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Henri Martin. Histoire de France, tome I, p

générale !. C'était ce qu'on appelait, sous la féodalité, un «alleud» c'est-à-dire une terre libre de tout vasselage.

Cette petite république traversa ainsi le moyen âge sans se laisser entamer par les conquérants et les envahisseurs, et sans se laisser dominer par aucun maître.

La féodalité n'eut aucune prise dans la vallée, bien qu'on y mentionne trois maisons nobles, les seigneurs d'Escot, les abbés de Laxé et les barons de Lescun. Mais ces seigneurs ne furent que de simples domengers ou possesseurs d'un domecq, donnant droit de noblesse mais n'ayant aucun droit de justice et devant contribuer comme les autres habitants aux tailles et aux donations2. D'ailleurs, remarque l'abbé Menjoulet, ils n'eurent peutêtre leurs terres seigneuriales qu'en dehors des montagnes. La chose semble au moins établie pour la Baronnie de Lescun, l'une des douze grandes baronnies du Béarn, dont les principaux domaines étaient aux alentours d'Oloron, à Escou, Escout, Herrère et Lasseube.

Il y avait aussi, comme ailleurs, des dimes inféodées, c'est-àdire des biens ecclésiastiques placés entre les mains de laïques, dont la famille avait probablement rendu service à l'Eglise. Ces laïques étaient nobles, comme possesseurs d'un fief et s'appelaient abbés-lais, parce que dans le langage du pays ces sortes de biens s'appelaient abbadias3. Ces abbayes, selon d'Àsfeld4, ruinées par Panucius, roi des Sarrasins, l'année 733, auraient été données par Charles Martel à ses lieutenants. Elles étaient au nombre de quatre : Accous, Apathie de Bedous, Osse et Lescun. Deux d'entre elles appartenaient à deux des douze baronnies du Béarn, c'étaient celle d'Osse à la maison de Gayrosse et celle de Lescun à la famille du même nom. Les titulaires de ces abbayes avaient droit de présentation aux cures et de patronage des paroisses. Ils étaient admis aux

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