‹ OsseChapitre 63 sur 132 · Menjoulet, op., cit.. tome II, p · texte numérisé non relu

Menjoulet, op., cit.. tome II, p

3. — Crespin, Histoire des Martyrs, t. HT, p. 8G4 et 8f>;>. Voir aussi Bordenave, //. de //., p. 247.

Malgré ses serments, ce même Esgarrabaque les retint enfermés dans leurs logis et fit enlever et brûler leurs livres, et finalement ses fils, voyant que les affaires de leur parti ne marchaient pas à leurs souhaits, se saisirent des deux ministres et les firent emmener du côté de Navarrenx, sous prétexte de les échanger contre des prisonniers. C'était le 27 mai 1569. L'escorte était commandée par Jean Despourrin, abbé laïque d'Accous, un des ancêtres du poète. Ils suivaient la rive droite du Gave. Arrivés à moitié chemin entre les deux villes, au fond d'un endroit appelé Lanelongue, près du ruisseau de rAuronce, on leur annonça qu'on avait ordre de les tuer parce qu'ils étaient « ministres Luthériens et hérétiques ». En vain Ponteto leur fit remarquer l'énormité de leur crime. N'ayant rien pu gagner d'eux, les ministres leur pardonnèrent, puis s'exhortèrent l'un l'autre et comme Ponteto faisait une prière, on l'arquebusa. Il mourut du coup. Buisson ne tarda pas non plus à succomber et leurs corps furent jetés dans l'Auronce. Leurs parents étant venus les enterrer, on eut le courage d'exhumer les cadavres, de les profaner et de les jeter dans le Gave, qui coule non loin de là. La terre devait apparemment être souillée par le contact de corps hérétiques. Leurs femmes et leurs enfants furent mis à la porte de la ville, sans qu'il leur fut permis d'emporter autre chose qu'un pain. Celle de Ponteto fut assez heureuse pour se cacher, ainsi que ses enfants, tandis que celle de Buisson fut conduite au camp des soldats, déshonorée, et finalement massacrée à Orthez. On le voit, c'était surtout aux ministres qu'en voulait la réaction. Ceux qu'elle ne pouvait abattre par la controverse, devaient périr dans les supplices. On a déjà vu qu'à Pau sur les seize ministres qui y étaient prisonniers, sept furent pendus.

Si les chefs du parti de la protection se conduisaient ainsi, que devait faire la multitude fanatisée? L'abbé Poeydavant1, qui ne saurait être suspect de partialité pour les protestants, nous donne les détails suivants : « A tous, il était enjoint d'aller à la » messe, on leur ôta les armes, tant celles qu'ils portaient que » celles qu'on trouva dans leurs maisons. Leurs provisions

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