‹ OsseChapitre 128 sur 132 · Voir pour la prémice, les pages 62, 261, 266 et · texte numérisé non relu

Voir pour la prémice, les pages 62, 261, 266 et

communauté l'ayant imposé non seulement à chaque maison, mais à chaque cadet possédant un troupeau1. Le 18 Messidor an Xlll (28 juin 1808), délibération esl prise de prélever sur tous les habitants, indistinctement, une mesure de grain sur quarante, une toison par trente brebis, un fromage par troupeau, un franc douze sous et demi par trente agneaux. Le citoyen Lagunpocq, avec Doumecq, protesta contre cel abus de pouvoir.

Protostation : .Iran Lagunpocq, membre du conseil municipal, s'opose à la présente délibération parce qu'elle est injuste. Il semble que le corps municipal veut faire ici des loix. Monsieur le maire a obmis dans sa proposition ce qui se passe dans la commune d'Ossequiest composée de deux sectes qui sont protestans et catholiques et tous membre de l'Etat, par conséquent chaque communion doit être indépendante sur les traitements des ecclésiastiques et sur les dépenses des cultes. Là où il n'y a pas de réciprocité il ne peut y avoir d'obligation et il ne saurait y en avoir entre les catholiques et les protestants dans un cas où, s'agissant d'un culte qui leur est personnel, chaque communion doit être indépendante de l'autre sur la manière et les moyens de l'exercer. La dite opposition sera portée à qui de droit avec l'extrait de la présente et ont signé. Lagunpocq, Enri Domec.

Le 1er mai 1806 les protestants, en vertu de cette opposition, furent exemptés des rôles pour le payement du desservant catholique. Ce devait être à cette époque que Tévêque de Bayonne venant à Osse réunit les protestants et les sollicita de rentrer dans le giron de l'église, leur disant que si l'on avait eu tort jadis d'employer contre eux la violence, ce crime avait été cruellement expié pendant la terreur. Et comme il insistait sur leur petit nombre, ce même Doumecq lui répondit: « Monseigneur, » ne savez-vous pas que les promesses sont faites au petit trou- » peau. »

La loi de germinal an X, par laquelle le premier consul venait, non de rétablir les cultes (qui n'ont pas besoin de l'intervention de l'Etat pour subsister, notre histoire en est la preuve), mais de décider de les salarier, fut accueillie avec joie à Osse comme dans toute la France. Elle lut inscrite au complet au commencement du registre des délibérations des anciens de L'église

réformée d'Osse, qui s'ouvre le 14 germinal an XIII (avril 1805). Napoléon, qui avait traité avec le pape pour la religion catholique, n'eut pas en face de lui un synode pour traiter des intérêts des églises réformées, car l'organisation qu'Antoine Court s'était efforcé de faire revivre, avait cessé de fonctionner peu après la mort de ce pieux pasteur. Il n'y eut pas de synode national depuis 1763, et le despote, pour qui la religion était un moyen de domination, se garda bien de demander à un synode (la seule autorité qui pût parler au nom de nos églises), de le fixer au sujet de leur organisation intérieure. L'église ne fut point officiellement .consultée, et ceux qui parlèrent en son nom ne purent le faire qu'à titre privé. « Le protestantisme français » était alors très faible, sans autorité centrale, sans lien commun, » et privé de presque tous ses pasteurs, les uns étant morts » dans les orages révolutionnaires et les autres ayant embrassé » des carrières civiles. De là son impuissance à se faire bien » entendre, et même à se bien faire voir1. » De là dans cette loi les lacunes qui travestissent l'église de nos pères, lui voilant les pieds et la tête et défigurant le reste. Elle ne mentionne en effet ni les églises particulières, qui sont les unités qui la composent, ni le synode général, qui les réunit en un tout homogène. Le colloque aurait eu de la peine à se reconnaître dans ce que le législateur appelle consistoire, qui n'est qu'un groupe d'habitants protestants, et les synodes d'arrondissements sont tout autre chose que les synodes provinciaux.

Cette méconnaissance de la discipline qui avait fait ses preuves pendant deux siècles et demi, ne fut pas relevée au premier moment devant l'excès de joie que produisit le salaire des cultes, indemnité légitime pour les biens dont on avait dépouillé les protestants à la Révocation. Le crime avait été national, la réparation l'était aussi, rien de plus juste.

Les anciens d'Osse, qui avaient écrit cette loi en tête de leur registre, n'eurent pas à se l'appliquer. Elle n'avait rien qui les concernât. Ils n'avaient pas même de représentant au consistoire d'Orthez. Le seul lien entre eux et ce nouveau corps était les visites des pasteurs des différentes sections du consistoire.

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