‹ OsseChapitre 23 sur 132 · Histoire de France, tome I, p. 41, id. p · texte numérisé non relu

Histoire de France, tome I, p. 41, id. p

présente des traits analogues à ceux que nous olt're l'histoire de la vallée d'Aspe.

Notons d'abord le rôle prépondérant de l'assemblée des chefs de famille, qui investissait temporairement ses mandataires du pouvoir, et où aucune fonction n'était héréditaire. En Aspe ne se trouvaient que des hommes libres, ayant tous droit de séance aux assemblées qui régissaient la tribu. Par suite de l'impossibilité où tous étaient d'assister à ces assemblées, les habitants des différents « locqs » ou groupes d'habitations remirent à leurs élus le soin de gérer les intérêts de la république. Il n'y eut dans la vallée qu'une seule et unique assemblée générale, qui portait le nom de Tilhabé. Etait-ce pendant l'occupation Romaine, que pour simplifier l'administration, la vallée sous la juridiction souveraine du Tilhabé se scinda en deux parties, ayant chacune leur assemblée particulière ? Le nom de vie, donné à chacune de ces sections, semblerait l'indiquer. L'assemblée du vie supérieur se réunissait à Borce, celle du vie inférieur à Accous. Indépendante de toute localité particulière, l'assemblée générale du Tilhabé avait choisi pour tenir ses séances le point géographique formant le centre du pays. Ainsi, trait caractéristique de l'esprit démocratique de cette tribu gauloise, à l'ombre de tilleuls séculaires d'où l'assemblée tirait son nom, et aux pieds d'immenses rochers, sans craindre les effets des passions d'une multitude facilement soulevée, les députés des différentes bourgades discutaient gravement les intérêts de la petite république. Ce sanctuaire de la liberté Aspoise était situé dans le détilé d'Esquit, sur le plateau où passe la route nationale, en face de l'auberge de l'Estanguet. On y construisit la maison de la Vallée qui y portait le nom de St-Julien et qui, entretenue à frais communs, était la dépositaire de toutes les chartes garantissant l'indépendance du pays.

Un second trait de la vie du clan gaulois, applicable à la vallée d'Aspe, est que la terre y appartient à la tribu qui en est propriétaire1. La vallée d'Aspe était la propriété de ses habitants, qui en disposaient entre eux suivant les décisions de l'Assemblée

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