Histoiredu Béarn, |». lit
aux mains de la coalition étrangère. Les deux ministres n'avaient pu fuir à temps. L'un d'eux, Bertrand Pontcto, qui était né dans cette ville, avait d'abord rempli les fonctions de maître d'école et ayant ainsi gagné de quoi continuer ses études, se rendit aux Universités de Gahors et de Montauban. Puis, étant revenu à Oloron, l'évêque Roussel en fit un prédicateur attitré de son diocèse, l'envoyain prêcher dans les différentes paroisses, puis il le nomma recteur de l'église de Ste-Croix. Sa parole évangélique suscita à plusieurs reprises, de la part de la populace soulevée par les chanoines, les prêtres et les moines, des émeutes dans lesquelles sa vie fut plus dune fois en danger. Un jour même, quinze ou vingt hommes s'emparèrent de lui et le conduisirent en Espagne, où ils voulaient le livrer à l'Inquisition ; mais les Espagnols ne voulurent pas le juger comme n'étant pas de leur pays. Il obtint de la reine Jeanne le pardon des coupables. « Son ministère ne fut pas infructueux, car Dieu le bénit de » (elle sorte que plusieurs personnes, voire des familles toutes » entières, tant en la ville que dans les villages d'alentour, se » rangèrent de la religion réformée. Il était si charitable qu'il « donnait tout aux pauvres, et n'avait rien qui lui appartint. Il » disait maintes fois, lors même qu'il n'y avait aucune appa- » rence de danger, qu'il s'apprêtait à la croix pour suivre Jésus- » Christ, s'attendant à mourir de mort violente, laquelle il était » prêt d'endurer pour maintenir ta vérité de l'Evangile » Il prêchait tous les dimanches dans l'église Ste-Croix, comme son collègue Antoine Buisson le faisait dans l'église St-Picrre. En même temps ces églises avaient chacune un curé catholique1. Lors du soulèvement des catholiques Béarnais et de l'invasion étrangère, ces deux ministres, sollicités d'aller comme la plupart des autres s'enfermer à Navarrenx, ne voulant abandonner ni leurs troupeaux ni leurs familles, s'en remirent à la bonne foi du gouverneur d'Olorou, Esgarrabaque, qui leur promit que « desplaisir aucun leur serait fait, et qu'il mourrait avec eux » plustost que de le permettre3 ».
•1. — Crespin, Histoire des Martyrs, éd. Toulouse, toma m. p. <s<^-