Il faut y joindre les protestants français
2. — Ch. L. Frossard. La Discipline ecclésiastique du pays de Béarn, publiée pour la première fois. Paris, Grassart, 1877. Voir aussi dans le présent ouvrage pages 209 et suivantes.
petit nombre, n'avaient dans les consistoires que leur action individuelle : chaque membre était autant qu'eux évêque ou surveillant de la paroisse, divisée en autant de quartiers qu il y avait de membres laïques ; ceux-ci étaient donc de vrais pasteurs, exerçant un vrai ministère auprès de leurs coreligionnaires qui les avaient confirmés dans leurs fonctions. Les pasteurs prêtés par le synode n'étaient, selon le nom populaire qui leur est resté, que des ministres (serviteurs), chargés de l'explication de la Parole de Dieu. Cette constitution démocratique explique en partie la conservation du protestantisme en Béarn en l'absence des pasteurs. Habitués à se surveiller et à s'encourager les uns les autres, les protestants purent, en quelques endroits du moins, résister à une désagrégation à peu près inévitable. Il y a encore en Béarn des protestants, — et ce ne sont pas les moins zélés, — qui, n'ayant pas eu de pasteur depuis le concordat, continuent à s'en passer. Ils se donnent entre eux le beau nom de frères et le justifient par leur union et leur zèle religieux; d'autres, habitués du temps des persécutions à pourvoir seuls à leur culte, continuent à ne pas vouloir d'un secours de l'Etat, ils donnent à leurs congrégations le nom d'églises libres. Cependant tous ces protestants sont reliés entre eux par une foi commune puisée dans l'Écriture Sainte, et dont on peut trouver l'expression concise et caractéristique dans cette parole de l'apôtre St-Jean : « Dieu est amour : l'amour de Dieu envers nous
A PARU EN CE QUE DlEU À ENVOYÉ SON FlLS UNIQUE DANS LE MONDE, AFIN QUE NOUS VIVIONS PAR LUI. EN CECI EST L'A- MOUR, C'EST QUE CE N'EST PAS NOUS QUI AVONS AIMÉ DlEU, MAIS QUE C'EST LUI QUI NOUS A AIMÉS ET A ENVOYÉ SON FlLS EN PROPITIATION POUR NOS PÉCHÉS. BlEN-AIMÉS, 51 DlEU NOUS A AINSI AIMÉS, NOUS DEVONS AUSSI NOUS AIMER LES UNS LES AUTRES1. »