‹ OsseChapitre 50 sur 132 · Menjoulet, op. cit., tome I, p. 293 et · texte numérisé non relu

Menjoulet, op. cit., tome I, p. 293 et

.2. — Voir en particulier C. Schmidt : Histoire et doctrine rie la ucU des Catlwres ou AlbiqeoU. Paris, \*Ï.K tome 1. p. 3GU et Ml, et tome II, p. 307 et 308.

lisières par lesquelles l'Église lavait conduit à travers le moyen âge et apprend à penser librement. Pendant cette longue époque où Tignorance couvrait les peuples comme d'une chape de plomb, l'Église avait oublié son origine, ses traditions libérales et jusqu'à la base fondamentale de sa croyance. De temps à autres, quelques rares docteurs s'étaient levés pour lui rappeler l'Évangile, mais les pratiques idolâtres, le culte des saints et des images, le magisme qui faisait du prêtre l'intermédiaire indispensable pour faire descendre Dieu sur la terre dans le sacrifice de la messe, ou pour ouvrir à l'homme le trésor des indulgences dans le sacrement de la pénitence, avaient remplacé partout le culte en esprit et en vérité. La simonie, c'est-à-dire le trafic des choses saintes, avait tout envahi. « La cour de Rome, disait iEneas » Sylvius avant de devenir le pape Pie II, ne donne rien sans » argent ; on y vend même l'imposition des mains et le don de » l'Esprit, et l'on n'y donne le pardon des péchés qu'à ceux qui » ont de l'argent1. » La chancellerie romaine avait fixé le prix du pardon de tous les crimes possibles, dans un livre resté fameux et dont on a vainement contesté l'authenticité2. Enfin le célibat imposé aux ecclésiastiques avait amené un tel débordement dans les mœurs, que le même iEneas Sylvius disait : « Si » pour de bonnes raisons on a ôté le mariage aux prêtres, pour » de meilleures il faudrait le rendre 3. »

D'ailleurs, cette Église que dirigeaient les hommes les plus pieux comme les plus dissolus, abritait les doctrines les plus diverses et les plus irréconciliables. Quel rapport y a-t-il, en effet, entre la doctrine de la grâce acquise au pécheur par les seuls "mérites de Jésus-Christ, professée par St Augustin et St Bernard, admirablement rendue dans le beau livre de l'Imitation de Jésus- Christ, et la vente des indulgences ordonnée par Léon X ? L'Écriture Sainte, qui était censée la seule autorité de l'Église en matière de foi et au nom de laquelle elle condamnait Galilée,

1. — Cité par F. Puaux : Histoire de la Réformation Française, 1 volumes, Paris, 1862. Tome I, page 13.

2. — Les taxes de la Penitencerie Apostolique, d'après l'édition publiée à Paris on 1520, par Toussains Denis. Traduction nouvelle en regard du texte latin avec une introduction, 2e édition. Fischbacher, Paris.

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