Au delà des Eaux d Ossau (Eaux-Chaudes
3. — Le siège épiscopal d'Oloron était alors vacant. Voir la Chronique du diocèse d'.Oloron, t. I, p.
4. — Le choix du Sénéchal de Béarn, institué en 1338, fixe la date de ces événements que Maria porte à tort à l'an 4100. — Chr. du diocèse d'Oloron, t. I, p. 385.
Bigorre, tendantes aux fins qu'en ensuivant les pénitences et amendes par luy imposées, ils fissent la paix entre les deux montagnes, et pour cet effet appelassent dix Prud'hommes d'Aspe et autant de Lavedan, et fissent rédiger cela par écrit; et moyennant ce, absoudre les terres, gens, bestiaux et autres choses de Lavedan. Les dits évesques et sénéchaux ayant reçu les dites lettres, firent assembler les dits prud'hommes d'Aspe et autant de Lavedan, et accordèrent comme s'en suit. Et tout premièrement paix soit entre parties à jamais, et que celui qui la rompra, ait la malédiction du Saint-Père, et paye deux cents marcs d'argent, cent marcs aux endomagez, les autres cent au seigneur de la terre, d'où les endomagez seront ; et qu'ensuite ceux de Lavedan envoyent dix hommes de sainte vie vers monseigneur Saint Jacques en Galice, qu'ils fassent chanter quatre messes d'évêques, et dix messes d'abbez avec crosses, et cent messes à prêtres ou frères, et que ceux de Lavedan fassent à jamais les réparations ci-dessous écrites, et payent au messager d'Aspe, le jour et feste de Saint Michel de septembre dans l'église de Saint-Sevin, ou en celle d'Odot avant que l'étoile paroisse, les sommes sous-écrites : c'est à sçavoir Baich-Soriguères et Ossen, vingt-deux deniers Morlaas; Ségur, vingt-deux deniers Morlaas ; Donaxs, vingt-deux deniers Morlaas ; Veguer, vingt-deux deniers Morlaas ; Dagos, vingt-deux deniers Morlaas ; Larrivière et Ost, six deniers et maille Morlaas ; Haisacq, dix deniers Morlaas ; Busos, six deniers et maille Morlaas ; Odot, quatorze deniers Morlaas ; Solon, douze deniers et maille Morlaas ; Saint- Sevin, deux sols sept deniers Morlaas ; Assises-devant, deux sols neuf deniers Morlaas ; Aas, deux sols et maille Morlaas ; Ban, six deniers et maille Morlaas ; Us, six deniers et maille Morlaas ; Cautères, neuf blancqs Morlaas ; Galahagos, dixhuit deniers et maille Morlaas ; Poy, vingt-deux deniers Morlaas ; Marsos, deux sols quatre deniers Morlaas ; Arrens, deux sols Morlaas ; Lessales, dix-huit deniers Morlaas ; Doges, Aucun et Argeles, douze deniers Morlaas ; Serra, dix deniers Morlaas ; et s'ils ne payent le dit jour de Saint Michel de septembre ou après, lorsque le messager d'Aspe viendra, chacun lieu et village qui auront payé accompagneront le dit
» messager, et se mettront devant lui, pour pignorer ceux qui o n'auront point payé : et Ceux qui ne vomiront suivre payeront
» au dit messager d'Aspe soixante-six sols Morlaas «le peine a encourue, lequel messager d'Aspe marchera à l'effet de la » levée et recouvrement des dites sommes auparavant que » l'étoile paroisse, et chacun lui payera quatre deniers Morlaas » pour chacun jour, et autres quatre deniers Morlaas pour cha- » cune nuit, et que le Pasteur se mettra devant le messager » d'Àspe, et si le messager d'Àspe tardoit trois, cinq, dix, vingt » ou trente ans à demander ce dessus, ou que ceux de Lavedan » ne le voulussent payer, sous prétexte de quelque discorde ou » noise, ils seront tenus de payer pour tout le temps qu'ils se- » roui en retardement et s'ils tardoient trente-et-nn ans, et que » pendant ce temps on ne leur eut t'ait demande, ils ne seront » point tenus de payer les arrérages des années dont ils seront » en retardement, mais payeront annuellement à l'avenir pour » tout le temps, ainsi que dessus est dit et déclaré : et tant pour » les peines susdites, que pour le principal, ils seront pignorez, » saisis et incantez en toutes les terres et seigneureries qu'ils » seront 'appréhendez et trouvez. Ceci fut fait à Bedous, le preo mierjuin mil trois cent quarante-huit ; Témoins turent de ce, » Transilot de Lasalle, Peyrolan de Gabe, de Bedous. Et cecj a o esté extrait lettre à lettre du livre censier, et fut corrigé par » Guicharnaud, recteur d'Accous, et moi Benoit de la Caussade » en lis l'extrait du dit censier, et l'écrivis de mandement de » Messire Pées de la Caussade mon père, et de Messire Guichar- » naud de Terras. El les dits de Lavedan et d'Aspe jurèrent sur » les quatre saints Evangiles de Dieu, qu'ils tiendront et aecom- » pliront tout ce dessus, à peine d'encourir les susdites peines, » et moy Bertran de Lasalle, notaire d'Aspe qui au rapport des » susdits prêtres aj l'ait la présente carie, lesquels jurèrent n'y » avoir rien ajousté ni diminué. Et me fut mandé que doresnavant *> j'en baillasse copie à tous les hommes d'Aspe. ainsi signé de » Lasalle, notaire. — Extrait d'un vieux instrument en parcheo min. qui est au pouvoir des jurais d'Acous, Capdueil d'Aspe et » Garde-Clmrtres d'icelle, en tant qu'il touche au puhlic de ton! » le corps de la vallée d'Aspe. Par moy Bernard de Salefranque, » abbé de Borce, notaire, sous fermier de la notarié du Vie
» dessus d'Aspe, le quatrième jour du mois de juillet, Fan mil » cinq cent huitante-six, ainsi que de mot-à-mot je l'ay trouvé » audit instrument en parchemin, l'ay corrigé et collationné, et » signé de mon seing accoutumé, afin qu'au temps à venir » foy et croyance soit ajoutée, comme si c'estoit l'instrument » vieux en parchemin. Signé de Salefranque, notaire. »
Cet impôt, dit des médailles, fut fidèlement payé par les Lavedanais. Cependant lors de l'introduction de la Réforme religieuse en Béarn, on laissa passer vingt ans sans le réclamer. En 1592 les Aspois exigèrent leur dû et pour cela leur syndic, de Campjusan d'Eygun de Cette, se rendit dans la vallée de Lavedan pour le recouvrer1. Mais pendant les trois jours et trois nuits qu'il y resta, personne ne voulut l'accompagner dans sa tournée, selon les clauses du traité. Ne pouvant rien obtenir, il n'amena pas, comme au xive siècle, les Aspois en armes contre leurs anciens ennemis, mais fit constater par un notaire le refus qu'il venait d'essuyer le 12 novembre 1592. Le 12 janvier suivant, au marché de Nay, il rencontra un habitant de Lavedan, Guillem d'Ayguedero, de Marsous, qu'il rendit responsable du tribut non payé, et invoquant le for de Béarn, s'empara de sa personne et, après avoir fait constater la raison de sa capture par Me Planterose, notaire, l'emmena comme prisonnier dans la vallée d'Aspe. D'Ayguedero s'échappa le 1J février suivant, et fut repris aux environs d'Oloron, où il fut conduit aux prisons de la ville ainsi que de Campjusan, qui s'était mis à sa poursuite. L'affaire fut alors portée devant le Conseil Souverain de Béarn qui, quoique « tout composé de protestants », comme le remarque l'abbé Menjoulet, n'avait pas qualité pour trancher la valeur théologique d'un acte accepté pour bon par les deux parties. Aussi, en condamnant des gens qui, suivant les idées de l'époque, refusaient à se soumettre à une coutume inviolable, il n'a point prétendu se prononcer sur la valeur théologique du contrat de 1348. Les Lavedanais durent payer cent cinquante-deux francs pour les vingt années de retard, quarante-huit sols Morlaas pour les délais que le messager d'Aspe avait subi, soixante-six