‹ OsseChapitre 26 sur 132 · Chronique d'Oloron, t. I. p · texte numérisé non relu

Chronique d'Oloron, t. I. p

» ses assises; qui pourtant n'y entroit pas sans avoir reçu » douze otages pour sa sûreté et ceux de sa suite. Néantmoins » si le voleur était surpris dans le Béarn avec sa volerie en main, » il peut être retenu, non pas pour être mis incontinent dans la » basse-fosse comme l'Ossalois, mais à la charge d'être tout » aussitôt relâché s'il baille caution au vicomte des amendes » qu'il a encourues pour le maléfice, à faute de ce il est seule- » ment attaché s'il peut entretenir à ses despens deux gardes, » autrement il est mis au bas de la tour 1 ».

D'un autre côté, si l'Àspois jouissait de tels avantages hors de sa terre, celle-ci répondait pour tout délit dont l'auteur Aspois était inconnu, pourvu que la victime jurât avec six voisins loyaux que le dommage lui avait été causé sans son aveu et sans qu'il en connût l'auteur. Les prêtres ( capcraasj, et les jurats des communautés (de las vicias), devaient faire les réparations, sous peine à la vallée d'être mise à l'interdit par l'autorité ecclésiastique et saisie par le seigneur2.

Mais, si l'Aspois continue à jouir dans le Béarn de ses anciens privilèges, le for renouvelé par Gaston VII porta un assez rude coup à l'indépendance de la vallée, qui sans contredit devait être tombée dans l'anarchie pour avoir remis son gouvernement local entre les mains du vicomte. Ajoutons que ce ne fut qu'une abdication temporaire comme nous le constaterons plus tard.

« Est chose sue que tous ceux d'Aspe ont octroyé en plénière » cour pour toujours à Mossen Gaston et à ses successeurs qu'il » puisse en chaque communauté constituer pour jurats ceux » qu'il voudra, lesquels puissent fidèlement et loyalement juger » les causes et les contestations et porter témoignage à la vérité » au péril de leurs âmes, de telle manière que pour amis ni » ennemis, ils ne laissent de juger avec droiture et qu'ils ne » portent que témoignage équitable et véritable selon leur sens » et leur pouvoir ; et que de cela ils ne prennent point loyer » (payement) ; et qui le fera, si le seigneur peut le savoir, que » jamais il ne soit jurât et qu'il ne soit pas cru dans ses actes et » que chaque jurât puisse juger, quelque part qu'il soit en Aspe,

L — Marca. Histoire do Béarn, p. :>.'>2.

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