Seguense lous prixiledges, etc., p
sols pour le refus de le suivre dans sa tournée et enfin quinze francs pour les frais d*empriso une mont «lu sieur d'Ayguedero. Depuis lors les Lavedanais semblent s être acquittés sans difficulté île cet impôt, qui cessa d'être payé à la tin du siècle dernier.
Nous laissons à d'autres le soin de chercher une explication raisonnable d'un de ces faits étranges dont fourmille l'histoire du xiv° siècle. Qu'il nous suffise de remarquer que le tribut imposé aux Lavedanais, considérable dans ce temps OÙ L'argent était fort rare dans les vallées pyrénéennes, le devint de moins en moins à mesure que l'argent fut plus répandu, et l'insignifiance du montant — 7 francs 0 sols — fut une des causes les plus effectives de sa disparition. Le temps vint que la levée ne suffisait pas à payer le voyage du messager; aussi, au xvme siècle, avait-on trouvé un biais pour ne pas en perdre le bénéfice. On envoyait tous les trois ou quatre ans un malade indigent de la vallée d'Aspe, qui levait les arrérages dus et en profitait pour aller prendre les eaux de Cauterets. Le dernier individu qui jouit de cet avantage fut un pauvre d'Etsaut, nommé Lafontan, qui reçut le mandat voulu pour recouvrer l'impôt, des mains de Dominique Manaudas, jurât d Aecous, en 1789'.
Bien autrement avisés que les Aspois furent les habitants de la vallée de Roncal à L'égard de ceux de la vallée de Barétons, qui furent condamnés à payer aux premiers un tribut qui remonte à une antiquité si reculée, qu'au xiv° siècle on n'en savait plus la cause. Cet impôt pouvait, an gré des Roncalais, s'acquitter en nature ou en argent. Le 13 juillet de chaque année les Barétons, pour s'acquitter de cette dette d'honneur, conduisent à la frontière trois génisses qu'ils livrent aux Espagnols-.
L'esprit batailleur des Aspois se manifesta encore une fois au temps de La Réforme religieuse. La réaction catholique trouva en eux de puissants défenseurs. Le meneur était l'avocat Jean de Sopessens ou Supersantis, d'Etsaut, député aux États, lequel, en lobo, tenta en vain, à l'aide de cent arquebusiers Aspois, de soulever Oloron. Trois ans plus tard, ils se joignirent à ceux qui
. I. — Note manuscrite de M. Y. Liant.
2. — lima* th> llènm. IS83. Le Hèarn tributaire th> la \aram, par Axel Duboul, et art. Barétous, par Léon Cadier, Gttmdê KncycèopétHê,
s'étaient révoltés contre le lieutenant de la reine, à l'exception toutefois des habitants d'Osse qui faillirent payer cher leur fidélité à leur souveraine, et dont une pauvre femme, Miramonde de Loustau, fut martyrisée pour sa foi. C'est dans la vallée, qu'après la délivrance du pays par le comte de Montgommery, s'était réfugié le terrible Bonnasse. Ce dernier essaya d'y rallumer la révolte1. Arros, craignant tout ce qui pouvait venir de ces montagnes qui communiquent si facilement avec l'Espagne, ne lui laissa pas le temps de s'y fortifier. À la tête de troupes béarnaises et du régiment de Soulan de l'armée des vicomtes, il pénétra dans la vallée et chassa Bonnasse jusques auprès de Lescun, et pour intimider ces montagnards insoumis, il fit mettre le feu aux villages de Sarrance, Bedous, Àccous, Osse, Lées-Athas et Jouers, et un capitaine mena sa troupe jusqu'à Urdos, qui fut également brûlé. Le village de Borce dut son salut à une glorieuse défense, dont les archives locales ont conservé le récit.
C'est ici le lieu de mentionner les longues contestations que les Aspois eurent au xvne siècle avec les habitants d'Anso en Aragon, au sujet de la montagne de Lacuarde, située dans la partie supérieure de la gorge du Labadié. Cette montagne fut le théâtre de luttes sanglantes, où des Aspois perdirent la vie, ce qui donna lieu à des procédures sans fin. Par ordre du roi de France, le comte de Toidongeon alla prendre des otages dans la vallée d'Anso. La conservation de cette montagne coûta à la vallée d'Aspe plus de 20.000 livres 2.
Peuple de pasteurs, les Aspois avaient en Béarn et en Chalosse la jouissance de pâturages particuliers. En Béarn, ils avaient « droit de pacage et de gîte avec leurs bestiaux, de nuit et de » jour, dans la lande ou herm, appelée le territoire de Callorbe, » située en la vallée de Jousbaig, depuis le pont de Vert au lieu » de Gurs, sans que pour raison de ce les habitants dudit Jous- » baig puissent rien exiger d'eux. Ce que le Procureur Général
1. — N. de Bordenave. Histoire de Béarn et Navarre, p. 127, 130, 286 et suivantes.
2. — Déclaration générale, art. xvii et xvm. Seguense tous priviledges, etc., p. 109.
» leur ayant aussi contesté, les dites exemptions leur auroient » été confirmées, et les dits habitants d'Aspe maintenus dans ce n droit, par arrêl du Conseil Souverain de Béarn du 17 novem- » bre 1477 1 •>.
En Chalosse (département des Landes), ils possédaient La jouissance d'un territoire où ils pouvaient séjourner quand ils menaient leurs troupeaux aux bords de La Garonne ou les en ramenaient. Ce droit donna lieu, en Tannée 1497, à un arrêt du Parlement de Bordeaux qui l'établit et le lit respecter parles voisins de ce territoire, situé auprès des communes de Mimbaste et de Lestivaux, et portant le nom de Gert d'Estivaux. Ils étaient donc « en droit et possession de mener et conduire leurs bes- » tiaux de quelque qualité et condition qu'ils soient, dans \etcr- » roir appelé lou Gert d'Estivaux, pour y paccager de jour et de » nuit franchement et sans aucun empêchement ni contradic- » tion de personne, à sçavoir depuis le 12 de Mars, fête de Saint » Grégoire, jusques au jour et fête de Pentecôte en suivant, et » aussi depuis le vingt-neuf de Septembre, fête de Saint Michel, » jusques à l'onzième de Novembre, fête de Saint Martin, inclu- 6 sivement; et les pasteurs qui sont avec les dits bestiaux sont » aussi en droit de faire bâtir des cabanes pour s'y loger pendant » le susdit temps et d'user des bois et forêts du dit terroir d'Es- » tivaux, pour la construction et bâtisse de leurs aloges et pour » leur chauffage, ensemble de prendre le soustrage nécessaire, n tant pour leur cabane que leurs bestiaux2 ».
Ces droits sont maintenus aux Aspois en dépit de tous les changements de régimes et les révolutions.
3° Gouvernement particulier et privilèges.
La langue, assez rude, parlée dans la vallée d'Aspe, renferme de nombreuses traces de la longue occupation qu'y tirent les Romains. Après les invasions des Barbares du Nord et la lutte séculaire soutenue contre les Sarrasins, survint une période assez