Chronique d'Oloron, tome I, p
4. — L. E. d'Asfeld, Souvenirs historiques du château d'Henri IV. Pau, 1841.
séances des Etats du Béarn, où ils étaient fort nombreux '. Mais à ces titres de noblesse n'était attaché aucun droit sur la vallée et ses habitants. « Ils n'eurent aucune influence dans L'histoire et l'administration de ce petit pays, où tout le pouvoir résidait dans l'assemblée générale, composée des jurats et des députés élus de chaque communauté 2. »
Le contrat qui unit la vallée d'Aspe au Béarn doit dater, selon l'abbé Menjoulet, du commencement du xne siècle 3. Il devint le for de la vallée ou le recueil des articles confirmant ses Libertés et ses franchises, privilèges qui, selon Marca, « respirent une » certaine liberté des peuples de montagne ». Rien n'y est modifié à leur gouvernement particulier, ils restent les maîtres de leur terre et en dehors de la vallée ils ont pour eux et leurs troupeaux le libre parcours sur toutes les terres de la seigneurie de Béarn et sont affranchis des droits de passages sur les ponts et les bateaux des rivières. Même en cas de flagrant délit, I on n'a pas le droit de mettre la main sur un Aspois, qui n'est justiciable que devant les jurats de la vallée.
Gaston VII (4229 à 1290) renouvela le for d'Aspe, ou plutôt 'octroya un for supplémentaire en deux chartes, dont la première est de 1247 et la seconde de 1250 4. Les prérogatives des gens d'Aspe sur les terres de Béarn y sont maintenues, « coutumes » rudes et barbares, au dire de Marca, favorisans manifeste- » ment la volerie des Aspois, car il est ordonné que si un homme » d'Aspe fait aucun tort aux autres sujets du vicomte et que » r Aspois puisse arriver à la Pêne d'Escot, qui est un rocher » sourcilleux de montagne joignant la rivière du gave, assis à » l'embouchure du passage que Jules César fit couper pour y » rendre la route plus facile, le vicomte ne peut le saisir, ni faire » arrester aucun autre pour lui hors de la vallée; et encore » après cela le criminel peut se présenter et aller à la suite du » vicomte sans danger d'être recherché ailleurs que dans la » vallée, lorsque le vicomte viendra en personne pour y tenir