Scises et traite, droit sur les marchandises
4. — Mayade, prohibition de vendre le vin quand le seigneur ven- . drail le Bien, ce qui avait ordinairement lieu au mois de mai.
5. — Droit d'usage, droit de consommer les produits des forêts et des pâturages.
erits, d'avoir dans chaque communauté des poids et des mesures publics (41), d'établir des boucheries, de tenir marché à Bedous le lundi tous les quinze jours et d'y avoir une foire annuelle le lendemain de la St-Michel, sans que les marchandises, grains ou bétail qui y étaient amenés, fussent passibles d'aucun impôt (51, 52, 55). Exempts du droit de banalité, ils avaient dans chaque maison des fours particuliers et plus de deux cents moulins, attendu qu'ils étaient maîtres de la terre et des eaux. En cas de famine, ils devaient prendre le grain au marché d'Oloron, de préférence aux autres habitants du pays (26). Enfin ils ne payaient aucun droit pour les ventes volontaires de biens nobles ou ruraux (capsos, 15).
Ils avaient le droit de chasser « dans l'étendue du territoire » de leurs montagnes, tant avec chiens qu'avec arquebuse, puis » filets et fosses, soit aux loups, ours, sangliers, chevreuils, » daims, lièvres et autres bêtes fauves, qu'aux palombes, grives, » cailles, perdrix et à toute sorte de gibier » (25), et de pêcher dans les rivières de la dite vallée, sans aucun empêchement ni contradiction de personne (54) *.
Ils étaient dispensés des logements des gens de guerre et de toutes sortes de contributions, « tant à cause de leur pauvreté » que parce que les habitants de la dite vallée sont presque » toujours les armes à la main pour défendre et garder cette » frontière contre les ennemis de l'État, sans qu'il en coûte rien » au Roy ni aux habitants du plat pays, qui se reposent absolu- » ment sur la fidélité des habitants d'Aspe » (49). Ceux-ci étaient constitués en milice pour protéger la frontière. Leur compagnie était composée de soixante soldats et ne pouvait être forcée à sortir de la dite vallée qu'à toute extrémité, « parce que la dite » compagnie est nécessaire pour la garde des passages du côté » de l'Espagne » (31), où ils devaient tenir pendant l'été des corps de garde (30). Ils devaient de plus « entretenir la maison » de Pourtalet qui est bastie entre deux rochers sur la grande » route et passage de France en Espagne et qui sert de fort
1. — Selon L. D. d'Asfeld, les Aspois auraient joui du droit de chasse et de pêche dans toutes les Pyrénées, depuis l'Océan jusqu'à la Méditerranée. Souvenir du château d'Henri IV, p. 48.
» pour la défense de la dite vallée aussi bien que de toute la » province » (28).
Outre la garde de la frontière, il leur incombait d'entretenir les communications avec l'autre versant des Pyrénées ; pour cela on avait établi un impôt sur les piétons, cavaliers, marchandises qui entraient ou sortaient par le port de Ganfranc. C'était l'impôt de la porte d'Aspe qui produisait environ 1,000 livres par an. Le chemin, qui avait huit grandes lieues de Gascogne 1 (40kil. ), comptait trente-cinq ponts, et les dégâts produits par les éboulements et les torrents étaient fréquents. La ville d'Oloron, qui avait grand intérêt par suite de son commerce avec la Péninsule à ce que le chemin fut tenu en bon état, consentit à percevoir l'impôt de la porte et à entretenir chemins et ponts, concession que les Aspois s'étaient réservés de reprendre quand il leur conviendrait (art. 45).
Enfin la vallée d'Aspe était largement représentée aux États généraux du Béarn. D'abord par deux députés nommés par l'universalité des habitants et qui y avaient voix délibérative conjointement avec les Jurats des vallées d'Ossau et de Barétous (32). Quand les trois vallées se trouvaient divisées, la pluralité l'emportait « sçavoir les deux vallées à l'exclusion » de l'autre, et lorsque Aspe et Barétous étaient de même avis » contraire à celui d'Ossau, Aspe porte la parole à l'exclusion » d'Ossau » (33). La députation aux États se faisait au corps de l'Assemblée générale du Tilhabé ; on choisissait un député dans chacun des deux vies (34). De plus avaient droit de séance aux États les quatre abbés laïques d'Accous, d'Apathie 2 de Bedous, de Lescun et d'Osse.
Tels étaient les privilèges dont la vallée d'Aspe conserva la jouissance à peu près intacte jusqu'à la Révolution Française, qui les supprima purement et simplement. Mais le droit commun, auquel l'Aspois fut soumis avec le reste de la France, ne fut après tout qu'une garantie définitive des droits de l'homme et du citoyen. S il y perdit quelques avantages financiers, il y gagna de faire partie, au même titre que les autres provinces, de la