre 1787, il fut enregistré le 13 mars 1788, par le parlement de Navarre l, et appliqué à Osse au mois de décembre 17SS, treize mois après sa promulgation. Alors eut lieu l'inscription à l'état civil de toutes les familles protestantes qui Q'avaienl pas fait légitimer leur union par le prêtre.
Nous pouvons inférer de ce qui se passait ailleurs, quelle dut être la joie de ce pauvre peuple d'Osse. Enfin les protestants allaient pouvoir, sans apostasie ni sacrilège, être légalement ('poux et pères. Enfin leurs enfants pourraient, sans trouble ni contestation, hériter de leurs parents. Les zélés, les savants, les membres du consistoire se répandent dans toutes les maisons, on raconte ce que l'on sait de l'édit, et comment on devra s'y prendre pour en bénéficier, et on se répand en éloges à l'adresse du roi, qui a eu pitié de ses pauvres sujets abandonnés depuis si longtemps.
Au bout de plusieurs mois d'attente, les ordres supérieurs sont arrivés. Le premier jurât, Antoine de Latourrette, a reçu les pouvoirs nécessaires et est institué, de la part du roi, officier de l'état civil.
On devait payer deux francs pour chaque déclaration de mariage et quinze sous pour celle de chaque naissance, la loi cette fois-ci avait un effet rétrospectif. Les époux non catholiques, mariés clandestinement avant l'édit, devaient acquérir « tous les » droits résultant des mariages légitimes, à compter du jour de » leur union dont ils devaient rapporter la preuve et en déclarant » le nombre, l'âge et le sexe de leurs enfants » (art. 21).
Chaque famille arrive ensemble devant l'officier de l'étal civil. Les parents accompagnés de leurs enfants et parfois des enfants de leurs enfants se présentent au jurât chargé de légitimer leur situation. Premier jour de joie après une ('preuve de plus d'un siècle !
Voilà la formule de chacun de ces actes :
« Devant Antoine de Latourrette, premier jurât, en vertu de » l'article 21 de l'édit du mois de novembre 1787, sont reçues
» les déclarations suivantes. (Suivent les noms des époux)
» mariés avec l'assistance de leurs parents, en vertu d'un contrat