‹ OsseChapitre 53 sur 132 · Chronique du diocèse d'Oloron, t. II, p · texte numérisé non relu

Chronique du diocèse d'Oloron, t. II, p

2. — Si quelqu'un aujourd'hui peut annoncer librement la vérité et oser mettre en lumière ce qui a été, longtemps caché, c'est seulement Roussel dont les siècles futurs rediront les louanges et feront revivre La mémoire. — Nicolas de Bourbon, cité par Ch. Schmidt, op. cit., p. 113 el pièces justificatives xxi.

» grand nombre de pauvres, ses chevaux et son train une troupe » de jeunes enfants eslevés aux lettres, il avait beaucoup de » créance parmy le peuple auquel il engrava peu à peu une » haine et mespris de la religion de leurs pères1. » Il s'efforça de remplir ses fonctions comme un vrai ministre de Jésus- Christ, poursuivant lentement, sans révolution et sans bruit, la réforme des mœurs et de la doctrine qu'il essayait de ramener à la pureté évangélique.

• Fréquemment- en parcourant son diocèse, il prêchait deux » ou trois fois par jour et toujours dans la langue du peuple. A la » vérité il disait la messe et consacrait le pain en prononçant » les paroles sacramentales usitées dans l'Église catholique ; » mais il donnait la communion sous les deux espèces, et « en » s'adossant à l'autel faisait au peuple une remontrance sur » le mystère du sacrement ». Le soin qui le préoccupait le » plus était celui de l'instruction de la jeunesse ; comme, avant » lui, le chancelier Gerson, avec qui il a du reste plus d'un » rapport, il croyait que la réformation de la chrétienté devait ». commencer par les enfants : « Il faut, disait-il, avoir égard aux » écoles, comment la jeunesse est instruite, car si elle n'est » point instruite, il n'y a pas grand espoir pour l'avenir. » Il » provoqua l'établissement d'écoles ; il instruisait lui-même les » enfants de ses paroissiens et réunissait autour de lui un cercle » de jeunes gens chez lesquels il éveillait à la fois l'amour des » sciences et une conviction religieuse plus pure... Il évitait le » faste que sa dignité lui prescrivait ; les auteurs du temps » racontent qu'il prêchait en habit laïque et qu'il employait les » revenus de son bénéfice à des œuvres de charité et de misé- » ricorde 2. »

On le voit, tout réformateur qu'il était, il voulait conserver une institution entourée de la vénération des fidèles et dont les formes du culte n'étaient que l'enveloppe fortuite et passagère des idées infinies. Il s'y accommodait par amour de la paix et pour éviter le scandale et cependant il ne perd jamais de vue la vérité qu'il ajmisée dans L'étude de l'Écriture Sainte. Il ne pres-

1. — Florimond de Remond. Hist. de Thèririe, 1. VIL p. 850 et 851.

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